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Mon premier imagier du Japon

Morgane Boullier est une illustratrice bretonne qui a posé ses valises au Japon, ou elle a étudié le sumi-e auprès de deux sensei, maîtres japonais. Sumi-e signifie littéralement « image (e) à l’encre noire (sumi) » en japonais. 

Le but du sumi-e n’est pas de peindre de façon réaliste, mais de transmettre ce que nous inspire un sujet et l’état émotionnel dans lequel on se trouve lorsqu’on le peint. De transmettre des impressions plutôt qu’une réalité. C’est donc, d’une certaine manière, une philosophie et une pratique zen.

Dans ce bel imagier, Morgane Boullier nous fait découvrir le Japon au travers de 23 dessins peints à l’encre. Le but des éditions Akinomé et de Morgane : montrer les différentes facettes du Japon aux plus petits : ses animaux, ses traditions, sa culture, son artisanat, ses fleurs, sa gastronomie…

Nous admirons donc sur un superbe papier des fleurs, des animaux, des saisons, des objets reflétants le pays du soleil levant. Chaque illustration est accompagnée du mot correspondant en français bien sûr, mais aussi en romaji (transcription en caractères latins du mot japonais) et en japonais ! On va pouvoir frimer !

Pour la petite histoire, Morgane commence par peindre ses illustrations en grand sur du papier de riz, en utilisant les techniques du sumi-e. Puis elle les scanne en haute def, les retravaille numériquement pour les affiner et les adapter à l’impression.

Un magnifique travail, imprimé sur un superbe papier, qui plaira aux petits comme aux grands !

Et si, comme moi, vous aimez le travail de Morgane Boullier, elle vend ses illustrations sur sa boutique Etsy !

À partir de 2 ans.

Mon premier imagier du Japon
Morgane Boullier
Album, 48 pages, Maison Akinomé, 2023
13,50 €

D’Ambre et de Feu

Dans la lignée de Entre neige et loup que nous vous avions présenté en Novembre 2021; voici un deuxième album sur l’Automne cette fois-ci et avec un personnage

En Angleterre, on adore nos renards, au Japon, Kitsune est un renard à 9 queues, c’est un personnage du folklore japonais, un esprit qui peut se transformer en humain.

Ici, le village de Kitsune a été entièrement brulé par le roi, on ne sait pas vraiment pourquoi, il semble poursuivre un but étrange.
Elle devient alors la dernière des Kistune.
Amaterasu, la déesse du soleil dans la religion Shintoïste lui fait apporter un héritage, une pierre d’ambre mystérieuse dont elle ne sait quoi faire? La seule chose qu’elle sait, c’est qu’elle veut se venger de ce roi qui a décimé les siens.

Les Onibi (des esprits malins qui ressemblent à de petits feu follets) qu’elle croise lui promettent l’immortalité avec sa pierre d’ambre en échange de ce que le roi a de plus précieux: le coeur de son fils bien aimé.

Voici donc une Kitsune bien courageuse qui part chercher le petit bonhomme. Mais comme le chasseur de blanche neige, elle sera prise de remords au moment de la remettre aux Onibi.
Cette aventure vous réserve bien des surprises.

Nous partons à la rencontre de tout un tas de petits êtres merveilleux et inconnus qui sont parfois un peu effrayants, c’est une jolie bande dessinée pour les plus petits.

Même si le scénario manque parfois un peu de consistance, les illustrations sont vraiment adorables, ce personnage mi renard, mi enfant et ces paysages d’automne; il me semble que c’est suffisant pour qu’il plaise à un enfant même si avec nos yeux adultes, on est un peu plus exigeant.

Agnès Domergue/ Hélène Canac
Editions Jungle, BD, 96 pages, 2022
13,95€

Samouraïs

Voici un très bel album grand format sur les Samouraïs, ces guerriers redoutables qui ne connaissaient pas la peur.

Il permettra aux enfants d’en savoir plus sur de nombreux sujets, en particulier l’histoire féodale du Japon, les tentatives d’invasion Mongole et les grands samouraïs les plus connus.

Les illustrations de Clàudia Capdevila sont absolument superbes et m’ont particulièrement séduites, plus que le contenu je dois dire. Celui-ci est absolument parfait pour un enfant de 7-8 ans je dirais, mais au delà, on a envie de creuser un peu plus, de plus de détails, en particulier sur leur vie de tous les jours, leur code de l’honneur, leurs armes, l’organisation de la société.

Mais pour une première approche, je recommande vraiment ce splendide album !

Le livre est conçu comme un voyage, pour partir à la découverte du Pays du Soleil Levant et de cette culture si différente. Le grand format est particulièrement propice à la lecture partagée et à l’émerveillement avec des illustrations pleine page. Les texte sont courts et on prend le temps de regarder tous les détails de l’image. L’album a d’ailleurs reçu le Prix Junceda 2023 dans la catégorie non fiction.

On retrouvera même l’histoire de Yasuke que nous vous avons présentée dans l’album de Frédéric Marais.

À partir de 7 ans.

La collection Album Mosquito ! propose de nombreux autres thèmes. Voir la collection ici.

Lucas Riera / Clàudia Capdevila
Album documentaire, Nathan, 2023
21,90 €

Akiko la voyageuse

Antoine Guilloppé, nous avons déjà souvent parlé avec ses livres « découpes laser », la série Pleine/ Plein mais il ne fait pas que ça…

Personnellement, j’ai un gros coup de coeur pour cette couverture très graphique, ce noir et blanc agrémenté de quelques couleurs précisément choisies qui donnent tout de suite beaucoup d’allure à l’ouvrage.

Une jolie petite histoire qui nous promène avec Akiko dans un circuit au coeur de la nature et qui a pour but de rencontrer sa petite soeur qui vient de naître.

Il y en a eu d’autres avant des petits contes zen, mais aussi en 2019, un nouveau de Akiko la silencieuse.

Pour aller plus loin, voici un petit cours de dessin avec Antoine Guilloppé, il vous apprendra beaucoup de petits détails sur son personnage. Merci pour ce cadeau!

Antoine Guilloppé
Editions Picquier, Album, 24 pages, 2014
12€

Les 24 saisons de Nanako

Le saviez-vous? Au Japon, il n’y a pas 4 saisons, il y en a 24, pour être plus précise 24 périodes solaires. Tous les 5 jours, il y a une nouvelle période, chacune est associée à un Haïku. Un Haïku est un bref poème japonais de 17 syllabes réparties en 3 vers.

La grand-mère de Nanako, lui offre un vieux calendrier que les japonais utilisaient alors que leur vie était rythmée par la nature.

Encore une petite fille qui a un prénom de fleur d’arbre, cette fois-ci c’est « fleur de pommier ».

Nanako décide de s’en servir pour écrire un journal qui commencera en février, le mois du renouveau, le premier jour du printemps. En France, on suit les solstices et les équinoxes pour définir les saisons, au Japon on suit les changements de la nature.

Le rossignol commence à chanter, c’est à ce signe que l’on détermine le début du printemps. c’est ainsi que sont rythmées les pages de ce journal, par les floraisons, les insectes et les oiseaux.

Au cours des pages de ce journal, vous découvrirez une quantité de fêtes et traditions qui ponctuent l’année des japonais. Au travers de la famille de Nanako, ce qu’ils mangent, à quoi les enfants jouent, leur façon de célébrer leurs ancêtres, et d’observer la nature.

Libre à chacun de lire le journal de Nanako en une ou plusieurs fois. Il n’y a pas d’intrigue, on peut lire le quotidien de cette japonaise de 9 ans durant une année complète sans empressement.

Si votre enfant aime la nature alors, il appréciera ce livre qui vous dévoile pleins de petits détails sur le calendrier des saisons.

Pascale Moteki a illustré d’autres livres jeunesse sur le Japon, dont l’amie en bois d’érable chez Hongfei en collaboration avec l’auteure Delphine Roux. Je trouve ces poupées Kokeshi ravissantes, vous pouvez d’ailleurs en admirer actuellement une petite sélection à la Japan House de Londres.
J’en ai trouvé une dans la boite à bijoux de ma Maman, c’est une petite fille japonaise prénommée Iku Nishimura qui lui avait offert lorsqu’elle avait 9 ans.. Elle a plus de 60 ans mais elle sourit toujours!

Pascale Moteki
Editions L’iroli, Album, 112 pages, 2020
16€

Yasuke

Nous vous avions présenté il y a bien longtemps ce bel album de Frédéric Marais, Didgeridoo.

Dans Yasuke, on change de continents et de tons.

Frédéric Marais nous livre dans ce somptueux album le destin exceptionnel de ce jeune esclave africain sans nom du XVIe siècle, qui traversa les océans pour devenir le premier Samouraï noir, et enfin porter un nom.

Les textes et les illustrations minimalistes, en 2 couleurs : turquoise et brun, nous plonge dans cette histoire hors du commun.

Nous passons du Kilimanjaro au Mont Fuji tout en douceur, bercés par cette belle vague à la Hokusai, pour savourer cette histoire inspirée d’un récit puisé dans les récits de Luis Frois, missionnaire jésuite portugais en poste au Japon de 1563 à 1597 et d’Ota Gyushi, biographe et soldat au service du seigneur Oda Nobunaga.

À partir de 5 ans.

Yasuke
Frédéric Marais
Album, 32 pages, Les fourmis rouges, 2015
16,95 €

L’incroyable Mademoiselle Bang

Ce livre, je l’avais repéré à sa sortie, en Février 2023, je l’avais vu dans la vitrine d’une librairie et la couverture m’avait tapé dans l’oeil.

Je l’ai offert à mes enfants (et sans doute aussi un peu à moi-même) lors du dernier salon de Montreuil…

C’est un dragon qui nous raconte un récit, ou plutôt devrais-je dire une légende d’Extrême-Orient, celle d’une demoiselle qui voulait décider de sa vie.

C’est dans le foyer d’un couple dont on dirait qu’ils ont passé l’age d’avoir un enfant que nait Mademoiselle Bang. Par un concours de circonstances, on en vint à croire que ce bébé est un garçon; ce qui a cette époque était tout de même plus facile pour avoir un avenir prometteur. Monsieur Bang décide donc d’élever sa fille comme un garçon.

A 8 ans elle perd ses parents et la seule a connaitre la vérité sur son identité est la servante Madame Ju, elle essaie de la remettre dans le droit chemin et de lui apprendre les bonnes manières mais il est trop tard, Mlle Bang est très têtue, elle veut rester un garçon et décide de mettre les voiles pour avoir la paix!

Evidemment, ça peut entrainer des situations cocasses. Après avoir réussi à devenir Haut fonctionnaire, un statut uniquement délivré aux hommes, les pères du village vont s’empresser de lui présenter tous les jeunes filles en âge de se marier. Et elle va se retrouver contrainte d’accepter, engluée dans son mensonge.

Mais on ne va pas s’en tenir à ça, l’épouse, elle aussi devient complice du mensonge, et le jeune couple repart avec la servante en direction de la capitale pour exercer ses nouvelles fonctions.

Les aventures continuent et la famille elle aussi s’agrandit, il va s’en passer des choses en 128 pages, ce livre est vraiment original, il nous fait voyager dans un pays qui n’existe pas, un pays d’autrefois, dans une contrée lointaine, mais il est à la fois très contemporain avec cette nouvelle parentalité.

Je trouve le dessin à l’image du livre, très amusant et original; un peu absurde parfois. Des personnages uniques et loufoques; finalement, Mademoiselle Bang malgré l’usurpation de genre semble la plus conventionnelle et sage de tous.

Elle a reçu le Fauve Jeunesse 2024 à Angouleme et était sélectionné pour la pépite BD du SLPJ et c’est bien mérité pour cette auteure-illustrateur charmante et discrète qui était au salon avec son bébé et ses parents qui a pris le temps de nous faire un très beau dessin.

Yoon-Sun Park
Editions Dupuis, collection Les Ondines, BD, 128 pages, 2023
19€

Peur du noir : les livres jeunesse pour aider vos enfants

Nous avons eu énormément de déboires avec la nuit avec ma fille. Pas forcément lorsqu’elle était toute petite d’ailleurs. Plutôt vers l’age de 6 ans. Elle s’endormait toujours sans problème. Mais se réveillait énormément pendant la nuit, plutôt terrifiée. Nous avons donc eu recours, entre autres, à de trèeeeeees nombreux livres pour enfants. Beaucoup d’albums bien sûr, amis pas forcément pour les tout petits, vu son âge…

Voici une sélection, qui je l’espère, viendra en aide à vos enfants, et vous fera passer des nuits plus douces (et plus longues).

Des albums donc pour comprendre, mais surtout pour dédramatiser, puis pour voir la nuit et le noir autrement.

Comprendre

On a souvent peur de ce qu’on ne connait pas. Lorsqu’on comprend de quoi on a peur, il est plus facile de gérer ses émotions. Mais attention. Il ne sert à rien de dire à un enfant qui a peur du noir que c’est ridicule, qu’il est trop grand pour avoir peur, que les monstres n’existent pas, qu’il n’y a pas de loup en ville… Il a peur, un point c’est tout. Et nous nous devons de le rassurer.

J’avais trouvé La nuit, le noir très bien fait.

La nuit, le noir
Dr. Catherine Dolto – Colline Faure-Poirée / Robin
Gallimard
Jeunesse, 2019, 6,50 €

Dès 3 ans

La collection Mine de rien s’adresse aux enfants enfants bien sûr, mais aussi à leurs parents, qui sont parfois un peu démunis face à certains problèmes. Catherine Dolto, à sa « tête », sait poser les mots sur ce qui trouble les enfants. Et elle réussit, je trouve, à leur faire mieux comprendre ce qui les inquiète.

Tout d’abord, il passe en revue le passage du jour à la nuit. Explique pourquoi on peut avoir peur du noir. Les solutions pour se préparer à une nuit douce, qui sont nos « amis de la nuit ». Elle explique aussi les côtés positifs de la nuit.

En fin d’album, le Dr Cat (Catherine Dolto), s’adresse à l’enfant directement.

Voire notre article complet ici.

Dédramatiser en riant

J’ai peur du noir
J-F Dumont, Kaleidoscope, 2017, 12,80 €
Dès 4 ans

🖤 Gros coup de coeur pour cet album ! Ici encore, un petit garçon a peur du noir et ne veut pas s’endormir. Car quand il fait noir, on ne voit rien, donc on se sait pas ce qui pourrait bien se cacher… un loup, un.monstre, des araignées, une sorcière… Et avec tous ces bruits, on s’imagine le pire ! Il se dit que les Esquimaux, eux, ont peur du blanc, et que les éléphants ont peur du gris…

Mais le petit garçon a sait comment faire pour éloigner les vilaines créatures : ne pas ranger sa chambre (choisissons nos combats 🫣), ne pas fermer ses yeux (mais ça pique les yeux), ou surtout s’entourer de doudous. Car ils n’ont pas peur eux, et ils ont toujours les yeux ouverts pour veiller sur nous.

On a adoré les illustration hyper expressives et drôles de J-F Dumont. Celles dans le noir peuvent faire un peu peu mais le texte est tellement chouette que ce n’est absolument pas un problème, au contraire, vu que l’enfant peut encore mieux s’identifier. La tête des doudous à la fin, trop drôle !

Et si la nuit avait peur de toi ?
Peter Vargas / Benjamin Chaud, Milan, 2020, 12,90 €

Dès 3 ans

« Sais-tu que la nuit déteste le jour ? Â» Eh oui. C’est pour ça qu’elle se cache. C’est vrai ça, vous l’avez déjà vue pendant la journée ? Bah non ! Et quand le soleil se couche, elle en profite pour sortir.

Dans cet album Peter Vargas et Benjamin Chaud personnifient la nuit, pour la rendre sympa, un peu gourde peut-être. Et maladroite. Ils lui donnent même des émotions : la peur, voire la tristesse.

Du coup, ça fait rire ! et quand on rit, on fait des progrès, non ?

L’album nous montre aussi pourquoi certains adorent la nuit. Comme les chauve souris, ou les étoiles ; Si on y réfléchit bien, on ne pourrait pas admirer les étoiles si elle n’était pas là !

Alors, la nuit, il ne faut pas allumer la lumière, sinon, elle filera se cacher sous le lit (forcément !)

Tous les monstres ont peur du noir
Michaël Escoffier / Kris Di Giacomo, Frimousse, 2008, 15 €

Dès 3 ans

Dans la même veine, on ne peut pas passer à côte du duo de génie Michaël Escoffier / Kris Di Giacomo.

Dans cette album, ils nous dépeignent ces monstres terrorisés par le noir. Ils ont peur des bruits, des ombres… C’est pour ça qu’ils se cachent dans les commodes et les placards !

Ils auraient bien besoin de quelqu’un pour les rassurer !

🇫🇷Des bruits dans la nuit / 🇬🇧The very noisy night
Diana Hendry / Jane Chapman, 🇬🇧Little Tiger press, 1999, £ 7.99 / 🇫🇷 Mijade, 2001, 5,20 €
Dès 3 ans

Dans cet album charmant, avec des illustrations typiquement anglaises, une petite souris a peur, le soir seule dans son lit. Quels sont donc tous ces bruits ? Le vent, une branche qui tape sur la fenêtre, un hibou…

Son imagination lui joue des tours et elle va donc voir maman souris à chaque nouveau bruit inquiétant pour lui demander si elle peut venir dans son lit.

Voir notre article complet ici.

Armelle et Mirko
Anne Montel/ Loïc Clément/ Julien Arnal, Delcourt, 2023, 15,95€
Dès 5 ans

Dans un autre registre, cette petite BD (qui ressemble d’ailleurs presque plus à un album) est tellement mignonne que je ne pouvais pas résister à la mettre dans notre sélection.

Une petite tortue a tellement peur du noir qu’elle n’ose même plus se réfugier dans sa carapace. Heureusement, elle se liera d’amitié avec une luciole.

Voir notre article complet ici.

Émilie a peur du noir
Domitille et Guillaume de Pressensé, Casterman, 5,75 €
Dès 3 ans.

On ne dédramatise pas en riant dans ce livre, mais pour ceux qui voudraient partager des livres d’enfance, la collection Émilie est toujours d’actualité chez Casterman.

Quand la petite fille se réveille en pleine nuit, il fait tout noir et sa chambre lui fait peur. Papa et Maman la rassurent en allumant la lumière et en lui montrant que ce n’est que son imagination qui transforme les objets de son quotidien.

Voir la nuit sous un autre jour

Chut, il ne faut pas réveiller les petits lapins qui dorment
Amélie Jackowski, Le Rouergue, 2019, 14 €

Dès 2 ans.

Un livre comme un moment d’apaisement, pour rassurer les tout-petits à l’heure du coucher. Au fil des pages, on évoquera les petites choses de la nuit, visibles ou invisibles, mais bienveillantes. Un très beau tout-carton tout en douceur, pour s’abandonner à la nuit. 

Voire notre article complet ici.

Tout noir
Gilles Baum / Amandine Piu
Amaterra, 29,90 €

Dès 4 ans

🖤 💛 Énorme coup de coeur pour ce livre objet hors du commun !

Ce livre en accordéon ravira les petits comme les grands. Il se présente sous la forme d’une boite d’allumettes. Pour l’ouvrir et admirer ces 2,5m de merveilleux, il faut donc le retirer de son étui.

Nous nous téléportons alors à New York, en juillet 1977. Une panne de courant plonge la ville dans le noir. Une petite fille part à la recherche de sa maman, avec 3 allumettes seulement.

À chaque allumette qu’elle craquera, nous pourrons observer la ville sous un autre « jour » et la pagaille provoquée par cet évènement hors du commun.

2,50m de pages finement découpées, pleines de délicatesse, de poésie et d’inventivité. On s’amusera à observer la vie des gens à travers les fenêtres qui continue malgré l’obscurité, à construire une ville pour jouer en agençant les pages, ou même à faire un théâtre d’ombre avec une lampe de poche.

Car en apprivoisant le noir, en jouant avec, on finit par l’aimer !

🇫🇷Le noir / 🇬🇧The dark
Lemony Snicket / Jon Klassen,

🇫🇷Milan, 2015, 13,50 € / 🇬🇧Orchard, 2014,
Dès 5 ans.

Enfin un album sur la peur du noir sans monstres (même gentil) et sans loup

Laszlo, le petit garçon de cette histoire, a peur du noir. Ça tombe mal, le noir habite dans sa maison et se cache partout : dans le placard, à la cave… Un soir que la veilleuse du petit garçon s’éteint, le noir vient lui rendre visite et lui parle : il voudrait lui montrer quelque chose. À la lumière de la lampe de poche, Lazlo le suit à la cave. Mais le noir le rassurera… en l’emmenant au fin fond du plus noir du plus noir. C’est comme ça que, au fur et à mesure que la couleur noire s’adoucit dans l’album, le petit garçon comprend qu’il n’a pas de raison de s’inquiéter. Car sans obscurité, il n’y a pas de lumière.

Disponible en tout carton chez Milan également depuis 2022, mais je trouve que ce livre n’est quand même pas pour les plus petits.

Fanny et la nuit
Maylis Daufresne / Ian de Haes
Alice Editions, Histoires comme ça, 2020, 13,50€

Dès 4 ans

Lorsque la nuit tombe, Fanny a peur ; le noir, les couleurs, le silence, tout l’inquiète. Sa Maman lui suggère de parler à la nuit. Et la nuit va lui répondre, guider l’enfant dans ce monde qui lui semble si sombre.

Elle va lui en montrer sa beauté, la faire rêver et trouver les mots juste pour la rassurer.

Voire notre article complet ici.

🇬🇧 Orion and the Dark
Emma Yarlett
Templar Publishing, 2014, Paperback, £7.99

Dès 3 ans

Orion est un petit garçon qui a beaucoup d’appréhension, le monde a l’air emplit de choses qui font peur, mais ce qu’il craint par-dessus tout, c’est le noir.

Il essaie de convaincre son esprit par tout un tas de stratagèmes, mais lorsque l’heure du coucher revient, c’est inlassablement la même chose.

Mais une nuit qui commençait pourtant comme toutes les autres, Orion a demandé à l’obscurité de le laisser tranquille, c’est alors que quelque chose d’inattendu s’est produit .

L’obscurité est descendue dans sa chambre, ensemble ils explorent les lieux qui peuvent faire peur, puis les bruits inquiétants. Ils analysent d’où ils peuvent venir, et en même temps réalisent qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur.

Pour réaliser qu’il y a même du beau dans le noir, du rassurant parfois, que la nuit matérialisé en « personnage Â» est sympathique et qu’il n’y a pas de raison d’en avoir peur.

Après toutes ces découvertes, il est temps de rentrer à la maison car le jour se lève, il faut dire aurevoir à ce nouvel ami qu’on ne veut plus quitter mais dont on sait qu’il reviendra tous les soirs.

Emma Yarlett est une auteure/illustrateur de talent qui est d’ailleurs pour la plus part de ses livres traduit en français. Celui-ci sous le titre « L’enfant qui avait peur du noir » mais il n’est plus édité par Circonflexe.

Dreamworks en a même fait un film, disponible sur Netxflix sous le titre « La nuit d’Orion », je n’ai pas encore eu le temps de le regarder mais il semblerait qu’il soit très bien mais plutôt pour les 8/10 ans, on ne veut pas qu’ils fassent plus de cauchemars après avoir tenté de les rassurer avec les propositions de lecture.

Voilà… On aurait aimé appeler cette sélection « les livres jeunesse pour ne plus avoir peur du noir« , mais malheureusement, c’est un process… J’ai même vu des livres pour adultes… Donc patience.

Rassurez, accueillez… cela passera certainement bientôt, même si en temps que parent, on trouve ça long.

Nous avons d’autres livres sur ce thème sur notre blog (cliquez simplement sur l’étiquette peur du noir ou recherchez le thème peur du noir dans notre menu des grand thèmes en haut. Certains livres ne sont plus disponibles à la vente mais vous pourriez les trouver d’occasion !

Kushi

Cette BD était initialement sortie en petit format souple à l’italienne, et j’avais trouvé ça plutôt original. Elle est désormais disponible en version intégrale chez Dargaud, dans un format standard.

Kushi nous emmène dans la Mongolie des années 80. Orpheline, elle aime passer son temps à cheval dans la steppe, accompagnée de son fidèle chien-loup.

Apparue mystérieusement dans le village alors qu’elle n’était qu’un bébé, elle est considérée comme le mouton noir de sa communauté. Recueillie et élevée par une vieille chamane, elle agace et attise la méfiance des villageois qui la traitent de petite sorcière. Le fait qu’elle veuille se défaire de certaines traditions (on lui interdit de lutter comme les garçons, alors qu’elle les battrait à plates coutures) n’arrange d’ailleurs pas les choses.

Cependant, elle fait tout pour conserver le mode de vie ancestral et les richesses de la steppe,

Quand elle surprend Bold, un bandit local prêt à tous les crimes pour s’enrichir, en train de pêcher à la dynamite dans le lac sacré, son sang ne fait qu’un tour. Une lutte sans merci s’engage entre la jeune fille et l’escroc, qui semble être appuyé par le maire du village. Car lui aimerait moderniser la région.

Une BD dynamiques, avec une héroïne au caractère bien trempé. Les dessins m’ont fait penser aux dessins animés des années 80 que je regardais quand j’étais jeune.

Ma fille de 10 ans a adoré et attend la suite avec impatience.

Mon fils de 13 a trouvé que le texte n’était pas bien écrit (pas assez de virgules apparemment 😉 )

Les paysages de Golo Zhao donnent envie de partir à la découverte de la Mongolie en tous cas. Il est également aux manettes de la balade de Yaya, que nous vous présenterons dans un autre thème un peu plus tard cette année.

7 tomes sont parus, le dernier en Janvier !

À partir de 8 ans.

Patrick Marty / Golo Zhao
BD, Fei / Dargaud
9,50 €

L’integrale (T1 à T4) : 24,50 €

Gengis Khan et l’empire mongol

L’auteure est une historienne française spécialiste de la Mongolie et plus particulièrement de cette période. Elle réussit à nous offrir un portrait un peu plus réaliste du personnage qu’on imaginait de façon simpliste comme un barbare sanguinaire.

Khan signifie souverain, roi, le seigneur de l’Empire Mongol, quand on évoque encore aujourd’hui son nom, il évoque le sacré, on ne sait d’ailleurs toujours pas où se trouve la sépulture de Gengis Khan.
Il a initié la conquête d’un territoire qui fera plus de 6 millions de Km2 et les chinois préfère garder cette partie de leur histoire bien enterrée. Ils ont d’ailleurs tout fait pour que l’exposition montée en France ne voit jamais le jour en refusant de prêter les trésors qui sont en Mongolie intérieure, une région autonome appartenant à la République populaire de Chine. Les chinois préfèrent sans doute oublier que leur grand pays a été un jour gouverné dans sa totalité par un Empereur Mongol, Kubilai Khan, un des petits-fils de Gengis. Il est parfois plus adroit de raconter l’Histoire d’une façon moins humiliante ou de mettre de côté certains épisodes.

C’est au travers d’une bande dessinée que commence l’histoire de Temüjin, celui qui deviendra Gengis Khan et de ses descendants. L’auteure démarre le récit alors que le jeune enfant est emmené par son père vers sa promise, celle grâce à laquelle une nouvelle alliance va se créer. C’est le début de la conquête du territoire de celui qu’on appèlera aussi Le loup des plaines.

Après quelques pages de BD, une double page, sous forme de documentaire, aborde des notions, souvent peu connues puisque géographiquement lointaines de la culture mongole.

Au fur et à mesure de l’album, nos connaissance s’étoffent sur le personnage et son avènement, celui qui a pour la première fois de l’histoire uni les peuples de la steppe; mais aussi sur le mode de vie de ces clans et tribus à cette époque; leur croyances, leur rapport à la nature, les déplacements et stratégies des nomades liées aux intempéries.

Vous l’aurez compris, en plus de nous raconter la fabuleuse histoire de cette lignée peu connue en Europe, vos enfants apprendrons énormément sur la Mongolie et ses traditions. Tout comme mon fils de 12 ans, j’ai passé énormément de temps à explorer cet album que j’ai trouvé fascinant. Je pense qu’il s’adresse aux enfants à partir de 10 ans si ils sont intéressés par les récits historiques.

Le seul personnage dont j’avais déjà entendu parlé lors de mes cours d’Histoire est un aventurier vénitien qui aurait passé 20 ans auprès de Kubilai; Marco Polo, il constitue d’ailleurs le dernier chapitre de la BD. J’avais d’ailleurs vu la série Netflix il y a quelques années.

Il existe 11 albums dans la catégorie Bio en BD aux éditions petit à petit; je découvre avec cet album la collection, mais ils sembleraient qu’ils soient tous de qualité.

Je vous recommande le podcast du Musée de l’histoire de Nantes « Les mémoires vives » sur l’histoire fantasmée de Gengis Khan dans lequel vous pourrez entendre Marie Favereau nous parler avec enthousiasme de son sujet de prédilection.

Je ne sais pas du tout ce que ça vaut mais au London Coliseum, il y a un spectacle pour les 12+ « The Mongol Khan », joué par une troupe mongole.

Marie Favereau Doumenjou/ Laurent Seigneuret/ Julie Poinçot (Couleurs)
Editions Petit à Petit, Collection Docu-BD, Bios en BD, 64 pages, 2020
14,90€