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Emilie

Domitille de  Pressensé s’est fait connaître dès le milieu des années 70 avec les très nombreux volumes de sa série Emilie. A l’époque, ils ressemblaient à ça.

Vous en souvenez-vous ? C’était cette adorable fillette, toute de rouge vêtue, que ce soit une robe, un manteau, un maillot de bain ou une chemise de nuit. Elle ne quittait d’ailleurs jamais sa cagoule rouge à moustaches de chat, même dans son bain ! (oui, moi aussi j’ai toujours trouvé ça bizarre, mais après tout pourquoi pas. Si quelqu’un d’autre a une autre théorie sur cette histoire de cagoule à moustaches, je suis preneuse).

Niveau personnages, Emilie a un grand frère (Stéphane), une petite sÅ“ur (Élise), des parents (qu’on ne voit d’ailleurs jamais, de mémoire), et surtout un hérisson (Arthur) – la classe quand même d’avoir un hérisson comme copain – et des amis.

Les albums d’Emilie racontent la vie quotidienne d’une petite fille ordinaire, ses petits problèmes, ses peurs, ses caprices, ses bêtises (pour notre plus grand plaisir) et aussi ses grandes joies avec bienveillance et délicatesse.

Les textes sont écrits en gros, avec souvent des lettres de couleurs différentes pour nous aider à apprendre à lire.

Je vous présente ici quelques pages d’Emilie ne veut pas se laver, que nous avons retrouvé à la campagne. Dans ce tome, il est l’heure de prendre son bain mais évidemment, comme tous les enfants, Emilie ne le voit pas de cet oeil là. Elle va jusqu’a sortir de la maison pour y échapper. Elle finira quand même dans la baignoire… et refusera d’en sortir !

Aujourd’hui encore, alors que mes enfants ont 7 et 10 ans, je suis souvent confrontée au même problème ; ils ne veulent pas aller prendre leur bain (ou leur douche). Et tous les soirs, j’ai droit à la même rengaine : « C’est pas moi qui y vais en premier ! » ou « Oh mais non ! C’était déjà moi en premier hier ! ». Et évidemment ils ne veulent jamais sortir une fois trempés dans l’eau chaude. Comme quoi rien n’a changé.

Retour à notre époque.

Domitille de Pressensé a donné une nouvelle vie à la petite fille en rouge. Les albums ont été entièrement redessinés, les histoires revisitées, l’univers décliné en albums toujours, mais aussi en imagiers

Émilie

ou en premières lectures, avec la collection je commence à lire avec Emilie qui s’adresse aux enfants niveau CP.

Tricheur !

Imagiers à partir de 1 an
Albums partir de 3 ans (A paraitre : T30 : Emilie a peur du noir)
Premieres lectures à partir de 6 ans.

Emilie / Je commence à lire avec Emilie
Domitille de  Pressensé
Album / Broché

Casterman
5,75 € / 5,95 €

La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca

Le texte fut édité pour la première fois en 1967, il y a 13 contes dans « Les contes de la rue Broca », chacun raconte une histoire différente et la rue Broca, c’est un repère géographique qui permet au lecteur de se situer. La famille de Papa Saïd est présente dans plusieurs des nouvelles.

Dans ce livre, il y a 7 nouvelles. Evidemment, la nouvelle la plus connue c’est la première, celle de « La Sorcière de la rue Mouffetard » qui pense qu’elle va devenir jeune et jolie si elle mange une petite fille à la sauce tomate dont le prénom commence par la lettre « N ».
Et sur qui va-t’elle jeter son dévolu? Nadia, l’ainée de Papa Saïd qui tient l’épicerie-buvette de la rue Broca; la sauce tomate et la petite fille en une seule fois. La sorcière est maligne, mais pas autant que les enfants!
C’est amusant, avant on disait des vieilles femmes au menton poilu ou avec une verrue que c’étaient des sorcières. Aujourd’hui, on se garderait bien de faire des commentaires sur le physiques des dames âgées…

Il y a souvent des petits refrains qui reviennent ; c’est agréable pour la lecture les ritournelles, les enfants aiment bien et du coup, des années après, on s’en souvient!
« Sorcière, sorcière, Prends garde à ton derrière! »

Personnellement, j’aime beaucoup « La fée du robinet », l’histoire de la fée qui sort après minuit et rencontre deux soeurs à qui elle attribue des « dons » qui ne s’avèrent pas être des cadeaux.

Il a un peu vieilli ce livre, forcément, on parle en nouveaux francs, de tiroir-caisse mais ça n’empêche pas les enfants d’adorer. Mon fils a lu à sa soeur toutes les histoires, et pas qu’une fois! Ils ont particulièrement aimé « Le géant aux chaussettes rouges » et « La fée du robinet ».

Si vous aviez aimé ce livre alors vous trouviez les autres contes de la rue Broca dans « Le gentil petit diable ». Ça vous rappelle quelque chose?

Le Gentil Petit Diable Et Autres Contes De La Rue Broca | Rakuten

Pierre Gripari/ Puig Rosado
Folio Junior, Gallimard Jeunesse, Contes, 144 pages, 2007
6,80€

Miffy 🇫🇷 🇬🇧

Vous souvenez-vous de ces petits livres pour les tout-petits de Dick Bruna ?

J’en avais deux quand j’étais petite : Miffy au zoo et le cirque. Je les ai tellement lus que je suis surprise qu’ils soient toujours en si bon état après 40 ans.

Dick Bruna était un auteur-illustrateur et designer Hollandais (il nous a quitté il y a quelques années en 2017). Il a publié plus de 200 livres, les plus connus étant sans aucun doute ceux mettant en scène Miffy. 

Miffy, c’est ce si charmant petit lapin stylisé à l’extrême.

Quand je revois ces illustrations aujourd’hui, je fonds. Incroyable de transmettre tant de choses avec des dessins si simples. Contours ultra épais et seulement quelques couleurs : vert, bleu, jaune, noir, blanc et rouge (puis orange) uniquement.

Il y a tellement d’albums que je n’en présenterai pas un en particulier. Les livres racontent avec tendresse des histoires proches du quotidien des enfants de 0 à 4 ans : le parc, la maison, l’école, le bain, la mer, la naissance … ils sauront forcément s’identifier facilement à ces situations. Les illustrations sont en général en pleine page d’un côté, avec un court texte de l’autre.

En France, j’ai l’impression qu’il est malheureusement difficile de les trouver neufs. Mais le marché de l’occasion recèle toujours de nombreux trésors ! Et on peut encore trouver les albums les plus récents, comme les tout carton ou le livre sonore.

En Angleterre, ce n’est pas un problème. Vous trouverez des versions ré-éditées et il y en a souvent dans les charity shops.

Il y a également de nouvelles versions beaucoup plus modernes tirés du dessin animé. Franchement, je trouve que nous sommes à l’opposé des dessins originaux, si simples. Et elles ne me font pas vraiment envie.

A partir d’1 an.

Miffy
Dick Bruna
Album 16x 16cm (pour les originaux), environ 32 pages

🇫🇷 Editions Tourbillon et Castelmore
🇬🇧 Simon & Schuster

Marion Duval

Marion, l’héroïne de mes jeunes années…Elle avait une coupe de garçon, elle était effrontée et curieuse, avait des prétendants et il lui arrivait toujours un tas d’aventures. Je l’avoue, ça me faisait rêver!
L’année dernière, mon fils m’en a rapporté un de la bibliothèque de l’école, et j’ai retrouvé, avec plaisir les aventures de ce petit bout de femme qui m’inspirait tant.

C’est dans Astrapi que le personnage apparaitra pour la première fois. Yvan Pommaux a proposé à Bayard une série avec une héroïne de 12 ans, qui raconterait « une aventure policière sentimentale ».
Marion vit à Paris avec son Papa qui est journaliste pour Super Hebdo, il est amoureux de la très mystérieuse Esther, et Marion a le béguin pour le fils d’Esther, Fil.

Un de mes préféré était « Un croco dans la Loire ». Je me rappelle, l’attente, avec impatience, de recevoir le prochain Astrapi pour découvrir la suite de cette BD.
Un vieux Monsieur dit avoir vu un crocodile en pêchant dans la Loire, le père de Marion part à la chasse au scoop pour son journal. Marion, l’accompagne car Fil (que Marion a déjà rencontré dans des épisodes précédents) lui a passé un coup de téléphone étrange, en relation avec La Loire.
Le premier époux d’Esther, une homme peu scrupuleux, retient Fil et la trop curieuse Marion prisonnière dans sa luxueuse propriété en bord de Loire.

En 2007, a commencé la parution des « intégrales », des albums qui regroupent 3 aventures chacun dans la collection BD Kids de Bayard, j’en offre un de temps en temps à mon fils, et je les relis, dès que j’ai un peu de temps. Ça n’a pas trop vieilli, Marion n’a pas vieilli non plus et ses enquêtes plaisent visiblement autant aux filles qu’aux garçons, il est facile de s’identifier.

Yvan Pommaux, je suis certaine que vous le connaissez, il écrit et illustre toujours pour la jeunesse, notamment chez l’école des loisirs, avec dernièrement une très belle série d’albums sur la mythologie.

Yvan Pommaux
Intégrale Tome 2, BD Kids, BD souple, 144 pages, 2014
17,90€

Barbapapa

Sans hésiter, les livres des Barbapapa sont ceux qui ont été les plus lus, relus, re-relus, re-re-relus de la maison. Après 40 ans de bons et loyaux services, je crois que mes parents pourraient tous les réciter par coeur à force de les lire à mon frère, puis à moi, puis à mes enfants puis à leur cousin ! La dernière petite cousine est en âge de s’y mettre, et elle les aimera tout autant sans aucun doute.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, les Barpapapa ont vu le jour dans les années 70 grâce au duo franco-américain Annette Tison et Talus Taylor (qui nous a malheureusement quittés il n’y a pas si longtemps).

C’est une famille de personnages en forme de poire qui peuvent se transformer à volonté (en machines, en avion, en animaux, en instruments de musique, en manèges…tout est possible !).

Dans la famille des Barbapapa donc, on trouve : Barbapapa et Barbamama (les parents), Barbidur (le rouge qui est fort et qui aime le sport), Barbidou (le jaune qui aime les animaux et la nature), Barbibul (le bleu qui aime les sciences), Barbalala (la verte qui aime la musique), Barbabelle (la violette coquette), Barbotine (l’orange intello), et Barbouille (le noir et le seul Barbapapa à poils longs, l’artiste).

les Barbapapa vivent des aventures (parfois extraordinaires) aux côtés des humains (qui ne veulent pas d’eux au départ, mais qui finalement les respectent et les aiment car ils leur rendent pas mal de services en tous genre).

Recherche de l’âme soeur, famille, déménagement, école, voyages, solidarité, respect de l’environnement (et oui, c’était plutôt précurseur au milieu des années 70), ces albums abordent de nombreux thèmes, toujours d’actualité, et n’ont pas pris une ride.

Les textes sont courts et décrivent les illustrations succinctement. Cela laisse la place à la discussion avec les petits lecteurs, qui regarderont ces dessins attachants aux couleurs gaies et douces.

Grace aux Barbapapa, on apprend les couleurs, le nom des objets et des animaux grâce à leurs transformations. On aime tout de suite ces petits personnages tout en rondeur et aux jolies couleurs, si gentils et bienveillants.

Je vous conseille quand meme de commencer par Barpapapa et Le voyage de Barbapapa qui racontent le début de l’histoire, la recherche de Barbamama et la naissance des Barbabébés.

Un classique pour tous les enfants !

Initialement, nous avions dans notre jeunesse ces albums cartonnés format paysage. Ils ont été réédités récemment.

De nombreux albums carrés ont vu le jour également, mais je trouve qu’ils n’ont pas le même charme que les originaux.

Et pour les gros fans, je conseille également les dessins animés pour retrouver les héros : avec un format de mini épisode, c’est l’idéal pour les petits ! Ca laisse le temps de préparer le dîner et d’exercer leurs petites oreilles au Français tout en douceur.

A partir de 2 ans.

Barbapapa
Annette Tyson /Talus Taylor
Album, 32 pages, Les livres du dragon d’or
9,95 €
(Edition découverte en album souple : 3,50 €)

La sorcière habite au 47

Pour commencer l’année 2021, nous avons décidé que nous allions vous emmener vers nos greniers.
Ne sommes-nous pas tous un peu nostalgiques de notre enfance?
Suite à un article lu dans un magazine, un petit tour dans le grenier de mes parents et des lectures lues par les maîtresses de mes enfants: nous avons pensé que vous présenter quelques livres que nous lisions enfants et que l’on peut toujours trouver en librairie vous ferait plaisir.

Pour ce premier livre, je l’ai re-entendu l’année dernière. Lors du confinement, la maîtresse de ma fille proposait quelques pages d’une histoire tous les jours, c’était un peu le moment où j’étais libre de faire autre chose mais je ne pouvais pourtant m’empêcher de tendre une oreille pour écouter l’histoire.
Ce titre, je m’en souvenais bien, car c’était celui de l’une de mes « J’aime Lire » préféré, c’était en 1984, je l’ai lu et relu des dizaines de fois. Il faut dire qu’à l’époque, nous n’avions pas tant de choix en littérature jeunesse et « J’aime Lire » proposait de nombreuses lectures de qualité!

Donc, je fonds, je repars en arrière avec ma fille (je lui ai acheté la nouvelle version avec les illustrations d’Eglantine Ceulemans), tout autant prise par cette histoire qui reste indémodable.
N’avons-nous tous pas un voisin ou une voisine dont on pense qu’elle/il est un peu « bizarre » et que peut-être il a des pouvoirs?

Dans ce livre, Vincent, un enfant serviable et poli, va déposer son courrier à la nouvelle locataire du numéro 47.
Une vieille femme d’une laideur inouïe, l’accueille avec un petit rire grinçant. En quelques secondes, Vincent apprend à ses dépends que la nouvelle voisine est une sorcière et qu’elle a décidé que Vincent serait à son service.
Il devient l’esclave de la sorcière et à chaque fois qu’il essaie de prévenir quelqu’un, il dit exactement l’inverse de ce qu’il voulait dire.

Comment va-t’il se débarrasser du problème? Vincent est un enfant qui est aussi malin, vous souvenez-vous de la fin de l’histoire?

C’est un gros coup de coeur et beaucoup d’émotion (pour moi), si vous ne l’avez pas lu enfant, je vous garantis qu’il plaira à votre enfant. Une parfaite petite lecture pour ceux qui commencent à lire. J’adore Eglantine Ceulemans, j’achète quasiment tous ses livres, donc je suis ravie de ces nouvelles illustrations mais néanmoins un peu nostalgique de celles de Vincent Penot…

Nicolas de Hirsching/ Eglantine Ceulemans
J’aime Lire, Bayard Editions, Broché, 46 pages, 2018 (pour la nouvelle édition)
6,50€

L’enfant, la taupe, le renard et le cheval ðŸ‡«ðŸ‡·

Ce livre m’a tapé dans l’oeil la première fois où j’ai posé mon regard dessus chez Waterstone l’hiver dernier. L’écriture à la plume et les illustrations façon croquis avec des touches d’aquarelle m’avaient complètement séduites. J’ai résisté, résisté, me disant que c’était plus un cadeau pour moi que pour les enfants… Et j’ai fini par craquer quelques semaines plus tard.

Charlie Mackesy a débuté comme caricaturiste pour The Spectator et comme illustrateur pour Oxford University Press avant d’exposer dans des galeries. À 50 ans, il a commencé à dessiner les aventures de ces quatre personnages depuis sa maison proche de Londres.

Je ne sais pas vraiment comment classer cet album ; il aurait sa place au rayon jeunesse, au rayon adultes, au rayon livres d’art, au rayon philosophie, ou contes, ou poésie… Et quelque part, j’adore le fait qu’on ne puisse pas mettre les livres dans des cases. C’est très réducteur. Néanmoins, je vais faire de mon mieux pour vous le décrire (et vous persuader de le lire !)

Cet album est un genre de petit conte philosophique. On peut le lire en entier, ou alors décider de n’en lire que quelques pages et de s’en imprégner pour la journée.

C’est de cette façon que j’ai décidé de le lire. Petit bout par petit bout, au gré de mes envies et de mes humeurs. Quelques pages par ci, quelques pages par là. Car c’est un livre qui fait réfléchir, mais aussi rêver. Il laisse part à l’interprétation de chacun, en fonction de son vécu et de ses humeurs.

Ce livre donc, raconte une histoire d’amitié entre un enfant et une taupe ultra gourmande, enthousiaste et pleine de sagesse. Se joindront à eux un renard souvent silencieux, que les épreuves de la vie ont rendu méfiant et un cheval, serein et doux malgré sa stature.

Il semblerait que les quatre personnages représentent les différentes facettes d’un être humain : l’enfant est curieux, la taupe enthousiaste et gourmande,
le renard blessé et méfiant, et le cheval, représente la partie la plus profonde de nous, l’âme.

Tous les quatre explorent le vaste monde et se posent des questions. Au fil des pages, leurs conversations abordent le sens de la vie, ce qui est essentiel ou non… Ils traversent des tempêtes. Malgré leurs différences, ils s’encouragent, s’entraident et surtout, apprennent à s’aimer.

Tout est beau dans ce livre. Les illustrations à l’encre (une centaine) alternent noir et couleurs et nous touchent autant que les mots, eux aussi écrits à l’encre. Philosophie, douceur, calme, sérénité, bienveillance.

Et si ça ne suffisait pas, cet album est un beau livre. Un format agréable ni trop grand, ni trop petit (17 x 22 cm). Epais mais pas trop lourd. Une reliure en toile d’un bleu profond sur lequel se détachent les lettres dorées. Le titre et le nom de l’auteur-illustrateur sont écrits à la plume avec un vernis métallique discret. Un papier épais, brillant mais pas trop. Même la page de garde est musicale et poétique !

Bref, un livre merveilleux pour dire l’importance de l’amitié et de l’amour.

A mettre entre toutes les mains, celles des enfants comme celles des adultes.

The boy, the mole, the fox and the horse 🇬🇧 / L’enfant, la taupe, le renard et le cheval 🇫🇷
Charlie Mackesy (Laurent Becaria pour la traduction)
Album, 126 pages
Penguin, 2019
/ Les arènes, septembre 2020
£16.99 / 18 €

The boy, the mole, the fox and the horse ðŸ‡¬ðŸ‡§

Ce livre m’a tapé dans l’oeil la première fois où j’ai posé mon regard dessus chez Waterstone l’hiver dernier. L’écriture à la plume et les illustrations façon croquis avec des touches d’aquarelle m’avaient complètement séduites. J’ai résisté, résisté, me disant que c’était plus un cadeau pour moi que pour les enfants… Et j’ai fini par craquer quelques semaines plus tard.

Charlie Mackesy a débuté comme caricaturiste pour The Spectator et comme illustrateur pour Oxford University Press avant d’exposer dans des galeries. À 50 ans, il a commencé à dessiner les aventures de ces quatre personnages depuis sa maison proche de Londres.

Je ne sais pas vraiment comment classer cet album ; il aurait sa place au rayon jeunesse, au rayon adultes, au rayon livres d’art, au rayon philosophie, ou contes, ou poésie… Et quelque part, j’adore le fait qu’on ne puisse pas mettre les livres dans des cases. C’est très réducteur. Néanmoins, je vais faire de mon mieux pour vous le décrire (et vous persuader de le lire !)

Cet album est un genre de petit conte philosophique. On peut le lire en entier, ou alors décider de n’en lire que quelques pages et de s’en imprégner pour la journée.

C’est de cette façon que j’ai décidé de le lire. Petit bout par petit bout, au gré de mes envies et de mes humeurs. Quelques pages par ci, quelques pages par là. Car c’est un livre qui fait réfléchir, mais aussi rêver. Il laisse part à l’interprétation de chacun, en fonction de son vécu et de ses humeurs.

Ce livre donc, raconte une histoire d’amitié entre un enfant et une taupe ultra gourmande, enthousiaste et pleine de sagesse. Se joindront à eux un renard souvent silencieux, que les épreuves de la vie ont rendu méfiant et un cheval, serein et doux malgré sa stature.

Il semblerait que les quatre personnages représentent les différentes facettes d’un être humain : l’enfant est curieux, la taupe enthousiaste et gourmande,
le renard blessé et méfiant, et le cheval, représente la partie la plus profonde de nous, l’âme.

Tous les quatre explorent le vaste monde et se posent des questions. Au fil des pages, leurs conversations abordent le sens de la vie, ce qui est essentiel ou non… Ils traversent des tempêtes. Malgré leurs différences, ils s’encouragent, s’entraident et surtout, apprennent à s’aimer.

Tout est beau dans ce livre. Les illustrations à l’encre (une centaine) alternent noir et couleurs et nous touchent autant que les mots, eux aussi écrits à l’encre. Philosophie, douceur, calme, sérénité, bienveillance.

Et si ça ne suffisait pas, cet album est un beau livre. Un format agréable ni trop grand, ni trop petit (17 x 22 cm). Epais mais pas trop lourd. Une reliure en toile d’un bleu profond sur lequel se détachent les lettres dorées. Le titre et le nom de l’auteur-illustrateur sont écrits à la plume avec un vernis métallique discret. Un papier épais, brillant mais pas trop. Même la page de garde est musicale et poétique !

Bref, un livre merveilleux pour dire l’importance de l’amitié et de l’amour.

A mettre entre toutes les mains, celles des enfants comme celles des adultes.

The boy, the mole, the fox and the horse 🇬🇧 / L’enfant, la taupe, le renard et le cheval 🇫🇷
Charlie Mackesy (Laurent Becaria pour la traduction)
Album, 126 pages
Penguin, 2019
/ Les arènes, septembre 2020
£16.99 / 18 €

Harry Potter 🇬🇧🇫🇷 – édition illustrée

Ici, à 9 ans, nous sommes en plein dans la découverte d’Harry Potter, en Anglais.
Comme c’était un gros challenge (en terme de nombres de pages en Anglais) pour mon fils, une amie lui a offert cette version illustrée, c’est un très gros livre, mais évidemment la lecture est entrainée par toutes ces belles illustrations.

Avec son Papa, ils ont lu les pages à tour de rôle, ce qui rend la lecture plus abordable. Je ne vais pas vous présenter Harry Potter, j’imagine que tout le monde a entendu parler des chroniques de ce jeune sorcier.


J’écoutais un webinair pendant le SLPJ 2020 qui parlait des séries : un sujet très intéressant dont Bayard a eu l’idée: « Les séries, une porte d’entrée vers la lecture ».

Les autrices nous expliquaient ce qui était rassurant pour les enfants dans la série, ce qui les engageait à lire.

Tout comme pour les adultes, à la télévision ou dans la lecture, les enfants adorent les séries. Il y a souvent une multitude de personnages dans lesquels on se reconnait ou pas, mais on s’attache à eux.

Et au fur et à mesure des épisodes, on veut savoir ce qui leur arrive, on veut les retrouver. Les autrices présentes disaient toutes deux ne pas savoir ce qu’elles écriraient dans le prochain opus, c’est une écriture spontanée dans le synopsis mais pas dans la trame de fabrication ; la construction est identique.
Elles décrivent « un pacte conclu avec le lecteur » au delà de l’histoire, c’est confortable et familier.
Mais aussi, une exigence dans l’action, les intrigues doivent rester ouvertes pour les compléter dans les épisodes à venir.

J’imagine que J.K. Rowling a adapté ces techniques pour faire de cette série un Best-Seller et la série la plus vendue au monde depuis le premier volet paru en juin 1997.
Cette série est classée dans l’univers du Fantastique.
Chaque livre correspond à une année scolaire de Harry, ce qui est très ingénieux car l’enfant qui lit le livre grandit avec Harry et ses préoccupations d’enfant, puis pré-ado puis ado.
Le premier livre, celui-ci, s’adressait initialement à des enfants entre 9 et 11 ans.

Vous trouverez ici, une vidéo de Jim Kay, travaillant sur les illustrations des livres d’Harry Potter. Vous pourrez constater qu’il travaille avec beaucoup de maquettes pour ce qui est compliqué à illustrer.

Chez nous, le Père Noël apportera Harry Potter and the Chambers of Secrets« . Est-ce qu’il y aura un Harry Potter sous votre sapin?

J.K Rowling/ Jim Kay
Album géant, 248 pages, 2015
Bloomsbury Publishing Plc, 30£ 🇬🇧

Gallimard Jeunesse, 39€ 🇫🇷

🇫🇷 Animaux sauvages: Voyage en Terres du Nord/Voyage en Terres du Sud – 🇬🇧 Wild animals of the South/North

Mon fils, depuis toujours adore les animaux, et particulièrement ceux d’Afrique. Il les aime tellement qu’à 9 ans, il envisage sérieusement de devenir soigneur dans une réserve.
Ce livre lui avait été offert à Noël par sa Mamie (le deuxième a suivi de près), il y a quelques années mais régulièrement, on le ré-ouvre, pour continuer de s’émerveiller de ces illustrations si graphiques. Je les trouve personnellement très beaux et prends plaisir à les regarder avec lui, car, je l’avoue, moi aussi j’adore les animaux!
C’est un grand format, qui vous entraine à la découverte des continents du Nord pour l’un, du Sud pour l’autre, dans les endroits les plus reculés de l’hémisphère Nord ou Sud: une belle invitation au voyage.

Les animaux sont dessinés dans leur habitat naturel, les textes sont brefs, mais nous livrent quelques détails sur leur mode de vie ou leurs caractéristiques. L’auteur a choisi les animaux en fonction de ses envies, il a décidé quand il y aurait un texte ou pas (et sélectionné le contenu): ce n’est pas une encyclopédie, vous l’aurez compris, c’est juste un très beau livre, avec de grandioses illustrations pleine page ou double page.

L’auteur, illustrateur est allemand, il vient du milieu de la Communication et du Design, et travaille beaucoup pour la presse.
Pour obtenir ce résultat, il commence par dessiner au crayon les caractéristiques principales de l’animal, puis il transforme sur son ordinateur ses lignes en vecteurs et formes géométriques pour ensuite être mis en couleurs. Grâce aux colorations, une image en 3D semble apparaitre alors qu’en réalité c’est un dessin à plat.

Les livres ont été traduits dans plusieurs langues, ils existent donc en Anglais. Et l’auteur va sortir très prochainement un album de coloriages dérivé de ces albums documentaires.

C’est le deuxième album documentaire que je vous propose cette semaine, ils ont tous deux été réalisés par des personnes venant du Design et de la Communication, je pense que je suis attirée par ce genre d’ouvrages car ils sont originaux. J’espère qu’ils vous plairont.

🇫🇷 Animaux sauvages – Voyage en terres du Nord / du Sud
🇬🇧Wild animals of the South / North

Dieter Braun/ Traduction Nelly Lemaire
Documentaire Nature, 144 pages, 2016 et 2017
🇫🇷
Editions Milan, 22€
🇬🇧 Flying Eye Books, £20