Il y a une nouvelle à l’école. Elle est différente des autres élèves : elle ne parle leur langue. Elle est réfugiée. Elle s’exprime avec des dessins, des images, avec ses mains. Mais avec Janette, elles ont une passion commune, l’astrologie; et malgré la barrière de la langue, elles deviennent amies.
Encore un album qui parle de l’exil.
Mais cette fois-ci, il parlera plus d’amitié et de tolérance.
Et surtout de la manière dont cette petite fille courageuse a réussi à surmonter sa peur durant ce pénible périple vers une nouvelle vie.
Car dans ce livre, « Refuge » ne fait pas référence au pays d’accueil.
Quand la vie est trop dure, nous avons besoin d’un endroit où nous sentir en sécurité. Un endroit doux et agréable, pour calmer nos peurs et nos angoisses.
Iliana a toujours aimé le ciel, et elle a décidé d’en faire son refuge, dans sa tête. Car le ciel appartient à tout le monde, il n’a pas de frontières.
Les illustrations de Stéphane Nicolet sont tout simplement splendides. A tel point que quand j’ai lu cet album à mon fils, il était tellement subjugué et transporté par ces dessins surréalistes que je ne suis pas vraiment sûre qu’il ait écouté l’histoire.
Les images étaient peut-être son refuge à lui…
Un livre à savourer, à partir de 5 ans.
Refuge Sandra Le Guen / Stéphane Nicolet Les P’tits bérets, Album, avril 2019 13,50€
Un animal étrange arrive un jour avec son énorme valise. Il a l’air épuisé. Les animaux son curieux : que peut-il bien y avoir dans cette grosse valise ?
Le nouvel arrivé répond qu’il y a une tasse.
Mais aussi une table, une chaise… Même un chalet !
Les animaux le trouvent bizarre et restent suspicieux. Une seule façon de savoir s’ils peuvent lui faire confiance. Vérifier ce qu’il y a dans sa valise.
Un très beau livre sur l’accueil des réfugiés, la tolérance, et surtout la gentillesse.
La simplicité du texte, les illustrations si mignonnes de Chris Naylor-Ballesteros. Les textes écrits dans la couleur de chaque petit animal.
Gros coup de coeur !
Pour les 3-6 ans.
Chris Naylor-Ballesteros Album, Nosy Crow, 2019 £11.99 Hardback / £6.99 Paperback
Au mois de novembre, je suis allée visiter la Sagrada Familia à Barcelone. La dernière fois, ça faisait plus de dix ans. Les travaux ont tellement progressé, c’est à peine si j’ai reconnu l’endroit que j’avais visité auparavant.
Cette année, j’y étais avec mes enfants, ils ont été émerveillés par cet endroit absolument magique. Cette basilique, qui, pour moi, est un chef d’oeuvre, a été pensé par l’architecte Antoni Gaudi, il a fait un travail si exceptionnel sur la lumière que lorsque l’on rentre dans cet endroit, nous avons la sensation d’être dans le jardin d’un livre de science fiction.
Le projet est de tendance naturaliste-moderniste, les colonnes sont des troncs d’arbres géants qui soutiennent la voûte. Ce lieu est magique, il amène à la contemplation (religieuse ou pas), c’est le temple de la lumière harmonieuse, un kaléidoscope géant dont vous faite partie.
Si vous êtes intéressé par l’artiste ou son travail, voici deux livres de littérature jeunesse sur Gaudi que je vous recommande: « Un dragon sur le toit » chez l’Elan Vert, collection Pont des Arts, ici « En promenade avec Monsieur Gaudi » chez Editorial Juventus, ici
Alors, quand j’ai vu ce tout carton (à placer devant une source de lumière), tout à fait particulier, j’ai immédiatement pensé à cette visite de novembre, qui m’avait tant émue.
C’est un livre-vitrail interactif qui mélange de poésie et de science, tout comme la Sagrada. Le texte s’inscrit dans le cercle des couleurs, c’est une ode à la nature, à l’amour, à la lumière qui existe en chacun de nous. Les ouvertures en forme de cercles sont emplies de pastilles colorées translucides en adéquation avec le texte et un symbole mono-couleur.
En fonction du fond sur lequel vous appliquez le livre, vous ne verrez pas la même chose.
C’est une lecture de jour que nous vous proposons, une lecture haute en couleur, magique pour vos petits, qui fait rêver, ça fait du bien de s’évader si simplement..
Aaron Becker Candlewick Studio, 16 pages, Mars 2019 9,97£
Au mois de novembre, je suis allée visiter la Sagrada Familia à Barcelone. La dernière fois, ça faisait plus de dix ans. Les travaux ont tellement progressé, c’est à peine si j’ai reconnu l’endroit que j’avais visité auparavant.
Cette année, j’y étais avec mes enfants, ils ont été émerveillés par cet endroit absolument magique. Cette basilique, qui, pour moi, est un chef d’oeuvre, a été pensée par l’architecte Antoni Gaudi, il a fait un travail si exceptionnel sur la lumière que lorsque l’on rentre dans cet endroit, nous avons la sensation d’être dans le jardin d’un livre de science fiction.
Le projet est de tendance naturaliste-moderniste, les colonnes sont des troncs d’arbres géants qui soutiennent la voûte. Ce lieu est magique, il amène à la contemplation (religieuse ou pas), c’est le temple de la lumière harmonieuse, un kaléidoscope géant dont vous faite partie.
Si vous êtes intéressé par l’artiste ou son travail, voici deux livres de littérature jeunesse sur Gaudi que je vous recommande: « Un dragon sur le toit » chez l’Elan Vert, collection Pont des Arts, ici « En promenade avec Monsieur Gaudi » chez Editorial Juventus, ici
Alors, quand j’ai vu ce tout carton (à placer devant une source de lumière), tout à fait particulier, j’ai immédiatement pensé à cette visite de novembre, qui m’avait tant émue.
C’est un livre -vitrail interactif qui mélange de poésie et de science, tout comme la Sagrada. Le texte s’inscrit dans le cercle des couleurs, c’est une ode à la nature, à l’amour, à la lumière qui existe en chacun de nous. Les ouvertures en forme de cercles sont emplies de pastilles colorées translucides en adéquation avec le texte et un symbole mono-couleur.
En fonction du fond sur lequel vous appliquez le livre, vous ne verrez pas la même chose.
C’est une lecture de jour que nous vous proposons, une lecture haute en couleur, magique pour vos petits, qui fait rêver, ça fait du bien de s’évader si simplement.
Aaron Becker/ traduction de Claire Allouch Editions Quatre Fleuves, Graphic, 16 pages, Septembre 2019 14,90€
Pauline, 8 ans est le narrateur de ce roman, découpé en 24 petits chapitres. Ce roman est un vrai coup de coeur, il y a beaucoup d’humour dans ces quelques pages et mes enfants ont beaucoup rigolé tout en posant des dizaines de questions à sa lecture.
La Maman de Pauline travaille dans une association pour aider les réfugiés et décide d’accueillir une famille syrienne dont Zein, qui, elle aussi, a 8 ans.
Le quotidien de Pauline est boulversé par cette arrivée et elle n’est pas très contente de ce changement. Pourquoi doit-elle partager sa chambre, ses jouets avec une fille parce qu’il y a la guerre dans son pays ? elle n’y est pour rien !
Mine de rien, au cours du livre, les enfants apprennent plein de petits détails sur la vie des réfugiés au travers du quotidien d’une petit fille de 8 ans avec sa perception.
Et Pauline, sans le vouloir, sans se l’avouer, va se prendre d’amitié pour cette petite Zein dont elle ne voulait pas.
Myren Duval/ Charles Dutertre Le Rouergue, Dacodac, 64 pages, Aout 2018 8,50€
Il existe différentes sortes d’exil. Dans cet album, un magnifique conte, inspiré par le roman de Michel Bussi, « Maman a tort », nous abordons une nouvelle raison au départ. Le lien entre les deux livres, c’est que, Malone, l’enfant dans « Maman a tort » a un doudou agouti qui lui raconte des histoires, ça s’arrête là, contrairement à ce que pourrait laisser penser le bandeau rouge.
Nous rencontrons une famille d’agoutis, des rongeurs de taille moyenne qui vivent dans un endroit paradisiaque, en réalité dans les forêts tropicales humides d’Amérique du Sud.
Gouti a trois ans, il est déjà d’âge moyen pour un animal de cette race et il vit dans un grand arbre au bord de la mer avec sa famille.
Gouti rêve de voyager, de fonder une famille, mais son travail est bien différent de ses rêves. Il a un travail routinier de frugivore qui consiste à ramasser des noisettes, ou autres fruit dans la forêt et les enterrer près de la maison, dans cet endroit paradisiaque, il y a tout ce qu’il faut pour se nourrir.
Comme Gouti est un peu rêveur, il oublie toujours les endroits où il a enterré ses réserves pour l’hiver mais n’ose pas le dire à sa Maman.
Après avoir partagé un repas en famille, ils s’endorment pour 6 mois, mais a leur réveil, c’est la grande désolation…une tempête a tout arraché, il n’y a plus rien et Gouti ne se souvient pas de ses cachettes.
Alors, il n’y a pas d’autre solution que de partir, il faut trouver un endroit où ils trouveront à manger. Et oui, on quitte aussi son pays pour échapper à la famine. Le grand-père et la petite soeur sur le dos, ils font un tour du monde pas très ordinaire pour des agoutis. Et puis un jour, après une période indéterminée, assis sur un cerisier en fleurs au Japon, le grand-père dit qu’il est temps de rentrer à la maison. Et tout le monde obéit, même si ça semble un peu fou car ils se souviennent du paysage désertique qu’ils ont laissé.
En arrivant sur la plage, la surprise est grande, mais grand-père savait et raconta. Afin de faire des réserves, l’agouti enterre ses graines à différents endroits, mais comme il en oublie quelques-unes et ne les consomme pas toutes, ces graines germent, ce qui permet à la forêt de se régénérer. C’est pour cela qu’on le surnomme souvent « le jardinier des forêts ».
Le vent et les tempêtes sont inéluctables mais grâce à ce qui a été oublié, la vie reprend systématiquement. On parle beaucoup de relations intergénerationnelles dans ce livre, mais aussi du grand départ. De prendre soin des grands trésors cachés près de nous. De la façon relative au temps de passer…
Les illustrations sont magnifiques, tellement colorées et gaies, cette végétation luxuriante me fait rêver, ce qui fait contraste avec un texte pas toujours très gai, bien que profond et entrainant les petites langues vers de nombreux échanges.
Michel Bussi/ Peggy Nille Langue au chat, Mai 2019 12€
Il se trouve que de plus en plus d’auteurs se mettent à écrire des livres pour enfants. C’est le cas de Laetitia Colombani.
Peut être avez vous déjà lu La tresse. Ce roman avait eu un franc succès il y a quelques années.
Une version pour enfants, magnifiquement illustrée par les dessins si gais de Clémence Pollet est également disponible. Rassurez-vous, tous les sujets ne sont pas abordés dans cette adaptation. Ici, nous ne parlerons « que » du combat magnifique de Smita pour l’avenir de sa fille Lalita, pour qu’elle puisse aller à l’école et avoir accès à l’éducation qu’elle mérite.
Smita et sa famille sont des intouchables. Elle a donné tout son argent au maître pour que Lalita puisse aller à l’école du village, apprendre à lire, écrire, compter et choisir un métier lorsqu’elle sera plus grande. Mais le maitre, brise sa parole et refuse d’enseigner à Lalita, puisqu’elle est, comme ses parents, une intouchable.
Smita a entendu dire qu’à l’autre bout de l’Inde, une école pour les enfants intouchables a été créée. Elle décide d’y emmener sa fille, malgré le refus de son mari, qui a peur de la punition des fermiers s’ils venaient à les rattraper.
Tant pis, la mère et la fille partiront à la nuit tombée. Après une prière à Vishnou et une promesse d’offrande si elles arrivent entière à cette destination tant convoitée, elle se sent invincible !
Dans ce livre merveilleux, nous suivrons le périple incroyable de ces deux femmes courageuses, mues par l’espoir d’une vie meilleure et qui n’hésiteront pas à sacrifier ce qui leur est le plus précieux.
La dernière page parle très succinctement et (toujours très sensiblement) de ce que devient l’offrande de Smita et de Lalita. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous dévoiler toute l’histoire.
Toute cette histoire est présentée avec beaucoup de sensibilité et nous permet de partager avec les enfants le sort qui est réservé en Inde aux femmes et aux jeunes-filles lorsqu’elles sont issues des castes les plus basses. Une formidable histoire de courage, de rebellion, de croyance et d’espoir. Les dessins lumineux de Clémence Pollet nous invitent au voyage et nous donnent une impression de douceur et de gaieté, malgré la difficulté du périple.
Je trouve qu’il est important de rappeler à nos enfants la chance qu’ils ont. Ils sont si gâtés qu’ils ne s’en rendent pas compte. Après la lecture de cet album, je n’ai pas entendu mes enfants (5 et 8 ans à l’époque) me dire qu’ils ne voulaient pas aller à l’école pendant quelques semaines ! Et de temps à autres, je leur rappelle l’histoire de Lalita.
A partir de 5 ans.
La tresse ou le voyagede Lalita Laetitia Colombani / Clémece Pollet Grasset Jeunesse, Album, 2018 14,90€
Voilà nos coup de coeur de 2019 pour la catégorie livres jeunesse 3-5 ans. N’hésitez pas à cliquer sur le titre des livres pour accéder à notre chronique.
Le Fauteuil d’ Arnaud Boutin aux Editions Sarbacane. Pour une bonne tranche de rigolade.
Vite, Vite ! de Magdalena et Isabelle Maroger chez Père Castor pour se rappeler de ce qui est important.
Ils arrivent ! de Sylvie Neeman et Albertine aux éditions la Joie de Lire, pour son originalité et ses couleurs. Pour un autre point de vue sur la rentrée des classes. Et si c’était la maîtresse qui avait le plus peur de ce jour là?
La folle bataille de Steve Anthony aux Editions De La Martinière Jeunesse. Pour montrer l’absurdité de certains combats, tout en ayant l’impression de feuilleter un livre d’art.
L’exil est un sujet tristement d’actualité depuis si longtemps… Il me semblait important d’en parler à mes enfants mais j’avoue que je ne savais pas vraiment par quel bout prendre cette discussion. Que dire ? Qu’omettre ? Une fois encore, un livre m’a sorti de mon embarras… Et quel livre ! Une merveille que je me fais une joie de partager avec vous, espérant qu’elle vous touchera autant qu’il m’a touché !
La quatrième de couverture ne pourrait mieux présenter le sujet. Donc la voilà :
Il était une fois un chat extraordinaire, et ce chat, c’est moi! Je vivais à Mossoul chez ma maîtresse, Samarkand, et je ronronnais à longueur de journée : le chat le plus heureux du monde! Mais un jour, les hommes en noir ont envahi la ville. Nous nous sommes enfuis, nous avons traversé des frontières et moi, pour la première fois, j’ai vu la neige et la mer. Oui mais voilà : je me suis perdu! Et bien croyez-moi ou pas: c’est très loin tout au nord que j’ai retrouvé ma famille. De l’Irak à la Norvège, ça en fait un bout de chemin, mais c’est ce qui s’est vraiment passé! Et moi je suis toujours le chat le plus heureux du monde!
Ce livre est merveilleux. Bien qu’il relate une histoire difficile, le fait que ce soit un chat qui la raconte de son point de vue la rend finalement assez douce – surtout qu’elle finit bien pour tout le monde.
Bien évidemment, on ne s’appesantit pas sur la misère des camps de réfugiés ni sur la dureté de ce périple. Cela reste un livre pour enfant.
Mais cet ouvrage nous permet d’aborder les thème de l’exil, de la fuite, de l’amour, de la famille, de l’abandon de ses biens et de son pays, de la découverte et de l’adaptation à une vie nouvelle, du courage, tout simplement.
L’album ne compte « que » 28 pages, mais elles sont riches en texte. Les illustrations à la fois douces et puissantes de Sandrine Thommen sont très présentes, illustrent parfaitement le récit et adoucissent un peu le périple de cette famille en quête d’un monde meilleur. Nous avons passé beaucoup de temps à étudier la carte à la fin de l’album pour regarder le périple invraisemblable de cette maman et de ses 4 filles si courageuses (et de leur chat bien sûr!), d’Irak à la Norvège.
Cet album est un album pour les « grands ». Et même s’ils auraient pu le lire tout seul, j’ai voulu le lire à chacun de mes enfants (6 et 8 ans), séparément, pour avoir le temps de répondre à leurs questions, et pour aborder certains points plus en détails (pas forcément les mêmes pour chacun des enfants).
Ils l’ont en tous cas tous les deux beaucoup apprécié. Ils n’en croyaient pas leurs oreilles quand je leur ai dit que c’était une histoire vraie!
A partir de 6-7 ans.
Elise Fontenaille / Sandrine Thommen Album, 28 pages, Giboulées chez Gallimard Jeunesse, Septembre 2018 13€
Ce livre est d’une simplicité déconcertante. Et c’est ce que nous avons adoré.
Des phrases simples pour expliquer aux enfants ce qu’est un réfugié, la plus importante étant sans doute que c’est un être humain, une personne comme nous !
Des raisons qui les ont poussés à quitter leur pays, en passant par la difficulté du périple, pour finir par l’arrivée dans un nouveau pays d’accueil et l’adaptation à leur nouvelle vie, tout y est ! Les enfants trouveront je pense les réponses à toutes les questions qu’ils pourraient se poser.
A la fin de l’album, une double page avec les mots d’enfants réfugiés qu’Elise Gravel a eu l’opportunité d’interroger lorsqu’elle écrivait son livre, et une double page sur les réfugiés célèbres.
A mettre entre toutes les mains !
A partir de 4 ans.
Existe également en version anglaise sous le titre What is a refuge ? aux éditions Puffin Books. Pour voir les photos de la version anglaise, c’est par ici.
Je vous conseille aussi d’aller sur le blog de la génialissime Elise Gravel. Vous pourrez y trouver des livres et des affiches accessibles gratuitement au format pdf pour vous aider à aborder certains sujets avec vos enfants, tels que la diversité, le consentement, les stéréotypes de genre, la tolérance, la protection de l’environnement… Si ça vous intéresse, c’est par là.
Elise Gravel Album, La courte échelle, 2019 11.99€