Le réseau Comète (ou The Comet Line) a réellement existé, il a été crée en 1941 et aidait les pilotes alliés à évacuer par le détroit de Gibraltar.
Les récits basés sur l’histoire ont une belle place dans collection Grand Angle, notamment ceux scénarisés par l’historien spécialiste du 20ème siècle qu’est Jean-Yves Le Naour qui a visiblement rencontré Christiane Saldias, la dernière survivante du réseau pour l’écriture de cet album.

Des aviateurs anglais récupérés depuis la Belgique pour traverser toute la France occupée avant d’arriver à la frontière vers l’Espagne, voici la mission d’exfiltration de ce réseau de résistants.
Un réseau, majoritairement représenté par des femmes, qui attiraient moins l’attention des soldats allemands et dirigé par l’une d’entre elle, Andrée De Jongh.
En lisant cette bande dessinée, j’ai immédiatement pensé à « La grande vadrouille » que je me suis empressée de visionner car je ne l’avais pas vu depuis longtemps. Mais dans « La grande vadrouille », bien qu’un réseau très féminin, de passeurs, aide à exfiltrer des pilotes anglais, le réseau comète n’est pas mentionné…
J’aime penser qu’il existait donc de nombreux groupuscules résistants en France; plus ou moins connus. J’étais ravie de découvrir une histoire dans l’Histoire et d’aller à la rencontre de toutes ces femmes très courageuses qui ont compris les enjeux liés au retour des pilotes alliés à Londres.
Des actes de bravoure de simples habitants, ou d’une organisation très rodée, voici de qui fut constituée la Résistance.
Je ne sais pas si j’aurai fait de la rencontre avec la dernière (et donc la plus jeune résistante) survivante de cette organisation, la ligne rouge du scénario.
C’est sans doute pour que les plus jeunes fassent le lien avec le passé, mais ce n’est pas forcément l’approche que j’aurai privilégié car l’enfant doit tout de même avoir une appétence pour les sujets historiques pour lire ce genre de BD. On aurait pu imaginer une entrée directe dans l’action.
J’imagine aussi que c’est justifié par le choix de parler tout particulièrement du dernier tronçon de la ligne et la région des Pays-Basque, région dont elle vient, et plus particulièrement de la ville d’Anglet qui a probablement participé au financement de cette BD.
Ceci étant ce n’est pas désagréable, et on comprend mieux les spécificités de ce dernier morceau de la ligne, liées à sa géographie montagneuse.
Je trouve les dessins et colorations très réussis, tout particulièrement cette couverture. Avec les trois petites lignes qui encadrent le titre de chaque côté et rappellent aussi le graphisme de l’affiche de Top Gun ou qui, plus simplement, symbolise l’aviation.

En tous les cas, une belle découverte pour les petits et les plus grands qui aiment l’Histoire.
Jean-Yves Le Naour/ Marko/ Holgado
Bamboo, collection Grand Angle, BD, 56 pages, 2023
14,90€


