Il y a des auteurs ou des illustrateurs qui ne choisissent jamais la facilité, ou qui choisissent des thèmes qui leur tiennent à coeur; Rebecca Cobb fait partie de ceux là et c’est sans doute pour cette raison qu’elle a accepté d’illustrer le très beau texte engagé de Nicola Davies.
Une petite fille, comme les autres, rêvasse dans une salle de classe, mais subitement, un bombardement, et la tout devient noir et gris, comme la cendre; il faut partir, vite, c’est l’exode, les camps, des conditions de vie précaires.
En une page, la vie de cette enfant a basculé, de l’innocence de l’enfance, à une réalité soudaine, violente et terrifiante.
Mais l’auteur ne s’arrête pas à cette première explosion, après il faut faire face au regard des autres, à la peur d’accueillir un inconnu. Dans ce pays l’école est pourtant très similaire à celle de la première page, mais on ne veut pas de cet enfant. La guerre est arrivée aussi, par un autre biais dans le coeur de ces gens qui ont peur.
Pourtant, il suffit d’une main tendue, d’offrir une place, une chaise dans une école.
Cette enfant n’a pas de nom, son pays non plus, malheureusement, la guerre pourrait arriver n’importe où et ses conséquences s’abattrent sur n’importe qui, cet enfant n’a pas choisi de fuir son pays, c’est la guerre qui l’a forcé à faire ce choix.
De courtes phrases, percutantes, un message universel. C’est un livre dur et souvent triste mais dans lequel on trouvera aussi de l’espoir. L’idée de ce livre est tristement venue à Nicola Davies lorsqu’elle a entendu qu’un enfant réfugié avait été refusé à l’école en Angleterre sous prétexte qu’il n’y avait pas de chaise pour lui…cette même année le gouvernement avait refusé le droit d’asile à 3000 enfants non accompagnés.
Nicola Davies/ Rebecca Cobb
🇫🇷 Mijade , Album, 32 pages, 2019, 14€
🇬🇧 Walker Books Ltd, 32 pages, 2018, Hardback, £10


