Gertie va déménager. Son troupeau va partir à la recherche de nouveaux paturages dans un endroit plus froid et moins humide. Elle, son inquiétude, c’est de ne pas réussir à caser toutes ses affaires dans sa nouvelle maison.
Sa Maman, pour la rassurer tente de lui expliquer comment on fait d’une maison, un « chez-soi », mais Gertie reste dubitative, finalement, Maman ne sait peut être pas tout? Ce n’est qu’à la fin du grand voyage qu’elle comprendra les mots sages de sa Maman.
Elle prépare une quantité d’objets dont énormément de livres (elle a bon goût cette petite Gertie) qu’elle va accrocher à son traineau pour la transhumance.
C’est grace à ce long voyage aue Gertie va réaliser ce dont elle a besoin pour se sentir chez elle dans sa nouvelle maison. Ceux qu’elle aime!
J’aime beaucoup les illustrations de cet album, je les trouve extremement amusantes. Elles font de ce dernier, un album joyeux qui aidera les plus petits à comprendre les décisions des parents et réaliser ce qui reste essentiel pour faire du foyer un cocon.
Le titre en anglais est un jeu de mots sur le proverbe « Home is Where the heart is » qui veut dire que « La maison est là où se trouve ton coeur ».
Si vous aimez les illustrations de Kate Hindley, vous pouvez aussi retrouver nos articles sur « Le chevalier qui disait non!« , un album pour les enfants à partir de 3 ans et « Les lapins de la couronne d’Angleterre« , une série de romans illustrés à partir de 7 ans
Lu Fraser/ Kate Hindley 🇫🇷 Little Urban, Tout carton, Série « Le plus petit Yack », 32 pages, Janvier 2024, 13,90€ 🇬🇧Simon & Schuster, Collection « The littlest Yak », 2023, £11.95 ou Paperback £7.35
Durant le Covid, nous avons aidé une charity et pour nous remercier, nous avons reçu ce livre dédicacé par l’auteur que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer à Barnes. Nous ne pouvions pas rêver plus beau cadeau!
Le livre venait de sortir, une nouvelle pépite de Joe Todd-Stanton.
Une petite fille vit dans une maison au vert avec son Papa. Elle décrit le bonheur de son quotidien.
Mais pourtant son Papa va devoir chercher un nouveau travail et pour ce, ils vont partir vivre en ville, ce qui à l’air d’être un déchirement pour la petite. Elle éprouve des difficultés à s’adapter dans cet univers qui lui semble gris et tristoune, il y a beaucoup de monde et les bruits environnant sont très différents et peu rassurants.
Pourtant une nuit, en regardant par sa fenêtre, Nyla (Mila en français) aperçoit un « signe » envoyé par la nature qu’elle chérit tant; une comète. Le début d’un nouveau rêve ou d’une nouvelle réalité.
En suivant sa lumière, elle va partir à la rencontre de son imaginaire et faire entrer (par la peinture) les couleurs de la nature dans l’appartement tout gris. Ce sera une nouvelle experience pour Nyla.
Le changement n’est pas évident pour tous les enfants et cela peut prendre du temps pour s’adapter et trouver de nouveaux repères. Pourtant, à bien, chercher, on trouve toujours du positif.
C’est un bel album qui fait face à la réalité, tout n’est pas rose lorsque l’on déménage, ça peut être un déchirement et plus subi que choisi. Pourtant, ensemble, on peut réussir à faire d’un simple logement un petit nid douillet.
Joe Todd-Stanton Ecole des Loisirs, Album, 32 pages, 2023, 14€ Flying Eye Books, 2022, £12.99
Voici un magnifique album pour parler du déménagement tout en douceur.
Alors que sa maman attend un deuxième enfant, Marie, 7 ans, déménage, quittant la banlieue parisienne pour s’installer en Bretagne. Elle n’a jamais vu la mer et elle est donc particulièrement excitée à la perspective d’y tremper ses pieds. Rien que le voyage est un enchantement. Elle arrive dans une maison comme elle n’en a jamais vu, d’où l’on peut voir la mer, qui ressemble à une petite bande bleue.
Mais tout ne se passe pas comme la petite fille l’avait imaginé… Toute cette eau lui fait peur, elle n’ose même pas s’en approcher. Et quand sa maman part se baigner au large, elle pleure toutes les larmes de son corps de peur qu’il lui arrive quelque chose. On ne sait d’ailleurs pas bien qui est la plus déçue dans cette expérience : la petite fille, ou la maman qui se faisait une joie de faire découvrir les joies de la mer à son enfant.
Un étrange rêve lui fera apprécier peu à peu le paysage qui l’entoure. Elle se rapprochera peu à peu de l’eau et viendra à ne plus pouvoir se passer de cet immensité bleue.
Quelle poésie et quelle douceur dans ce premier texte jeunesse signé Isabelle Carré. Les illustrations délicates de Kasya Denisevich sont parfaites et jouent pour beaucoup, je dois dire. Elles décrivent à merveille un monde un peu flou, entre rêve et réalité, cet apprivoisement et cette victoire graduelle sur la peur, avec de plus en plus de couleur. Je ne pense pas que cet album plaira aux plus petit en revanche pour parler de ce sujets. Il est selon moi plutôt destiné aux enfants de plus de 5 ans.
Une belle lecture qui aborde, finalement plus que le déménagement, le changement, la peur de la nouveauté (et de l’eau) et l’immensité de la nature. Foncez !
À partir de 5 ans (3 ans selon l’éditeur).
La mer dans son jardin Isabelle Carré / Kasya Denisevich Album, 48 pages, Grasset Jeunesse, 2022 16,00 €
Un énorme coup de coeur pour cet album emprunt de magie, de douceur et de simplicité. Tout sonne juste. Ces deux amis, rencontrés un peu par hasard. La construction de leur amitié et leur volonté de se remémorer leurs bons souvenirs, puis de les partager à distance.
Llewellyn est un collectionneur. Il recueille dans des bocaux transparents les petits trésors du quotidien. Les cailloux en forme de coeur, les plumes…
Mais lorsqu’il rencontre Evelyn, ils se mettent alors à collectionner l’incollectionnable : la lumière du soleil couchant, le bruit de la mer, l’odeur de la neige, la fraicheur des soirée d’été…
Evelyn doit malheureusement déménager dans une grande ville. Mais ils trouveront, à défaut de collectionner leurs moments ensemble, le moyen de se faire partager leur nouvelle vie.
Une bien belle histoire, qui me touche particulièrement après mon déménagement, et la tristesse de mes enfants qui ne voient leurs amis d’Angleterre que trop rarement.
Les illustrations de Deborah Marcero sont tellement douces et tendres qu’on aimerait être l’un de ces petits lapins, dans ces si beaux endroits plein de poésie. Un album pour tous ceux qui s’émerveillent de petits riens, de la beauté de la nature qui nous entoure, et qui collectionnent aussi bien les choses que les souvenirs. Et non, je ne vous dirai pas combien de collections mes enfants ont commencé ! Je pourrais ouvrir une usine de bocaux !
Dans ce livre destiné aux plus petits, nous retrouvons le petit lapin signé Malika Doray pour aborder trois histoires de changement autour du déménagement.
On découvre un lapin grognon qui, comme beaucoup d’enfants, n’aime pas les changements.
Il devra pourtant faire face à un déménagement et à une nouvelle voisine. Heureusement, avec Lapin, les changements deviennent vite des habitudes.
Un album hyper dépouillé et très amusant en trois chapitres, qui parle des affres de faire les cartons, certes, mais surtout des joies de défaire ses cartons, de retrouver ses jouets et de les ranger dans sa nouvelle chambre (Chapitre 1), de se faire de nouveaux amis (Chapitre 2), de retrouver ses anciens amis dans son nouveau chez soi (Chapitre 3).
Personnellement, je n’aime pas vraiment les dessins de Malika Doray, en particulier ceux des animaux. Mais ces illustrations colorées et très minimalistes, ainsi que l’écriture cursive plairont aux plus petits.
Malika Doray réussit à dédramatiser une situation très stressante pour les petits, et les parents pourront donc ce servir de cet album pour relativiser les difficultés qu’il peuvent rencontrer.
Malika Doray est à l’origine de nombreux albums pour aider les tout-petits à surmonter leurs tracas de tous les jours. Donc si vos enfants accrochent avec les personnages, profitez de cette jolie collection.
À partir de 3 ans.
Le déménagement Malika Doray Album, 32 pages, MeMo, 2017 13,00 €
Plus de 160.000 enfants en France subissent des violences sexuelles chaque année, alors comment les protéger ? 1 à 3 enfant par classe… Et 80% des agressions ont lieu dans l’entourage proche. Que dire de plus pour éprouver un sentiment de révolte ? Comment est-ce possible ?
Cette année deux amies proches m’ont parlé. Elles m’ont raconté des histoires, des histoires vraies, des histoires d’inceste qu’on n’a plus envie d’entendre. Et avant elles, d’autres m’ont raconté ce même genre d’histoire, alors dans la continuité de notre article sur la sexualité, je pense qu’il est temps de parler des violences sexuelles faites aux enfants et de vous proposer des livres qu’il ne faudra pas hésiter à mettre entre leurs mains pour qu’ils comprennent ce qui est normal et ce qui ne l’est pas pour ne plus avoir à entendre ces histoires.
En littérature adulte, il y a eu de nombreux romans sur le sujet (Karine Tuil, Camille Kouchner, Vanessa Springora, dans les plus connus…), mais la notion reste relativement récente. Avant, de se faire forcer la main, ça arrivait (souvent) mais on en parlait pas, y compris dans les familles. C’était toléré, excusé, on défendait les coupables en disant que les victimes n’avaient pas su envoyer le bon message, voire les avaient provoqués par leur attitude. Ou on ne dénonçait pas, car on avait honte de l’image qu’on renvoyait de sa famille.
Ca vous semble dingue ? Et pourtant combien de comportements inacceptables avons-nous du tolérer?
Comment sont définies (par la loi) les différentes formes de violences sexuelles ? « une personne impose à autrui un ou des comportements, un ou des propos (oral ou écrit) à caractère sexuel« . Une main aux fesses par un inconnu ou un ami des parents, des exhibitionnistes, des frotteurs, des personnes qui suivent les enfants qui rentrent chez eux, un adulte qui, sous prétexte de jouer, arrive à toucher une partie intime, un oncle qui se rince l’oeil en faisant comme s’il ne savait pas que vous étiez en train de vous doucher. Et plus tard la meilleure amie qui pleure de sa première fois, un manager qui pense qu’il a le droit de vous toucher la main ou de faire des remarques sur votre tenue, des garçons qui sifflent (ou vous insultent), un garçon qui pense que parce que vous avez accepté un verre, vous devez coucher avec lui. Moi, je fais partie de cette génération où de 10 à 30 ans, on a du se méfier, on a eu peur et nos parents ne nous avaient rien expliqué, on vivait dans une société patriarcale et on subissait des actes de violence sexuelles ou sexistes quasi quotidiennement. Et je ne parle même pas des cas où le loup était dans la maison; mais ici, nous allons en parler.
Les secrets
Je parle souvent des secrets à mes enfants en leur expliquant qu’il faut savoir les garder (pour la majorité en tous cas). C’est aussi l’occasion d’éclaircir ce qu’est un secret et les différents types de secrets. Il y a des secrets dont il faut absolument parler à un adulte de confiance, ce sont les secrets qui mettent en danger, les secrets pesants, ceux qui peuvent détruire.
Et cela semble être une stratégie récurrente dans le modus operandi des pédophiles : faire croire à l’enfant qu’ils partagent un secret tous les deux.
Dans une relation pédophile (incestueuse ou pas), le prédateur essaie de faire croire aux enfants que certains gestes sont normaux alors qu’ils sont interdits. On essaie des les enfermer dans un secret qu’ils auront du mal à briser pour ne pas détruire leur famille ou les amitiés des parents.
Je vous renvoie souvent à cette collection que je trouve toujours très bien faite, avec des illustrations revues au gout du jour pour une nouvelle édition datant de 2023.
Dr Catherine Dolto/ Colline Faure-Poirée/ Robin A partir de 4 ans Gallimard Jeunesse, collection « Mine de rien », Documentaire, 32 pages, 6,90€
En regardant cette couverture, on voit deux mignonnes petites musaraignes et on ne peut imaginer quel est le terrible secret de Soro.
Musa et Soro sont amis depuis toujours. Mais un jour où Soro est étrangement silencieux et ne veut plus aller se baigner dans l’eau du lac comme à son habitude, Musa s’interroge et questionne son ami.
Avec le support de son Papa, Musa va trouver les mots pour mettre son ami en confiance et l’amener à se confier et elle rapportera à son tour à son Papa (avec l’accord de Soro et dans l’idée de le protéger) le secret terrifiant que l’oncle Etruso lui demande de garder.
Une terrible histoire d’inceste. Je trouve parfois que ça manque un peu de transitions, mais cet album s’adresse à de petits enfants, on pourra donc aisément compléter en échangeant durant la lecture.
Ce que j’ai tout particulièrement apprécié dans cet album c’est l’aide apportée par le Papa. Il laisse d’abord sa fille échanger avec son ami, la fille comprend que le secret recueilli doit être divulgué dans le but de protéger son ami. Une fois le message retranscrit, l’adulte prend les choses en main et va dénoncer l’oncle pour protéger l’enfant.
Le Secret de Soro Charline Le Maguet A partir de 4 ans Bayard Jeunesse, Album, 48 pages, 2022 12,90€
La manipulation, l’engrenage
Dans ce roman, Alice raconte, comment depuis l’âge de ses 7 ans, le meilleur ami de sa Maman, qui est aussi entraineur sportif, l’a manipulée pour lui faire croire que leur relation « secrète » était normale. Elle est victime d’un pédophile qu’elle va même penser aimer. Tout cela sous les yeux de sa mère et sans jamais oser en parler jusqu’à ses 15 ans. Presque la moitié de sa vie d’enfant… Alors oui, c’est difficile de faire lire ce genre de choses à nos enfants parce qu’on aurait envie de ne jamais en entendre parler, mais il est vraiment bien écrit. L’auteure décrit tous les mécanismes qui font qu’Alice ne sait plus quoi faire, qui croire et en attendant, elle subit les actes traumatisants d’un adulte malade. Les enfants comprendront. Il faut leur faire confiance pour qu’ils se fassent confiance. L’éditeur dit 15 ans, moi je dirai avant, peut-être à lire ensemble pour expliquer au fur à mesure et les aider à comprendre.
Ce livre a été le Lauréat du Prix vendredi en 2022, le prix national de la littérature adolescente.
Les Longueurs Claire Castillon/ Marion Fayolle A partir de 15 ans Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 192 pages, 2022 10,50€
Comment faire? Il faut leur en parler, dès leur plus jeune age, c’est la seule façon. Et il faut rester attentif, même en famille, même entre bons amis parce que il est plus facile pour un adulte de faire le constat d’une attitude inappropriée que pour un enfant de dénoncer un adulte, surtout un adulte que tout le monde aime.
Dès la maternelle, les enseignants proposent des « moments de langage » aux enfants. Ils abordent des notions sur le corps et l’intimité, et parlent progressivement du consentement puis des stéréotypes. En CM1/ CM2, la sexualité ou plus précisément les changements liés à la puberté et la reproduction. A partir de la 4ème on explique aux élèves ce qu’est la pornographie. On éduque les enfants de plus en plus tôt aussi pour les amener à respecter les autres et la diversité des genres.
Il faut que très petits, ils comprennent ce qu’est leur corps, leurs parties intimes et la signification du mot « intime ».
Apprendre à connaitre son corpset le respecter
Un album aussi simple qu’indispensable qui présente les différentes parties du corps pour apprendre aux enfants que leur corps leur appartient.
J’aime mon corps Nikki Luna/ Julienne Dadivas A partir de 2 ans Bayard Jeunesse, Album, 32 pages, 2021 10,90€
Je vous renvoie aussi à ce tout carton déjà présenté dans notre article sur la Sexualité et l’intimité. Mai Lan est une jeune femme qui fait un travail extraordinaire pour la prévention au travers de l’association qu’elle a créée, Mille miettes. Je vous en reparle un peu plus bas avec un album pour les plus grands.
C’est MON corps ! Mai Lan Chapiron A partir de 2 ans Editions de La Martinière, Tout carton, 30 pages, 2024 10€
J’ajoute aussi ce livre un peu généraliste.
Voici un livre très bien fait (par deux femmes psychothérapeute et sexothérapeute) dont une partie des bénéfices sont reversées à l’association « Les boîtes aux lettres papillons » dont je vous parlerai un peu plus bas.
Sous forme d’une bande dessinée (illustrée par Isabelle Maroger), les enfants sont invités à réfléchir et réagir sur des situations très concrètes.
Le livre nous donne des chiffres, parle de la loi
Et guide les enfants vers la libération de la parole. Comment l’agresseur fait-il pour que l’enfant se taise?
Mon corps m’appartient! Isabelle Filliozat et Margot Fried-Filliozat/ Isabelle Maroger A partir de 7 ans Nathan, Hors Collection, 47 pages, 2022 8,90€
L’apprentissage du consentement et du respect de la volonté d’autrui.
Je suis un peu choquée de constater que la majorité des livres sur le consentement sont pour les ados… pourquoi ? parce que dans l’ordre, on apprend qu’on a des parties intimes mais très rapidement, on doit comprendre que personne ne doit les toucher et qu’on doit être d’accord pour se faire laver les fesses par le tonton par exemple. Que Qu’on ne doit pas embrasser sur la bouche ou ailleurs sans être d’accord. On a le droit de refuser un bisou et oui, même si ça nous semble être de la politesse, un enfant, aujourd’hui, n’est pas obligé d’accepter qu’on l’embrasse.
Talents Hauts est une maison d’édition engagée qui défend des valeurs fortes à travers des livres qui abordent la question du genre, des stéréotypes et de la sexualité. Spécialisée dans les démontage des idées reçues avec sa collection « Badaboum » auquel l’album Chat ! appartient.
Avec un chat, on va apprendre ce que c’est que de respecter la volonté d’un autre, le consentement. Un petit enfant qui impose au chat ses caresses, est-ce bien acceptable ? Déjà tout petit, on peut comprendre cette notion avec un exemple aussi banal que les caresses qu’on peut imposer à un animal qui veut fuir.
N’oublions pas, tous les adultes savent qu’ils ne peuvent pas toucher un enfant. L’enfant n’est jamais responsable de ce que l’adulte lui impose.
Chat! Claire Garralon Dès la naissance Talents Hauts, Collection Badaboum, tout carton, 18 pages, 2021 11,90€
Ce qui est particulièrement intéressant dans cet album c’est la notion de piège. Comment le prédateur entraine sa proie, mine de rien, vers ce qu’il souhaite.
Malou le loup, propose à Pioupiou de jouer à un jeu de cache-cache. Sous couvert d’amusement, il entraine alors l’oisillon un peu naïf au coeur de la forêt, mais une fois que l’oiseau à attrapé le loup, ce dernier va vouloir aller plus loin dans le jeu et en le challengeant, il le fait grimper de sa queue jusqu’à son nez.
Pioupiou aime les défis, alors qu’il est entre ses deux oreilles en position de vainqueur, le loup le saisit et veut l’embrasser dans le cou. Mais Pioupiou s’échappe, même si le loup insiste en lui disant que c’est la règle du jeu et qu’il est mal élevé, il dit clairement NON. Pioupiou, sait déjà ce qu’est le consentement et trouve assez de courage pour renvoyer le loup dans ses penates!
Attrap’ Bisous A partir de 3 ans France Quatromme, Christine Davenier Kaléidoscope, Album, 2022 13€
Il s’agit de trois nouvelles sur le thème du consentement : le consentement à la baignade. Je trouve très astucieux d‘aborder le thème du consentement par un autre biais que la sexualité. Le livre appartient à une collection de romans courts qui s’adressent aux ados mais il a été facile à lire pour mes enfants de 11 et 14 ans. Il en existe beaucoup d’autres dans la collection Ego que je vous recommanderai volontiers sur les thèmes du consentement, de l’inceste, du harcèlement, de la pédophilie, de l’homophobie. Nombre d’entre eux ont reçu des prix, ces sujets parlent aux ados et le format court plaira même à ceux qui lisent peu.
J’ai choisi ce livre parce qu’il m’est arrivé une histoire similaire et depuis mes 16 ans, j’ai peur de l’eau à cause d’un imbécile qui trouvait excitant de me tenir la tête dans l’eau alors qu’il avait trop bu. J’ai réussi à me défaire de son emprise et à sortir du bassin mais malheureusement avec un traumatisme qui m’a handicapé pendant plus de 30 ans de ma vie.
Dans la première nouvelle, deux jeunes filles sont à la piscine et se laissent entrainer sur le plongeoir par deux garçons assez séduisants. Sauf que, arrivées tout en haut, elles n’ont plus vraiment envie de franchir le pas.
Dans la deuxième nouvelle, deux jeunes garçons partent nager à la rivière. Le plus jeune n’a pas envie de se baigner mais l’autre se moque de lui et le jète à l’eau pour faire de lui un « homme ».
Dans la troisième, nous sommes à la mer, un jeune couple est au bord de l’eau mais la jeune fille ne semble pas prête à se jeter dans les vagues. La Maman qui les observe ne comprend pas que son fils n’ai pas conscience des messages envoyés par le corps de sa compagne.
Le plongeoir Elsa Devernois A partir de 10 ans Talents Hauts, Collection Ego, 64 pages, 2021 7€
Le viol et l’inceste
Petite ourse n’est pas franchement ravie à l’idée de retrouver toute la famille à l’anniversaire de Tonton. Pourquoi ? parce qu’il y aura ce Papi qui lui impose des bisous dont elle ne veut pas. Mais par contre les bisous de Tonton ne gênent pas. Comment faire la différence?
Mauvais rêve ? peur ? incompréhension ? Honte ? L’enfant vit un traumatisme et ses repères sont chamboulés. Comment comprendre que celui qui est censé vous protéger vous agresse? L’enfant est perdu face à ce qui lui arrive, il n’ose pas parler. Les adultes doivent rester objectifs et dénoncer sans crainte les comportements abusifs.
L’autrice a elle aussi subi des comportements abusifs et incestueux de la part de son grand-père. C’est par l’Art du cirque qu’elle crée un projet complet « Une petite ourse » pour expliquer et dénoncer ces abus sans toutefois faire peur aux enfants. Vous trouverez ici le livret d’accompagnement qui a été mis au point.
Marie Limouzin A partir de 4 ans Gautier Languereau, Album, 32 pages, 2023 12,99€
Nous avions déjà parlé des violences verbales et physiques avec Le grand méchant loup dans ma maison. Ce titre qui fait partie de la collection Carré blanc, une collection des Éditions Les 400 coups, qui par des textes dérangeants et des illustrations fortes veut sensibiliser les enfants à ce qui constitue l’humanité. Le loup est souvent présent ou invité dans la la maison.
C’est le sujet du premier album (celui qui dictera sa voie/voix à cette jeune femme) de Mai Lan Chapiron.
Le loup, ce n’est pas seulement un album jeunesse, c’est un projet très complet de prévention, une voix vers la guérison pour Mai Lan qui s’est fait abuser par son grand-père à l’age de 7 ans.
Le point de départ du projet c’est une chanson qui a ensuite conduit à un album jeunesse inspiré de l’histoire de Mai Lan
Miette (le nom de sa fondation est « Mille miettes »), une petite fille a compris que le loup était sorti de la forêt et se cache désormais dans sa maison sous les traits d’un des membres de sa famille. Il est si sympa qu’on ne pourra jamais deviner ce qu’il fait à Miette, mais la petite distingue bien sa queue et ses oreilles.
Un carnet d’accompagnement a été mis au point par Coralie Diere, psychologue clinicienne travaillant dans le domaine de la protection de l’enfance.
Elle dit que ça sécurise les enfants d’avoir un espace pour en parler et je partage tout à fait ce point de vue. Il ne faut pas avoir honte, avec des mots adaptés à leur âge, il faut pouvoir parler de leur corps pour qu’ils entendent ce qui ne peut pas leur être fait.
Premier message : ca arrive très souvent avec l’entourage proche et deuxième message : il faut persévérer car le premier adulte à qui on le dira ne sera pas forcément réceptif.
Le loup Mai Lan Chapiron/ Coralie Diere A partir de 4 ans Editions de La Martinière, Album, 48 pages, 2021 10,90€ https://www.leloup.org/
Ce livre m’a bouleversée, je ne m’attendais pas à autant d’émotion au cours de ma lecture. C’est sans doute sa présentation sous forme d’un conte qui permet de prendre de la distance en lisant cet album qui parle clairement d’inceste sans toutefois citer ce mot ni montrer explicitement ce que Tali subit de la part de son frère. Il émane beaucoup de douceur et de bienveillance autour de Tali, le frère incestueux devra faire face à ses actes devant son village et partir se faire soigner.
Tali monte à cheval, il est heureux, il aime monter Flamme au bord de la falaise. Son frère Odin est fort, et tous l’admirent. Ce sont les enfants de la cheffe du village, la vie semble douce mais un soir un Odin se transforme en monstre et va se glisser dans le lit de Tali qui choisira de s’échapper vers les étoiles pour ne pas faire face à la réalité. Alors que la vie semble continuer pour tous, l’esprit de Tali est resté coincé dans les étoiles et il s’y réfugiera chaque nuit lorsque son frère entrera dans son lit pour le violer.
Irénée la mère ne comprendra pas quand Tali vienne lui demander pourquoi son frère se transforme en monstre chaque nuit, c’est Mamita qui va se rendre compte que son petit fils disparait un peu plus chaque jour. Oui, les monstres savent bien se cacher car ils sont rusés. Mamita va chanter des incantations telle une chamane indienne et bercer Tali pour l’aider à redescendre des étoiles et l’inciter à lui livrer le nom de celui qui le rend si petit. Il faudra du temps pour se reconstruire.
Marie de Monsabert/ Clémence Pollet A partir de 6 ans Milan, Album, 40 pages, Avril 2024 13,90€
J’ai lu l’année dernière un livre très éprouvant sur un jeune garçon qui se fait violer en colo La vie qui commence, ça aussi ça a failli m’arriver en cours de ski, sauvée in extremis, par une autre fille. Je l’ai dit à ma mère quand j’avais 40 ans et je m’en veux parce que il est peu probable que toutes les petites filles aient eu autant de chance que moi, c’est sans doute une des raisons qui me pousse aujourd’hui avec mes moyens d’informer les familles et les enfants sur le sujet.
Il faut briser le silence, parler pour se libérer. Nous avons tous un rôle à jouer, voire des responsabilités à prendre.
Il faut aider les enfants à se libérer de leur souffrance par la parole. C’est pour cette raison que Laurent Boyet a crée Les boites aux lettres Papillons. Il a lui même été la victime de son frère à l’âge de 6 ans et il a voulu tendre une main aux victimes et leur offrir une possibilité de s’exprimer sur un simple morceau de papier.
Heureusement tous les enfants ne sont pas victimes de pédophiles, mais ils auront peut-être un rôle imortant à jouer. Ils seront peut-être amenés à être des confidents et donc à recueillir le témoignage d’un ami. Ou même à être témoin d’une scène qu’ils sauront juger anormale. Il faut donc qu’ils soient sensibilisés sur le sujet pour savoir comment réagir pour aider les autres. Il suffit parfois de poser une simple question pour arrêter un acte malveillant ou chercher à creuser pourquoi un ami se sent si mal et l’amener à se confier à un adulte.
Parfois les adultes ne veulent pas y croire ou sont gênés de dire que dans leur famille il y a un oncle, un grand-père, une mère qui est incestueux et donc pédophile. Ce genre de révélations effraient aussi les adultes.
Même s’il n’est pas facile d’imaginer qu’un frère, un oncle a une attitude inappropriée car nous avons du mal quand c’est quelqu’un qu’on aime à le voir comme le prédateur qu’il est. Mais une fois que c’est avéré pourquoi serions-nous gênés de l’attitude de certains? Nous n’en sommes pas responsable ? Et de ne pas le dénoncer, de le cacher, c’est accepter et surtout ne pas démontrer à notre enfant victime que même si on aime énormément sa mère ou son grand-père, ce qu’il a fait est totalement illégal, il doit être jugé et emprisonné pour ses actes : c’est la loi de notre pays.
Après il faudra déculpabiliser, réparer, rassurer et redonner confiance à ces victimes traumatisées avec ses moyens et son amour mais surtout avec des professionnels qui ont l’habitude de gérer ce type de traumatismes.
Les livres servent d’outils de dépistage, prenez-en un et parlez à vos enfants et aux autres.
Voici quelques références récentes (adultes) sur l’omerta de l’inceste, cette loi du silence imposée par la famille elle-même. Comment peut-on laisser ce crime se perpétuer parfois de génération en génération?
Ne minimisez pas le rôle de la littérature (jeunesse ou pas) dans la construction et l’apprentissage d’un enfant et servez-vous en pour les éduquer et leur parler des sujets importants ! Elle peut aider à soigner aussi, quand on voit toutes ces victimes qui témoignent, c’est bien évidemment tout d’abord pour aider les autres, mais aussi pour cette écriture libératrice qui aide à guérir (un peu).
Les outils et numéros qui pourraient vous être utiles en cas d’agression (sexuelle ou pas) sur un enfant :
🇫🇷En France
Le 119 : Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger. Pour les enfants confrontés à une situation de risque et de danger, pour eux-mêmes ou pour un autre enfant qu’ils connaissent. Pour les adultes confrontés ou préoccupés par une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être. Service disponible 24h/24, 7j/7. Appel gratuit de tous les téléphones (fixes, mobiles et cabines téléphoniques). Ce numéro n’apparait pas sur les factures téléphoniques détaillées. Pour en savoir plus sur ce service, cliquez ici.
Ce feuillet s’adresse aux parents, aux éducateurs, aux soignants, aux adultes… Il est rédigé pour être compris par le plus grand nombre de lecteurs avec des informations claires et des conseils concrets. Les dessins agrémentent le texte et sont là pour donner le point de vue de l’enfant.
Un petit test à destination des enfants de 5 ans et plus qui se présente comme un permis de (se) conduire. Il porte sur 10 questions pour parler avec les enfants des situations qui favorisent les abus sexuels et de la manière d’y faire face. Les dessins apportent des informations complémentaires et aident à aborder facilement des sujets sensibles tels que l’inceste ou le détournement de mineur.
A Londres, j’ai trouvé dans la rue beaucoup d’affichage dans la rue. Je trouve cela très utile de les afficher dans le paysage urbain (rues, écoles, bars et restaurants) plutôt que de devoir aller les chercher sur les sites du gouvernement.
Nous aimons beaucoup les textes tout doux de Maylis Daufresne, dont nous vous avons déjà présenté deux albums : Gabriel et Fanny et la nuit. C’était donc un plaisir de recevoir son dernier album de la part de l’École des loisirs.
Comme dans Fanny et la nuit, nous abordons dans Rose et Célestine la peur de la nuit. Mais d’une façon tout à fait particulière.
Comme tous les soirs, Rose, une vieille dame seule, éteint la lumière et attend que le sommeil vienne. Lorsqu’elle entend un curieux bruit, comme un drap claqué au vent. Elle est bien surprise de découvrir une petite chauve-souris virevolter dans sa chambre.
Que fait-elle là en pleine nuit ? Elle devrait chasser les insectes !
Mais non. Célestine la chauve-souris a un problème de taille : elle a peur de la nuit…
Rose, elle, adore la nuit. C’est le jour qu’elle n’aime pas… Car elle se sent vieille et inutile. Elle finit par convaincre le petit animal de la suivre, pour faire connaissance avec la nuit : car la nuit a cette odeur bien particulière de toutes les choses qu’on aime mais qu’on ne peut distinguer dans le noir.
Elle se revêt aussi de douces lumières, certaines à portée de main, d’autres non.
Et Célestine, fera comprendre à Rose qu’elle est loin d’être inutile. De jour comme de nuit. Celle-ci aura même plaisir à accueillir Oscar, son nouveau petit voisin, après l’école.
Un livre touchant, qui fait chaud au coeur avec ces nouvelles amitiés naissantes, pour le moins particulières.
Et pour rassurer les enfants qui ont peur de la nuit, nous n’aurions pu trouver mieux que les douces illustrations de Fanny Ducassé. Ici, pas de monstres cachés dans les placards, pas d’ombres… Non. Des odeurs agréables, des couleurs pastel et apaisantes, de nuit comme de jour d’ailleurs. Si bien qu’on ne perçoit meme plus le noir du ciel, même s’il est présent.
Un duo parfait pour un bien bel album.
À partir de 4 ans.
Rose et Célestine Maylis Daufresne / Fanny Ducassé Album, 36 pages, Kaléidoscope, mars 2025 13,50 €
Voici une des nombreuses inspirations libres du Journal d’Anne Frank. Je viens de l’acheter au Festival du Livre de Paris qui a eu lieu au Grand Palais. Ce fût une grande première pour moi et les enfants et j’avoue que même une dimanche, c’était assez plaisant en comparaison du SLPJ. Alors évidemment, il y avait beaucoup moins de maisons d’éditions jeunesse représentées mais au moins, nous avions le temps de discuter avec les auteurs/ illustrateurs et nous n’ avons pas fait des queues interminables.
Ma fille, de 11 ans, sans connaitre le thème d’Avril, a fait le choix de ce Manga chez une maison d’édition que je ne connaissais pas (pour être honnête, je ne suis pas une grande spécialiste du genre).
Hanako Asada vit en Hollande, elle rêve de devenir actrice mais doit dorénavant porter l’étoile jaune et a déjà du changer d’école. Elle décide d’écrire son journal dans lequel elle va consigner ses rêves de jeune fille. Cette Hanako semble un peu plus naïve et égocentrique que Anne. Sa soeur Mako (Margot) est convoquée par le service du travail obligatoire, c’est ce qui décidera la famille à se rendre dans la « cachette » préparée depuis un moment.
Vous reconnaitrez aisément les similitudes avec Anne Frank, même si cette version propose quelque chose de tout à fait personnel. C’est d’ailleurs ce qui rend ce manga intéressant. Victime et bourreau enfermés dans la même pièce. Dès le début du manga, Hanako, exprime ces angoisses dans une sorte de rêve ou dimension parallèle. Elle semble prise au piège dans un cube, c’est une métaphore de son emprisonnement à l’Annexe, mais elle n’est pas seule dans cette boite sans issue. Dans ce cube, elle fait la rencontre d’un jeune garçon, Taro, qui lui aussi semble être prisonnier. Dans cette réalité parallèle, nous comprenons que le garçon au comportement étrange a une mère très malade et qu’il aime dessiner, même si son père ne le prend pas au sérieux.
Je ne suis pas certaine que les jeunes lecteurs reconnaitront Adolphe Hitler dans le garçon, mais ils pourront en tous les cas y voir un enfant frustré et violent vis ) vis de la jeune fille. Au fil des pages, il se montre de plus en plus violent et sera présent (en uniforme) à la porte cachée de l’Annexe lors de l’arrestation des Frank. Il lui fait sans cesse des reproches, notamment de souiller son beau cube blanc avec ses mains sales, ou encore d’être venue s’installer dans le cube sans autorisation. Il se moque d’elle et l’humilie, bref on voit bien de quels types de reproches il s’agit. Un parallèle avec la réalité d’une Europe antisémite.
C’est un manga en deux volumes, ma fille m’a demandé la suite. Même si Machiko Kyô ne nous épargne pas les violences du régime nazi et de la réalité quotidienne des Frank, c’est sans doute plus facile à lire comme si nous étions dans une fiction.
Machiko Kyô Editions Imho, Manga, 216 pages, Avril 2025 14€
Voici un joli livre, doux et touchant, pour annoncer l’arrivée d’un bébé, qu’il faudrait d’ailleurs que je rajoute à notre sélection Naissance.
Une petite fille se prépare l’arrivée d’un bébé dans la famille. Elle décide donc de tenir un journal tout au long de la grossesse de sa maman, pour lui raconter tout ce qui s’est passé en l’attendant.
Pas de niaiserie ici, pas de sciences… Juste ce qu’un enfant pourrait bien penser à raconter… Car c’est long neuf mois. Et les enfants sont bien loin de voir les choses comme les adultes quant au temps qui passe, ou à l’importance de certains événements. Les pages se suivent et passent un peu du coq à l’âne, un peu comme la pensée un peu fouillis des tout-petits., qui pensent à un milliard de choses en même temps et qui ont du mal à faire le tri.
Les illustrations imitent à merveille les dessins que pourraient parfaitement faire une petite fille, et rajoutent un côté encore plus authentique à ce journal enfantin.
Un livre vraiment bien pensé, à hauteur d’enfant, pour parler de l’attente d’un bébé d’une manière bien différente de ce que j’ai pu découvrir jusqu’à présent. Chapeau à Yael Frankel, autrice illustratrice basée en Argentine, et aux éditions Obriart, jolie maison d’édition indépendante qui vise à chatouiller les esprits curieux.
L’album a d’ailleurs reçu le prix fiction 2023 de la foire du livre jeunesse de Bologne.
À partir de 3 ans.
Tout ce qu’il s’est passé avant que tu arrives Yael Frankel Album, 44 pages, Obriart, 2022 18,50 €
Je ne vais pas vous apprendre grand chose sur ce livre mais en Septembre j’ai eu l’occasion de faire un court séjour à Amsterdam en famille et de visiter l’annexe, l’endroit dans lequel la famille Frank s’est caché durant deux ans; l’Annexe (qui fût d’ailleurs le titre que Anne voulait donner à son livre).
C’est à l’age de 13 ans que Anne recevra et commencera l’écriture de son journal. C’est sous forme de lettres à Kitty (une amie imaginaire) qu’on apprendra en quoi consiste la vie d’une adolescente juive cloitrée dans la ville d’Amsterdam pendant la seconde guerre mondiale.
Elle qui pensait que personne ne s’intéresserait aux confidences d’une écolière de 13 ans!
Ce fût donc l’occasion de le relire, j’ai acheté le livre de poche mais aussi un livre agrémentée de photos, plans et documents pour pouvoir en parler avec mes enfants.
C’est dans un bâtiment dans l’arrière-maison de l’entreprise de son père Otto que seront cachés les Frank et une autre famille de clandestins les Van Pels, ainsi que Fritz Pfeffer avec qui Anne devra partager sa chambre.
Elle va partager dans son journal puis dans des cahiers son quotidien de jeune fille avant d’être déportée dans un camp de travail à Westerbork puis à Auschwitz et finalement Bergen-Belsen où Anne et sa soeur vont mourrir du typhus.
Il y a des livres, comme celui-ci qu’il faut avoir lu. Comment a-t’on pu laisser faire ces atrocités?
Otto, le père survivra et c’est grâce à lui qu’on a autant d’informations sur l’Annexe. C’est lui qui mettra tout en oeuvre pour exaucer le souhait de sa fille et publier son journal (précieusement gardé par un de leur protecteur lorsqu’ils sont partis pour les camps) « Anne m’a chargé d’une mission qui me donne des forces toujours renouvelées, afin de lutter pour la réconciliation et les droits de l’homme dans le monde entier. »
J’avais fait la lecture du livre de Lola Lafon (Quand tu écouteras cette chanson) dans la collection « Ma nuit au musée » chez Stock il y a quelques années: une nuit à l’Annexe dont l’autrice a extrait un livre très personnel. Je l’ai relu après avoir fait la visite en Septembre dernier. Elle pensait trouver le silence dans l’Annexe mais elle y a trouvé autre chose.
Chacun, avec sa perception, retirera ce qu’il en souhaite de cette lecture, mais une chose est certaine, c’est que ce n’est pas sans raison que ce journal a été le plus lu au monde.
Le journal d’Anne Frank Le livre de poche, roman, 368 pages, 1947 7,20€