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Le cercle des rebelles – T1. Le rêve de Rose

1905. Rose, fils d’agriculteurs, n’a rien à faire dans ce pensionnat de jeunes filles issues des plus riches familles d’Angleterre. Et un service qu’a rendu son père à un Lord lui permet d’y avoir une bourse pour ses études.

Évidemment elle n’est pas la bienvenue. Mais tant pis. Elle rencontrera Sibylle et Olivia, qui, elles aussi, souhaiteront changer l’histoire. Un statut doit-il nous enfermer ? Riche, pauvre, femme, difficile de faire bouger la société et de sortir des cases… Car toutes n’ont pas envie d’épouser un bon parti et de servir de faire valoir. Olivia voudrait devenir mécanicienne, Sybille couturière et Rose journaliste.

Les 3 jeunes-filles décident donc de créer donc un club secret. Mais lorsque Margaret (la peste de l’histoire) se fait voler un collier, les soupçons tombent sur Rose (la pauvre, forcément), et la bourse de d’étude de cette dernière pourrait bien s’envoler…

Un livre en 10 chapitres, rapide à lire, ponctué d’illustrations pleine page en noir et blanc, histoire d’aérer un peu la lecture.

Pour être parfaitement honnête, rien de bien nouveau dans ce scénario (un pensionnat de filles de bonne famille dans l’Angleterre victorienne, une pensionnaire qui n’a rien à y faire et qu’on essaie de faire expulser, une petite peste détestable, une méchante directrice, quelques gentils garçons, un club secret), mais il a énormément plu à ma fille, déjà un brin féministe.

Le tome 2 est déja sorti est nous parlera donc de la deuxième fille du club, Olivia !

À partir de 9 ans.
Catherine Kalengula
Roman, 160 pages, Nathan, 2022
10,95 €

Rose ?

Une petite fille nait dans une rose (oui, il existe encore des histoires de ce type !), à l’ombre d’un pommier. Sa couleur préférée sera certainement le rose, c’est sa nature après tout !

« Ah ! Sûrement-pas ! » s’exclame la petite fille !

Elle sautera donc de fleur en fleur, de couleur en couleur, pour notre plus grand bonheur.

Les illustrations sont sublimes, avec ces doubles pages colorées de façon subtile, qui nous immergent dans la nature.

On se demandera jusqu’à la fin sur quelle fleur la petite fille posera son dévolu. Je vous laisse la surprise.

Un magnifique imagier, délicat et poétique, avec une histoire… Ça nous change des tout-carton aux aplats toujours un peu criards destinés aux plus petits. Enfin un bel album pour apprendre les couleurs !

À partie de 4 ans.

Pauline Kalioujni
Album, Père Castor, 2019
14,00 €


Capitaine Rosalie

Pour faire la transition entre Octobre et Novembre, nous vous proposons de relire ce magnifique livre dont la narratrice porte ce si joli prénom et nous raconte son histoire alors que son père est à la guerre.

J’ai tout de suite accroché avec ces illustrations en noir et blanc avec cette touche de feu, de la couleur des cheveux de cette toute petite fille, très petite pour traverser une épreuve si difficile.

Alors quand nous nous étions mis en quête du livre à vous présenter pour l’armistice, il m’est immédiatement revenu en mémoire.

J’ai commencé sa lecture, seule dans mon lit, un soir, et pendant quelques semaines j’ai réfléchi au ton sur lequel j’allais le lire à mon fils de 8 ans, au moment où j’allais le faire et ce que j’allais lui en dire.

Mon grand-père, qu’on appelait Opa, parlait peu de cette guerre, cette guerre durant laquelle lui aussi avait été un enfant et recevait les lettres de son Papa, par lesquelles il finissait toujours par dire à sa Maman: embrasse Paul.

C’est hier soir au fond du canapé que j’ai décidé de me lancer dans cette lecture, j’ai choisi de lire ce livre à mon fils de 8 ans; bien sur il aurait pu le faire seul, mais certaines lectures méritent d’être accompagnées.

Le Papa de Rosalie est lui aussi parti au front et Rosalie a une mission : elle est Capitaine; elle se fait toute petite au fond de la classe du maître, elle n’a pas encore l’âge d’être à l’école mais sa Maman doit travailler à l’usine tous les jours pour subvenir à leurs besoins.

Chaque fois qu’elle reçoit une lettre, Rosalie a l’impression que sa Maman invente des histoires; des mots que son père n’écrit pas, elle est un peu lasse… un jour, la neige se met à tomber et Rosalie passe la plus merveilleuse des journées blottie contre sa Maman sous une couette; elles rigolent, sa Maman essaie sa robe de mariée, c’est un jour d’anniversaire qui ressemble à la plus belle journée de sa vie.

Mais plus tard dans la nuit, on frappe à la porte, Rosalie est toute endormie et ne sait pas si elle rêve; elle entend la voix du gendarme qui remet une lettre bleue à sa Maman, puis elle entend un long cri et depuis ce jour sa mère est différente, comme murée dans le silence.

Rosalie doit faire vite maintenant, le grand jour finit par arriver. Elle regarde le tableau noir, tout s’éclaircit; elle sent qu’elle est prête pour sa mission. Elle met une stratégie en place pour s’échapper de la classe avec l’aide de son lieutenant Edgar, elle file à la maison et se met à chercher la grande boite qui contient toutes les lettres de son Papa.

Rosalie les déchiffre, elle se bat depuis des mois pour remplir sa mission, apprendre à lire et enfin découvrir les mots de son père: « rats, sang, peur, il pleut du sang et du feu »; ces mots sont bien différents de ceux que lui lisaient sa Maman, mais elle connait enfin la vérité. Il ne reste plus qu’à trouver cette fichue lettre bleue qui ne se trouve pas avec les autres… Elle va devoir mener une seconde expédition et va finir par la trouver: de nouveaux mots « ministère de la guerre, regrets, douleur, mort en héros au combat »; sa Maman n’avait pas osé lui dire la vérité mais grace à sa perseverance elle a pu mener à bien sa Mission. Un deuxième paquet bleu arrive, il contient une médaille, une médaille pour le Capitaine Rosalie.

« C’est triste. » m’a dit mon fils, « Oui. » ai-je répondu mais ça a été le quotidien de milliers d’enfants, et je pense qu’on a le devoir de mémoire. Ils ne se rendent pas compte à quelle point leurs vies sont gaies et insouciantes; nous-mêmes, leurs parents, n’avons pas connu la guerre, ni même parfois leurs grands-parents.

En un jour comme aujourd’hui, il est important de se souvenir des atrocités de la guerre, de tous ceux qui sont morts pour la France, pour protéger notre pays, des Papas devenus soldats, du labeur de nos Mamans pour que jamais nous ne reproduisions cela. Cette affreuse période fait partie de l’Histoire, ils l’apprennent dès la primaire, je trouve que l’histoire de la première guerre racontée par une petite fille de 5 ans, qui se prend pour un soldat en mission, est triste et belle à la fois.

Beaucoup d’émotions dans ce livre et la plus belle mission du monde qui est d’apprendre à lire, lire pour savoir, lire pour apprendre et se souvenir. Ma fille m’a lu son premier livre cette semaine, quelle émotion unique…

Capitaine Rosalie
Timothée de Fombelle/ Isabelle Arsenault
Gallimard Jeunesse, 2018
12,90€

Première parution de cet article le 11 novembre 2019

Déjà 4 ans que j’ai écrit ses lignes et ce livre, reste un de mes livres jeunesse préféré.

1, 2, 3 petits chats qui savaient compter jusqu’à 3

Un bon classique pour vos petits, une Maman dévouée et trois petits chats qui se préparent au coucher.

Le bain, le diner; on répète: 1, 2, 3 à chaque étape, mais Maman perd le fil…quelle soirée épuisante! En tous les cas, on ne se trompe jamais sur le nombre de bisous qu’on donne à chacun!

Un petit album tout doux pour apprendre à compter avec vos petits chats, la répétition, ça fonctionne à tous les coups!

Michel Van Zeveren
Editions Ecole des loisirs, Pastel, 32 pages, 2004
12€
Format souple, Les Lutins à 6€

Crevette

Crevette n’est pas une crevette. Crevette est une apprentie sorcière. Elle vient d’être (encore) recalée à l’examen d’entrée à l’école de sorcellerie.

Elle va se lier d’amitié avec Joseph, son voisin, démon collecteur d’âmes (oui oui) et son colocataire Gamelle, un chat savant.

Les 2 compères essaieront de la préparer à ce fameux examen en échange de bons petits plats et de ménage. Réussiront-ils à faire de Crevette une vraie sorcière en seulement 15 jours ? Mais bien sûr ! Ça tombe bien, on avait envie de voir ce que donnait cette école de sorcellerie et de découvrir de nouveaux personnages !

Une BD un peu loufoque de 120 pages, tendre et sympathique, pour les plus petits lecteurs, un peu dans la même lignée que le Club des amis.

Personnellement, je ne suis pas fan de ce style d’illustrations, mais les enfants ont bien apprécié le style un peu simpliste, qui rend les personnages attachants.

Une histoire sympa alliant magie et quotidien, avec son lot de disputes et de jalousies, le tout dans une ambiance école.

À partir de 6 ans.

Un autre tome est disponible, toujours chez La Pastèque, au rayon BD jeunesse !

Elodie Shanta
BD, 140 pages, La pastèque, 2019
16 €

Rosie Pink

Je me souviens qu’il est apparu deux fois sur Instagram sur des comptes que je suis en peu de temps alors qu’il n’est pas récent alors j’ai pensé que c’était probablement un bel album!

J’achète pas mal en deuxième main maintenant, car mes enfants, sont un peu grands pour les albums, ce ne seront pas les leurs mais ceux de vos enfants. Ils aiment malgré tout les lire et me donner leurs avis sur chacun de mes choix.

Nous avons beaucoup aimé les illustrations denses le Lisa Zordan. Rosie est très moderne avec ses cheveux rouges, sa petite frange et son bombers en soie.

Ce Papa, impeccable, tiré à quatre épingles, fait pousser des milliers de roses parfaitement alignées et de toutes les couleurs. Un maniaque pour qui rien ne doit dépasser.

Sauf que Rosie est une petite fleur des champs, elle rêve d’une place pour chacun dans ce monde qui n’est que ordre.
Alors que Horace dégage tout ce qui n’est pas noble, elle récupère et chéri tous les déchets, les mauvaises herbes arrachées chaque jour par son Papa. Elle les aime, les fait grandir et finit par les replanter, au fond, là où personne ne les verra. Mais dans ce tas de plantes sans grâce, finira par pousser la plus belle des fleurs, une rose: c’est la colère qui commence à assaillir Rosie, alors que pour Horace, ce sera l’incompréhension.

Mais grace à cette rose dans ce jardin en fouillis, Horace va voir les choses différemment. Grace à son enfant, un père va voir la vie autrement.

Moi aussi j’ai été une petite fille et je voulais montrer à mon Papa que la vie n’était pas forcément telle qu’il l’avait envisagé, que je pouvais lui faire voir les choses autrement.

Et dans le plus grand des fouillis, naitra la plus belle des roseraies.

Didier Levy/ Lisa Zordan
Editions Sarbacane, Album, 34 pages, 2018
16,50€

Respirus

A la maison cet album nous a beaucoup plu, mais il est assez original et donc pas forcément tout public.

Un poisson écailleux tout rose, sort du fond de la mer, enfin, une mer qui ressemble à une poubelle géante avec les égouts qui se déversent dedans.

Il finit par s’acclimater et tout comme une sirène perd sa queue pour laisser place à de jolies gambettes. Malheureusement, si la pollution est différente elle est pourtant bel et bien existante aussi sur terre.

Pour pouvoir grimper en haut des buildings en tentant de nouveau d’échapper à cette pollution; ses nageoires se transforment progressivement en ailes.

Ce qui lui permet d’aller encore plus haut, malheureusement ce n’est toujours pas mieux car il croise des antennes puis des avions…il faut fuir, toujours plus haut.

Alors qu’il manque d’air, son corps continue de s’adapter et se met à gonfler mais la stratosphère, elle aussi, grouille de débris.

Alors qu’il ressemble maintenant à un gigantesque ballon de baudruche, à bout de forces, il se dégonfle et l’air qu’il recrache nettoie notre planète de toutes les cochonneries des airs, terres et mers qui furent aspirées par un trou noir.

Il retombe épuisé sur le sable où il est gentiment remis à l’eau par des enfants prévenants.

Si seulement…

Sous un aspect faussement naif, l’auteur fait explorer à cette petite créature, notre planète qui ressemble à une poubelle de bas en haut. C’est tristement juste!

A chaque étape, elle s’adapte pour échapper à la pollution mais malgré sa résilience, on réalise qu’il faudrait un miracle pour réussir à faire le ménage qui nous permettra à nouveau de respirer.

A bon entendeur…

Roberto Prual-Reavis
Gallimard Jeunesse, Collection Giboulées, 52 pages, 2020
14,50€

Rose: de Botticelli à Christo

C’est plutôt un livre pour toute la famille qu’un livre jeunesse.

Vous commencez à nous connaitre: on aime la littérature mais la culture de façon générale et moi plus particulièrement l’Art. J’avais acheté ce livre l’année dernière à la fondation Vuitton lors de l’exposition sur Simon Hantaï, dont nous nous étions régalés avec les enfants.

Les editions du Chêne sont spécialisés dans les « Beaux Livres », j’en ai d’ailleurs acheté un autre, d’Art pour changer… dont je vous parlerais sans doute avant Noel car il fait parti de ces cadeaux à glisser sous le sapin.

Pour ce qui est de cette très jolie collection de couleurs dont les dernières parutions sont « Blanc » et « Rouge », tout d’abord, je trouve très intéressante l’approche de l’art en tout genre autour d’un coloris. Ca vous parait un peu simpliste? Venez donc voir!

J’ai choisi le rose, raconté par Hayley Edwards-Dujardin, historienne de l’art et de la mode. Elle joint ces deux disciplines pour nous parler de la chair, des fleurs, de tissus au travers de 40 notices classées qui constituent ses « incontournables » et ses « inattendus » et toutes catégories confondues; peinture, lithographie, installation éphémère, photographie, estampe, porcelaine…

En introduction, depuis quand cette couleur mélange de deux autres est-elle utilisée dans l’Art, quels sont les stéréotypes qui lui sont associés, à quelles périodes est-il à la mode? qui le porte?
Suit une gamme chromatique, alors évidemment quand on a été acheteur dans le textile pendant plus de 10 ans à choisir des coloris, on ne mélange pas les roses; mais j’adore ce premier bouquet présentant des nuances de roses établis par la « Société des chrysanthémistes », et qui donne leurs noms aux roses pour ceux qui connaitraient moins sur les variations.
Elle en a répertorié 12, qu’elle regroupe en 9 catégories pour lesquelles elle nous donne un petit historique et les quelques oeuvres qu’elle a choisit se rangeant sous le coloris.

Je ne vais pas répertorier toutes les oeuvres que vous trouverez dans le livre mais j’ai aimé ses choix souvent audacieux.

Je me fais tout particulièrement plaisir en choisissant un de mes tableaux préféré, parmi les grands classiques, qui se trouve d’ailleurs à Londres « Les hasards heureux de l’escarpolette » pour vous parler de la construction de chacune des doubles pages.
Ma prof de Lettres nous emmenait au Louvre et nous apprenait à déchiffrer les symboliques, que de bons souvenirs, grace à Hayley, je replonge un peu dans mon passé.

Un titre, une date, une analyse concise de l »oeuvre, un peu d »histoire et un petit focus sur l’époque ou le style.

Dans le même esprit, aux Editions Palette, il existe une petite collection qui s’appelle « L’odyssée des couleurs » sur des formats un peu plus petits. C’est plus succinct en terme d’explication des oeuvres, mais on parle aussi de l’origine des couleurs, d’ou viennent les pigments, à quelle période et pourquoi on s’en servait. Je vous les recommande aussi, peut-être pour des plus petits ou ceux à qui le nombre de pages peut effrayer.

Je n’ai évidemment pas encore terminé ce livre, mais je le reprends volontiers et m’instruis chaque fois de quelques nouvelles oeuvres. L’art, la mode, les couleurs, l’histoire, que de sujets passionnants! Ne soyez pas effrayés, c’est facile de parler d’Art avec les enfants et ça peut prendre 5 minutes seulement.

Hayley Edwards-Dujardin
Editions du Chêne, Collection « Ã§a, c’est de l’art », 108 pages, 2021
15,90€

La malédiction des flamants roses

Ce format géant et cette couverture rose pétard hyper stylisée m’avaient bien attirée. Quand j’ai vu qui était l’illustratrice, je ne me suis pas fait prier. Et quelle bonne idée, on a bien ri avec cet album original signé Alice de Nussy et Janik Coat (Olive et Léandre, Aujourd’hui, Amos).

Un peu dans la lignée du Worst Book Ever d’Élise Gravel, on assiste au développement de l’album.

Les personnages, l’histoire arrivent peu à peu. Mais qu’il est difficile de contenter tous ce petit monde. Il faut dire que trouver un endroit qui convient à la fois à un écureuil et à un pingouin, c’est compliqué. Chacun y va de son petit commentaire, pour notre plus grand plaisir, et l’autrice et l’illustratrice se feront un brin marcher sur les pieds.

Mon personnage préféré reste sûrement ce flamant rose imperturbable avec sa recette de cuisine.

À la fin, l’enfant pourra créer sa propre histoire : des pages à découper avec les décors et les animaux. Et si, comme moi, vous n’avez pas envie d’amputer un si bel album, vous pouvez télécharger et imprimer les images vous-même. Ouf !

Merci les filles pour ce bon moment !

À partir de 4 ans.

Alice de Nussy / Janik Coat
Album géant, Grasset Jeunesse, 2021
18,90 €


Rose Pop

Un bel imagier signé Aurore Petit (surtout connue pour le très bon Une maman, c’est comme une maison) avec 6 adorables pop-up pour explorer la couleur rose. Cochon, crabe, langue de chat, rose, lever de soleil, bonbons.

Graphique, ludique et surtout en carton suffisamment solide pour resister aux petites mains et aux ouvertures à répétition.

Il est aussi particulièrement compact, idéal donc, encore une fois, pour les petites menottes.

A partir de 18 mois.

Dans la même collection : le jaune, le vert, le bleu, le blanc et le rouge !
Aurore Petit
Album
, 12 pages, La Martinière Jeunesse, 2022
6,90 €