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Mon cirque

Envie de fête? Au mois d’octobre, les jours raccourcissent en même temps que la bonne humeur.

Pour se remonter le moral, quoi de mieux que de parler de moments festifs.

Voici un imagier cartonné qui vous donnera le sourire, vous aurez peut-être l’occasion d’évoquer des souvenirs, de le faire rêver ou peut-être même d’envisager de vous rendre à un spectacle de cirque.

J’en profite pour vous glisser un mot sur ma cousine, qui est clown.
Et oui, le cirque a évolué, plus d’animaux mal-traités et retenus en captivité ou des mise en scène d’humains aux caractéristiques physiques extraordinaires mais une profession qui existe toujours pour notre plus grand plaisir.

La compagnie La sensible propose plusieurs spectacles itinérants dont voici le Calendrier

Xavier Deneux
Tourbillon, Tout carton, collection Blanc Noir, 20 pages, 2023
12,50€

On se déguise

Un garçon qui se transforme en sorcière ? Une fille en chevalier ? Un handicapé en pompier ? Pourquoi pas ?

Les clichés de genre sur les jeux pour les filles et les garçons sont ici mis à mal en toute simplicité.

On commence par une page imagier avec tous les éléments qui servitont à se déguiser.

Pour découvrir sur la page suivante le résultat final.

Les illustrations sont épurées et colorées pour faciliter l’identification par les tout-petits.

Un tout carton coloré pour déconstruire les stéréotypes en s’amusant.

À partir d’1 an.

On se déguise !
Julien Castanié
Album tout carton, 16 pages, Talents hauts, Badaboum, 2024
11,90 €

🇫🇷 Comment rester invisible/ 🇬🇧 How to stay invisible

Dans ce roman, nous passons à une autre étape. Il ne s’agit plus de précarité mais carrément de survie.

Tout comme dans le « Petit poucet », Raymond, 12 ans, se fait abandonner par ses parents. Ils lui avaient déjà souvent fait remarquer quelle « charge » il représentait et avaient souvent disparus par le passé; mais cette fois-ci, ils ne reviendront pas.

Ray est seul, il ne pourra compter plus que sur lui.
Dans les premières difficultés rencontrées, il y a l’hygiène et l’alimentation et trouver ou construire un refuge, ceci représente les besoins fondamentaux des êtres humains.
Il choisit de s’installer dans la forêt qui se trouve derrière son école, la nature va pouvoir l’aider à se nourrir et s’abriter mais elle présente aussi certains dangers.
Alors, évidemment, pour nos enfants il s’agit d’une évidence, ils n’imaginent même pas qu’ils pourraient de ne plus avoir à boire ou un toit sur la tête.

Heureusement, Ray est scolarisé depuis peu dans une nouvelle école. Il va faire face à la bienveillance de certains mais aussi aux moqueries d’autres. Il se fait même un très bon copain: Harlin, un enfant dont on comprend que lui non plus n’a pas la vie facile. A un moment, on voit le jeune Ray convoiter un sac de couchage, ce « lot » ne semble pourtant pas être le plus attractif de la tombola pour un enfant de son âge mais, pour lui, il représenterait des nuits plus sereines.

Imaginez la peur qu’il peut ressentir, la nuit, seul avec sa chienne Rosie…la faim au ventre en permanence. Et pourtant, il veut être invisible, il ne veut absolument pas attirer l’attention car il a déjà été placé en foyer et ne veut plus y mettre les pieds.

Pour Noël, un peu de merveilleux; Ray va faire une rencontre, enfin deux…je ne vous dévoile pas tout mais on passe par des moments de détresse extrême mais aussi d’autres plus réconfortants. J’ai lu ce livre en ayant le sentiment d’être Ray, j’ai ressenti de près ses émotions.

Il faut garder en tête qu’on ne sait pas tout de la vie des autres et que certains sont très doués pour développer des tactiques visant à cacher la vérité. Certains enfants ont un courage immense! et tout ne se termine pas toujours aussi bien que dans ce roman.

Comme d’habitude en anglais, le roman s’adresse à des enfants de 10 ans, peut-être plutôt 11 en francais.

Maggie C.Rudd
Traduction de Julien Sougeau
🇫🇷
Seuil Jeunesse, Roman, avril 2025, 230 pages, 16,90€
🇬🇧
Farrar Straus and Giroux, 2023, Paperback, £7.99

La cape d’Émile

Emile adore sa cape. Elle le suit partout. Dans tous ses jeux, pour transporter son fidèle hamster, et même la nuit, pour le rassurer.

Sauf qu’elle est vraiment trop petite. Parfait, il pourra la donner à sa petite soeur ! Sauf qu’Émile en a assez de tout donner à sa soeur. Et cette cape, c’est impossible. C’est sa cape. Celle qu’il aime. Celle dont il ne peut pas se passer. Et qu’il ne veut pas partager.

OK, sa maman finit par céder : Émile peut garder sa cape.

Et, lorsque quelques temps plus tard, la petite soeur la retrouve dans un coin, Émile est content de finalement la lui léguer.

Avec ses jolis textes et ses belles illustrations aux crayon qui reflètent parfaitement l’univers enfantin et la tendresse de l’enfance, ce livre plaira aux enfants comme aux parents. Les ainés s’identifieront facilement, tandis que les parents comprendront que certains « petits » objets peuvent permettre aux enfants d’affronter leurs peurs et de grandir à leur rythme.

À partir de 3 ans.

La cape d’Émile
Catherine Buquet / Dominique Yelle
Album, 32 pages, les 400 coups, 2024
21,90 €

Le journal de Samuel

J’étais complètement passée à côté de cette petite pépite d’Émilie Tronche. Un grand merci à mon frère de m’avoir remise dans le droit chemin !

Au départ, Samuel est une série d’animation d’Arte TV en 21 épisodes. En 3 minutes, Emilie Tronche met en scène le quotidien d’un petit garçon de 10 ans raconté par lui-même par le biais de son journal intime.

Le Journal de Samuel est l’adaptation de cette série au format BD jeunesse. Et quelle réussite !

On retrouve donc Samuel, CM2. Ses histoires. Ses disputes. La fille qui fait battre son coeur mais à qui évidemment il ne dit rien. Son ennemi juré. La peste de service. Son meilleur ami. Ses vacances. Ses dilemmes. Sa vie de famille. L’école. Le passage au collège.

Emilie Tronche nous dépeint la vie de ce petit garçon sur le point de devenir grand et de perdre cette innocence enfantine avec sensibilité et intelligence.

Au niveau graphique, on est sur du noir et blanc. Moi qui en général trouve cela assez triste et plat, j’ai été agréablement surprise du dynamisme ressenti en lisant ce roman. Avec une seule couleur, elle réussit à transmettre l’ennui, la joie, la tristesse et la colère avec brio.

Et en bas de page, un petit flip book, toujours magique (pas sure que je l’aurais remarqué sans l’oeil de lynx de ma fille). Il faut dire qu’avec 320 pages, c’est l’occasion !

Alors, oui, le carnet intime, c’est du déjà vu, mais franchement, je trouve que c’est ce qui marche le mieux avec les enfants car ils ont l’impression de rentrer dans les petits secrets du narrateur. Et bien souvent, les textes sont bien plus faciles d’accès vu qu’ils censés être écrits par des enfants. Ici d’ailleurs, on accroche tout de suite. Les textes sont simples. On y parle de tout et de rien. Des choses importantes comme des petites choses de la vie. Les enfants adorent. Et les adultes se prennent au jeu, retrouvant cette ambiance si particulière de leur enfance, à la fois si proche et si lointaine.

Une BD fraiche et sympathique, qui fera un super cadeau d’anniversaire aux copains de vos enfants !

À partir de 9 ans.

Le journal de Samuel
Emilie Tronche
BD, 320 pages, Casterman
/ Arte Éditions, 2025
🇫🇷23 €

🇫🇷 Les enfants du chemin de fer/ 🇬🇧 The railway children

Je vous le présente car c’est un grand classique en Angleterre et il est resté inédit en France jusque l’année dernière.

C’est la maison d’édition « Novel », spécialisée dans la traduction de best-seller et de classiques anglophones qui se lance. C’est avec la traduction des « Enfants Boxcar » que l’aventure a débuté pour eux en 2023.

C’est un « classique » qui a été écrit en 1906 par une femme. Ce roman est tout d’abord paru sous forme de série dans un magazine littéraire anglais qui éditait des romanciers, avant d’être édité dans son intégralité la même année.

Alors que la vie était douce pour la famille, un soir, on vient chercher leur père qui ne reviendra pas (on découvrira bien plus tard pour quelle raison). La maman et ses trois enfants doivent soudainement fuir Londres pour aller vivre à la campagne dans des conditions bien différentes de ceux à quoi ils sont habitués.

Rapidement, nous comprenons, qu’en l’absence du père et du revenu qu’il apportait, le niveau de vie de cette famille ne sera plus jamais le même, ils vivent maintenant dans une grande précarité même si la mère fait de son mieux pour élever les coeurs et arrive même a obtenir un maigre revenu en écrivant des histoires

Bien décidés à se divertir, ils vont se rendre près des voies ferrées pour observer les trains; l’observation de ses mastodontes et de leurs passagers deviendra leur activité favorite. Nous sommes en 1906, les locomotives à vapeur et alimentées par du charbon, je précise car il ne serait pas surprenant que vos enfants s’étonnent de la lenteur du train qui leur permet d’interagir avec les passagers du train en étant à l’exterieur de ce dernier.

Grace à leur interêt pour les trains, ils vont réussir à se créer de nombreuses relations qui, souvent attendris, les aideront à égailler leur quotidien.

Chaque chapitre est traité comme une petite aventure autour de la station. L’autrice voulait divertir plutôt qu’être donneuse de leçons et éduquer les jeunes lecteurs: elle a donné une nouvelle impulsion à la littérature jeunesse de l’époque.

C’est un peu gentillet à certains moments et tout et bien qui finit bien avec les retrouvailles avec le Papa, mais on peut dire que c’est un bon classique de la littérature jeunesse anglaise.

Il s’adresse à des enfants à partir de 9 ans en vo, en France plutôt 10, pour un enfant qui lit bien. Roberta, Peter et Phyllis sont de jeunes enfants avec des aventures de leurs ages mais le vocabulaire est assez soutenu et il s’agit tout de même d’un gros livre même si il peut être lu par chapitres.

Ma version anglaise contient les illustrations originales de C.E Brock (un illustrateur très populaire de cette époque) et la version française a été illustré par une artiste Tchèque et traduite par une auteure que nous apprécions beaucoup chez Escale livres, Amélie Sarn. Le nombre de pages diffère aussi, mais ma version à une police assez petite et le roman sans doute moins illustré.

Edith Nesbit/ Charles Edmund Brock/ Kateřina Bažantová
🇫🇷 Traduction Amélie Sarn
Editions Novel, 304 pages, 2024, 15,90€

La fleur du passage clouté

Élodie, alias Mamie Trafic fait traverser les écoliers. Tout le monde l’adore avec ses tenues extravagantes et sa gentillesse. Car en plus de faire traverser les petits et leurs parents, Elodie aide aussi à l’école en tant que bénévole. Oui, bénévole, car malgré ses qualités indiscutables, Elodie n’a pas de diplômes.

Léa, 10 ans, adore sa mère mais l’adorerait encore plus si elle pouvait travailler ailleurs que dans son école. Mais sans diplôme c est dur. Et sans dents, encore plus. Car Elodie, avec ses 90 euros par mois gagnés à faire traverser les enfants, n’a évidemment pas les moyens de se refaire faire les dents.

Léa trouve quand même une annonce pour une fleuriste à Monaco : le métier pour lequel sa mère est faite. Et Élodie va évidemment tenter le coup. Contre toute attente, elle commence sur le champ. Et sa créativité rend la boutique incontournable. Elle travaille de plus en plus, gagne de mieux en mieux sa vie, ce qui permet aux deux filles de vivre confortablement, contrairement à avant. Élodie se mettra en même en tête de passer le bac en candidat libre !

Un joli roman à hauteur d’enfant signé Susie Morgenstern et Serge Bloch pour parler de précarité, de honte, mais surtout de courage, de gentillesse et de solidarité. Car Elodie en a à revendre !

À partir de 7 ans.

La fleur du passage clouté
Susie Morgenstern / Serge Bloch
Roman illustré, 80 pages, Mouche, 2025
🇫🇷8,50 €

Papa, l’argent et moi…

Droits de l’enfants chez Oskar Editeur, c’est une petite collection qui aborde, sous forme de court roman, des thématiques très variées sur le thème des droits de l’enfant.

Dans Papa, l’argent et moi… il sera question d’argent. Une petite fille de onze ans se confie à sa mère en lui écrivant. Elle a quitté le domicile conjugal il y a un an et ne donne plus vraiment de nouvelles. Selon la petite fille, elle est sûrement partie parce que son père avait la fâcheuse habitude d’être plutôt radin (surtout pour les cadeaux d’anniversaire) et de ne penser qu’à l’argent.

Depuis qu’elle vit seule avec son papa, celui-ci cherche d’ailleurs à faire des économies sur tout, de l’électricité à l’essence, sous couvert d’écologie. Quel cauchemar ! C’est vraiment injuste de vivre de cette manière. Surtout qu’elle sait que son père gagne très bien sa vie. Et en plus il l’abandonne désormais les dimanche et les objets de la maison disparaissent les uns après les autres… Un mystère que la jeune fille va essayer d’éclaircir avec ses amies. Celles-ci lui conseillent même d’appeler les 119 (enfants maltraités).

Elle finira par se rendre compte que son père lui a caché qu’il était au chômage depuis au moins six mois et qu’il croulait sous les dettes. Elle essaiera alors de vendre ses vêtements, de sécher la cantine pour ne pas avoir à dépenser d’argent. Ses copines ne la trouvent plus très drôle et s’éloignent d’elle. Jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse de faim et de stress.

Un petit roman très bien fait pour montrer comment une famille peut basculer dans la précarité et les parents chercher à préserver leurs enfants en leur cachant la vérité. Et également une bonne idée pour sensibiliser les jeunes à l’argent et aborder la discussion sur la valeur des choses.

À partir de 9 ans.

Papa, l’argent et moi…
Julien Artigue
Roman, 106 pages, Oskar, 2021
🇫🇷7,95 €

La dame de l’aurore -une enquête de Lif et Oddi-

En Mars, nous vous avions proposé un thème sur la « Scandinavie » auquel je vais ajouter ce roman illustré.
Cet été nous avons eu la chance de faire un très beau voyage au pays des aurores boréales. alors forcément, cette couverture et son autrice m’ont tout de suite appelées.

Une nouvelle petite série d’enquête chez Nathan dans la collection « Etoile filante », une collection pour les enfants à partir de 7 ans qui peuvent lire en totale autonomie.

L’autrice nous plonge immédiatement dans le bain de l’Islande avec ses paysages mystérieux et sa nature grandiose.

Alors que Lif va retrouver son meilleur ami Oddi, il lui explique avec une grande inquiétude que son frère a disparu durant la nuit et que la peinture d’une guerrière viking qui trônait au dessus de son lit a disparu elle aussi.

Avec l’aide de Ashday, un inspecteur américain, ils vont partir sur les traces de Mark.

Une petite enquête qui tiendra vos enfants en haleine et leur fera découvrir un beau pays ainsi que ses légendes.

PS adultes: pour mon départ en voyage, j’ai lu « Miss Islande » de Udur Ava Olafsdottir, je vous recommande la lecture d’un des ses romans si ce n’est pas déjà fait.

Krista Gerardsdottir/ Sébastien Pelon
Nathan, Etoile filante, 80 pages, Juin 2025
8,50€

C’est pas juste! Petits tracas, grandes questions? Toutes les solutions!

Je viens de retomber sur ce petit docu qu’on m’avait donné il y a quelques années. Il n’est pas très récent mais il est toujours édité et regroupe un bon nombre de sujets à propos pour bien réussir sa rentrée.

Les injustices sont classées par les lieux de vie des ados: la maison et l’école; puis, le guide invite à s’ouvrir aux relations aux autres et aussi à parler des différences dans le monde.
Des astuces pour « négocier » avec les parents, bien s’intégrer à l’école. Des tests, des questionnements sur le monde qui les entoure.

Le titre est bien choisi, c’est une phrase qui revient comme un refrain dans la bouche de nos pré-ados et adolescents, je l’entends au moins une fois par jour à la maison et ça commence plus tôt que ce qu’on pouvait imaginer!

Non, la vie n’est pas toujours juste, mais si on arrive à ne pas se comparer en permanence et qu’on positive sur les chances dont on dispose alors la vie sera plus rose.

Gérard Dhôtel/ Sophie Bouxom
La Martinière Jeunesse, collection Bulle d’Air, 79 pages, 2014
9,95€