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La promenade

Nous retrouvons ici la petite équipe de chiens que je vous avais déjà présenté avec l’album « Le fauteuil« , à l’époque, ils se disputaient pour savoir qui prendrait place dans le nouveau fauteuil.

Le plus gentil des petits toutous, c’est Cookie, et aujourd’hui, il est trop content parce que son maitre l’emmène (rien que lui) au parc. Enfin en tous les cas il lui met la liasse autour du cou et il le sort. Évidemment, les copains sont jaloux, sur le chemin il croise pleins d’autres chiens mais au bout d’un moment, il réalise qu’il ne prend pas la direction du parc.

Mais il est trop tard…Cookie réalise que son maitre le traine chez le vétérinaire, c’est à reculons qu’il entre dans le cabinet. Les compagnons a quatre pattes n’ont pas l’air en forme ici…il n’a aucun raison d’y être lui, il se sent très bien!

On comprend que Cookie a avalé les clefs de son maitre et il rentre au bercail avec une collerette, cela va sans dire que les autres ne vont pas louper l’occasion pour se moquer de ce pauvre Cookie, mais il sera tout de même récompensé avec quelques galeries et un bon film à la télévision.

C’est vraiment dans la même trame que le premier. L’enfant peut tout à fait s’identifier au gentil petit chien qui se comporte bien chez le Docteur et en sera récompensé.

Toujours ces illustrations simples et colorées qui plairont énormément aux enfants. Sur chaque double page, un court texte et des bulles façon BD, parfaites pour ce genre de situation ultra vivante.

Arnaud Boutin
Sarbacane, Album, 40 pages, 2020
14,90€

Le chat le plus mignon du monde

Enfin, ses parents ont dit oui ! Elle peut avoir un chat ! Elle part donc à l’animalerie et choisit le plus mignon des chats mignons.

De retour à la maison, c’est la grande entente. Mais au bout de quelques jours, une question se pose… pourquoi le chat ne veut-il jamais leur montrer son visage ? Ils tenteront tout pour essayer de l’observer de face ! Et finiront par avoir une surprise de taille !

On avait adoré Vincent Pianina avec son album Ours Molaire ! On rigolera bien également avec celui-ci !

Un album très drôle et plein de tendresse, qui évidemment, redonnera l’idée à vos enfants de vous demander un chat (si tant est qu’ils l’avaient oubliée) !

À partir de 3 ans .

Vincent Pianina
Editions Thierry Magnier

Album, 48 pages, 2017
12,50€

La mort, le deuil : notre sélection de livres pour vous accompagner dans cette épreuve

Pas facile d’aborder ce sujet, mais il est pourtant tellement important de parler au moment où un être cher meurt. Dans nos civilisations actuelles, en Occident, la perte n’existe plus, on remplace tout, il y a pourtant des choses irremplaçables : les êtres, les animaux ou les humains.


Il y a deux ans, lorsque j’ai été confrontée à la mort de mon Papa, j’ai cherché des livres, pour pouvoir parler de la mort, de la transmission et du deuil avec mes enfants.
Et, ça a été très compliqué ; déjà parce que dans l’urgence, et parce que dans ces moments là, on n’a pas l’esprit très clair.

Une psychologue de l’équipe soignante m’a donné des références pour les adultes, mais ce que je cherchais moi, c’était des livres pour les enfants, avec des mots adaptés. Je ne voulais pas qu’un adulte m’explique comment parler de la mort avec mes enfants, je voulais leur lire des livres qui leur en parleraient, avec des mots différents des miens.

[« Euh… »c’est Delphine Horvilleur qui le dit. Je rejoins assez souvent le point de vue de cette femme qui a toujours des réflexions intéressantes sur la vie. Je me permets donc une petite parenthèse (mise à jour) de mon article parce que il est sans doute utile, après réflexion, pour certains de savoir « Comment parle de la mort aux enfants ». J’ai donc acheté ce partage d’expérience personnelle écrit par une autrice que je chérie et qui s’avère par ailleurs être souvent confrontée à la question en sa position de rabbin. Si j’avais du talent, j’aurai eu les mots de Delphine Horvilleur

Euh…Comment parler de la mort aux enfants
A lire en famille
Bayard/ Grasset, Essai, 108 pages, Avril 2025
14,90€
]

Et puis, cette année, j’ai une amie qui a perdu son Papa, très brutalement. Elle a pensé à moi pour lui donner quelques références de livres et j’ai pensé, que mon deuil fait, il était temps pour moi d’aider les autres dans ce moment très douloureux par quelque chose que je m’efforce de faire de mon mieux : recommander des livres.

Alors pour compléter le thème et avec un peu plus de recul de mon côté, j’ai emprunté, acheté énormément de livres sur le sujet, car finalement, il en existe beaucoup. Et je trouve d’ailleurs que récemment, dans les deux dernières années, c’est un sujet qui est assez souvent abordé en littérature jeunesse.

Ce que je disais à mon amie, c’est qu’il était important de pouvoir en parler avec les enfants, quel que soit leur âge et que le livre apporte un bon support pour lancer la discussion. Mais, en revanche, je vous suggère de n’en choisir que 1 ou 2, inutile de leur proposer la sélection complète.
Ils sont parfois dans l’abnégation complète, refusent d’en parler, il ne faut pas les forcer mais les emmener adroitement vers la discussion.
Je vous recommande plutôt de choisir quelques albums rigolos pour alterner les lectures et essayer de passer un bon moment, vous aussi avec votre enfant dans cette période difficile.

Je ne vais pas pouvoir parler de tous les livres que j’ai lus ces derniers mois sur le sujet, mais voici ma sélection, qui j’espère vous aidera.

Pour les plus petits

🇬🇧 Missing Mummy, à partir de 3 ans
Rebecca Cobb
Mac Millan, Album souple, 32 pages
£7,99

Un livre sur la perte d’un parent, un livre en anglais, parce que si vos enfants sont à la crèche ou en école anglaise, ce sera peut être plus facile de le faire en anglais. Il a été traduit en français sous le titre Au revoir Maman.
Cette histoire commence par un jour pluvieux ou tout le monde est en noir sauf les enfants et il faut dire au revoir à Maman. Le narrateur est un enfant, il comprends qu’il faut dire au revoir mais ne réalise pas vraiment bien où cette Maman est partie. Donc, l’enfant cherche sa mère, il ne comprend pas pourquoi elle est partie sans lui. Il laisse des fleurs auprès d’une tombe, mais elle ne vient tape les chercher. Il/elle a peur, il est en colère, c’est injuste cette situations ! Et quand finalement l’enfant demande à son Papa quand sa maman reviendra, il lui explique qu’elle est morte et il commence à expliquer ce que ça veut dire, ce que ça va signifier pour eux dans le quotidien. Et que même si sa Maman lui manque, elle restera quelque part là tout près de son coeur à jamais. Ce livre est très émouvant, sincère et éprouvant.

La croûte, à partir de 3 ans
Charlotte Moundlic/ Olivier Tallec
Père Castor, Flammarion Jeunesse, Album, 32 pages
10,50€

Un petit garçon nous raconte la mort de sa Maman, il est seul, avec son Papa. Cette mort, visiblement, elle était prévue ; il sait très bien ce qu’il va se passer, il est en colère. Comment vont-ils faire sans elle? Ce Papa qui ne sait rien faire, ce Papa perdu, qui pleure…les jours passent, l’enfant a peur d’oublier : l’odeur, la voix. Lorsqu’il s’écorche le genou dans le jardin, il entend la voix rassurante de sa Maman, alors il gratte la croute tout le temps pour continuer d’entendre cette voix qu’il aime tant. Il veut s’occuper de son Papa, de sa Mamie, mais c’est trop, alors il craque et enfin, il pleure, il pleure , il s’abandonne à la tristesse. Finalement la croûte a cicatrisé et une peau neuve est apparue à la place de la blessure. C’est beau cette symbolique d’une blessure qui cicatrise, ça peut facilement parler aux enfants.

Au revoir Papa, à partir de 3 ans
Emmanuelle Eeckhout/ Emile Jadoul
Pastel, L’école des Loisirs, Album, 24 pages
12€

Ça fait longtemps maintenant que Papa est parti, mais c’est toujours aussi difficile à accepter. Le narrateur est de nouveau l’enfant, et la Maman refait sa vie. A t-on le droit de faire entrer dans sa vie un homme autre que son Papa ? A-t’on le droit de rire et s’amuser de nouveau?


Mais aussi:
Le grand voyage de Gouti, que j’ai déjà présenté par le passé.

Les deux références ci-dessous, même si elles sont sous forme de récits, ressemblent plus à des documentaires.

Si on parlait de la Mort, à partir de 2 ans
Docteur Catherine Dolto/Colline Faure-Poirée

Gallimard Jeunesse Giboulées, Collection Mine de Rien, 28 pages
6,50€

L’incontournable livre du Docteur Catherine Dolto, la fille de Françoise, elle est spécialisée dans les livres sur la santé des enfants.
Elle commence rapidement par expliquer que tout ce qui vit, meurt un jour, c’est difficile à comprendre, mais surtout à accepter, et tout particulièrement pour nos proches. Le point de vue est laïque, que se passe-t’il après la mort ? Que fait-on du corps ? Quel type de cérémonie ?
Il y a aussi quelques recommandations, comme ne pas cacher la vérité à l’enfant, l’enfant a parfois peur d’avoir été abandonné, avoir dit quelque chose de mal, la culpabilité. Le message final, c’est que l’amour est toujours là, dans les souvenirs. Tout est survolé dans cet album, et il est du coup très facile d’engager toutes les discussions avec votre enfant. Du décès, au deuil, au souvenirs et retour à la vie.

La mort, à partir de 4 ans
Stéphanie Duval/ Pierre Van Hove
Milan, collection Mes p’tits pourquoi, Album, 32 pages
7,60€

Un récit détaillé qui commence par des parents très inquiets car le Papi est très malade et à l’hôpital. On est tout de suite dans le vif du sujet car il va mourir, il n’y a plus de médicaments pour le sauver. On évoque le cycle de la vie au moment du décès, on explique comment se matérialise la mort, ce que ça veut dire, c’est assez détaillé. Alice comprend que ce corps froid, ne ressentira plus rien. C’est assez cru dans les textes, y compris dans les images. On évoque aussi le deuil, différent pour chacun ; l’enterrement, la cérémonie à l’église pour les gens de confession catholique. La peur de mourir ou que ses propres parents meurent. Et pour finir, le fait qu’on oublie pas son mort.

Pour les moyens

🇬🇧 The heart and the bottle, à partir de 5 ans
Oliver Jeffers
Harper Collins, Album souple, 32 pages
£6,99

Une petite fille à l’imagination débordante, comme le sont souvent les enfants perd son grand-père. Elle décide de mettre son coeur dans une bouteille qu’elle accroche autour de son cou. Elle pense que ça l’aidera à surmonter sa peine, mais dans la réalité, elle a cessé d’imaginer, le coeur dans la bouteille est devenu lourd à porter, mais il était protégé, en sécurité.
Lorsqu’elle fait la rencontre d’une petite fille curieuse, tout comme elle l’était, elle se dit qu’il était temps de sortir son coeur de la bouteille, mais elle n’y arrive pas. C’est la plus petite qui finalement réussit à sortir le coeur de la bouteille, le coeur a repris sa place et la vie aussi.

Il existe aussi en français chez Kaléidoscope sous le titre Le coeur et la bouteille.


🇬🇧 Badger’s parting gifts, à partir de 5 ans
Susan Varley
Andersen Press Ltd, Album souple, 32 pages
£6,99

C’est un très beau livre sur la transmission. Blaireau n’a pas peur de mourir car il est très vieux et son corps est fatigué. En revanche, il est inquiet de savoir ce que vont ressentir ses proches lorsqu’il ne sera plus là. Un matin, Blaireau n’apparait pas sur le seuil se sa porte, Fox annonce à tous qu’il est mort, les animaux se sentent perdus, très tristes, en colère. Même si il leur avait dit avec sagesse qu’il ne faudrait pas être tristes, il était difficile de ne pas l’être, l’hiver était triste. A l’arrivée du printemps pourtant, les animaux parlaient de leurs souvenirs avec Blaireau avec tendresse et émotion. Chacun des animaux de la forêt se souviendra de quelque chose qu’il a partagé avec Blaireau. J’aime beaucoup ce livre où au fil des saisons, la tristesse laisse place à une douce paix et au souvenir. C’est comme ça que j’ai vécu mon deuil, le temps passe, on n’oublie pas, mais on continue sa vie avec le souvenir de celui qu’on aimait.

Il existe aussi en français chez Gallimard, sous le titre Au revoir Blaireau.

Grand-père est mort, Lili a peur de la mort, à partir de 5 ans
Dominique de Saint Mars/ Serge Bloch
Calligram, Ainsi va la vie, BD, 42 pages
5,90€

La psychologue avait mentionné les Max et Lili dont les enfants raffolaient à l’époque et qui abordent aussi très bien le sujet, j’avais donc acheté ces deux livres. Honnêtement, ils sont bien fait et les enfants se sont immédiatement précipités dessus. Dominique de Saint Mars est sociologue, elle écrit des scénarios qui donnent la parole aux enfants, le ton est juste dans les Max et Lili, c’est pour cette raison qu’il est facile pour les enfants de s’identifier à ces deux enfants. et de répondre à la partie finale « Et toi… » où l’on questionne les enfants. Je trouve ces deux albums assez complémentaires, Grand-père est mort est très factuel, et Lili a peur de la mort est plutôt lié aux angoisses qui peuvent surgir. L’enfant va évidemment penser à la mort de ses propres parents ou même la sienne.


Bigoudi, à partir de 6 ans
Delphine Perret/ Sébastien Mourrain
Les fourmis rouges, Album, 36 pages, 2014
13,80€

Bigoudi c’est une vieille dame un peu excentrique, elle vit avec Alphonse dans une grande ville en ébullition. Elle fait tout avec Alphonse. Alphonse, c’est un bouledogue français, c’est son petit chouchou, elle le gâte beaucoup, ils ont une vie trépidante.
Mais, un jour, le vieil Alphonse ne se réveille pas et Bigoudi pleure toutes les larmes de son corps et elle est tellement triste de la perte d’Alphonse que plus jamais, elle ne voudrait perdre un être aimé.
Donc, elle décide de s’enfermer chez elle pour ne plus jamais perdre quelqu’un ou avoir de la peine.

Jusqu’à ce qu’un jour, le laveur de carreau lui fit un grand sourire et la rappela au monde extérieur. Même si elle s’était dit plus jamais, elle ne pu s’empêcher de retourner à la vie.

Cet album est écrit avec beaucoup de tendresse, il a beaucoup plus aux enfants car le ton est moins « grave » que celui de certains. Peut-être même q’ils ne se rendent pas vraiment compte qu’ils lisent un album sur la mort avec Bigoudi.

Pour les plus grands

L’arbre, le chat, le grand-père
Pauline Alphen/ Joanna Wiejak
Nathan, Roman junior, 64 pages
5,95€

Si vous suivez ce blog, alors, vous connaissez déjà Ambre, cette grande fille dyslexique. Dans ce plus modeste (en taille) roman, elle va rencontrer « Lamor ». Le premier chapitre parle de « l’Arbre », celui de son enfance, celui de son jardin auprès duquel elle aimait tant se réfugier, qui a été frappé par la foudre lorsqu’elle était en CE2. Un long dialogue s’installe entre Ambre et son Papi qui lui explique pourquoi il ne sera jamais tout à fait mort. C’est la première fois que Ambre fait face à la mort, ce qui va entrainer une longue réflexion sur le fait que tout meurt.
La deuxième fois qu’elle fait face à Lamor, Ambre est en CM2, ce n’était cette fois pas une surprise, son chat Aladin était très malade. Dans ce chapitre, Ambre échange par email avec son frère Arthur au sujet de leur chat malade. Ambre comprend qu’Aladin, même mort sera toujours là, mais sa petite soeur a du mal à comprendre que le chat est mort car personne n’a employé ce mot, il est « parti », « a disparu », « est décédé », donc Ambre, lui explique ce que « mort » veut dire et surtout les conséquences dans le quotidien de l’enfant.
Et la troisième fois, Ambre savait qu’elle serait triste. Papi a fait un arrêt cardiaque, il va se faire opérer. L’hôpital, ça fait peur, une opération aussi. L’arbre, le chat et à présent le grand-père. La peur, la tristesse et à présent la colère ? Ambre se prépare mais finalement la mort de Papi n’arrivera pas tout de suite, mais Ambre a compris, un jour il va mourir mais en attendant, il faut profiter de la vie.
Je n’aurai pas mieux choisi les mots que Pauline Alphen pour parler de mort à mes enfants, ce livre est une ode à la vie, c’est magnifique, contemporain, drôle parfois et émouvant tout le temps.

L’arrêt du coeur
Agnès Debacker/ Anaïs Brunet
MeMo, collection Polynie, Roman Junior, 108 pages
11€

Simone est morte, d’un arrêt du coeur et pour Simon, Simone était plus qu’une simple voisine. Il a du mal à réaliser, sa mort a été si soudaine. Simon demande à la gardienne, de lui raconter encore et encore comment elle l’a retrouvé. Elle était vieille, son coeur a lâché, le Samu est venu la chercher et il ne la verra plus jamais. C’est difficile à accepter, il se souvient de tous les bons moments passés avec elle, des objets dans son appartement.

Parmi lesquels d’ailleurs, il y a une théière rouge, une théière à voeux. Du vivant de Simone, il aurait été impensable de lire les petits mots que chacun avait glissé dans la théière, mais maintenant qu’elle n’est plus là…Peut-être que ces petits secrets l’aideront à être moins triste?

Simon découvre que Simone n’était pas uniquement sa Simone. Elle était amoureuse d’un certain Farid. Lorsque Juliette, sa nièce vient débarrasser l’appartement, Simon va partager avec elle des souvenirs et essayer d’en savoir plus sur ce fameux Farid. Le mort de Simone va révéler une belle histoire d’amour. La vie est triste et belle à la fois.

Pour tous les âges, mais peut-être pour les plus grands surtout.

Je suis la mort
Elisabeth Holland Larsen/ Marine Schneider
Traduit du norvégien par Aude Pasquier
Versant Sud, Album, 48 pages
14,90€

J’ai découvert ce livre magnifique qui parle de la mort comme de la compagne de la vie. C’est un véritable de coup de coeur, car il est doux, rassurant et poétique. La mort est bienveillante, elle vient nous rendre visite à n’importe quelle heure, par n’importe quel temps. On aimerait mieux ne pas la rencontrer, elle vient plutôt chercher ceux qui ont déjà bien vécu, mais il arrive aussi qu’elle doive emporter des petits. Elle n’a pas le choix que d’emporter certains, laissant la place à d’autres. Mais ce qu’elle n’emporte jamais c’est l’amour.

Le printemps de Sakura
Marie Jaffredo
Glénat, BD, Hors Collection Vents d’Ouest, 112 pages, 2022
19€
e-book 13,99€

On pense que la mort d’un être aimé est insurmontable et pourtant, chaque année, le printemps revient, la vie continue malgré notre peine et c’est certainement en partie avec l’aide de la nature que l’on arrive à faire son deuil.

Sakura a perdu sa Maman, lorsqu’elle avait 5 ans. Elle va aller passer les vacances de printemps chez sa grand-mère, dans un village au bord de la mer, ce qui ne la réjouit pas.

Dans les tâches du quotidien, qu’elles exécutent ensemble, elles y trouvent du réconfort, elles parlent du passé, de l’enfance de la disparue. Elles s’apprivoisent, la confiance grandit comme une fleur qui pousse, lentement mais surement.

Cette grand-mère à la sagesse de mon Papa, elle explique en toute simplicité la vie et la mort comme faisant partie du cycle de la nature et les saisons qui reviennent, chaque année le printemps revient, peu importe la rudesse de l’hiver. Dans le printemps qui renait, il y a la vie et dans la vie il y a toujours un peu de ceux qu’on aime vivants ou morts. Le bonheur revient sans qu’on s’en aperçoive, le vide se remplit des petites choses de la vie. Quelle belle philosophie!

Cet album, selon moi est une merveille, je reste troublée à chaque lecture, tellement ce message est universel. Vous trouverez l’article complet par ici.

Je ne peux malheureusement pas vous parler ici de tous les livres que j’ai lus sur le sujet car je me rends compte que mon article est déjà extrêmement long. Je vous recommande la collection « Carré Blanc« , aux éditions Les 400 coups qui proposent beaucoup de livres sur le sujet, mais aussi aux éditions Courte et Longues, la collection « Je dis mes maux« , des livres sur des sujets très précis.

Je vous donne aussi trois références sur la perte d’un enfant, je n’ai pas vécu ce drame, ce n’est donc pas évident pour moi de parler d’un sujet délicat que je ne connais pas. Je vous laisse regarder de plus près ces recommandations.

Mon chien, la luciole et les roulades arrière.
A partir de 7 ans

Myren Duval/ Charles Dutertre
Editions du Rouergue, Roman illustré, 80 pages, Octobre 2024
9,50€

La perte d’un animal de compagnie

J’ai une amie dont la fille est enfant unique et qui vient perdre son chat, pourtant pas très âgé. C’est bien évidemment une grande tragédie dans la vie de cette petite fille. Le sujet est rapidement abordé dans « L’arbre, le chat et le grand-père » ci-dessus mais elle m’a parlé d’un livre à compléter qui m’a semblé fort intéressant pour aider l’enfant à faire son deuil.

Le deuil de mon animal de compagnie
Annique Lavergne, Yves Dumont
Album d’activités et de souvenirs pour apprivoiser la perte.
Edition Petit Bonhomme, 64 pages, Septembre 2018

10,90€

Jetez aussi un oeil sur « le silence des porcelaines » un livre qui parle du silence laissé par un animal disparu.

Le coin des parents

Je me permets, exceptionnellement, d’ajouter un livre pour adulte, si vous en avez besoin, qui m’a été d’un grand secours, surtout pour comprendre que chacun faisait son deuil de façon différente en fonction de sa relation avec le défunt.

Vivre le Deuil au jour le jour
Dr Christophe Fauré
Albin Michel, Nouvelle Edition, Broché, 2018
19,50€

J’ai mis beaucoup de temps à écrire cet article, plusieurs années finalement… chaque livre nous plonge dans une grande émotion, surtout les histoires.

Ce que j’aimerai vous laisser comme message ici, c’est que le deuil peut prendre des formes très différentes, chez les adultes et les enfants, mais que nous faisons tous notre deuil en notre temps. Ne soyez pas choqué si votre enfant ricane bêtement, s’il pleure souvent ; mais occupez-vous de lui tout particulièrement s’il ne réagit pas ou ne parle pas quel que soit son âge. Ne sous-estimez pas que de vous voir malheureux peut le rendre très malheureux, que de perde quelqu’un, c’est difficile. Occupez-vous d’eux car c’est ce qui vous soignera, la reprise des sourires, puis des rires et des fous-rires. Soignez-vous, soignez-le (les), ils vous aideront à vous remettre de cette épreuve. Grâce à l’amour des vôtres, vous accéderez à la résilience. Je vous envoie beaucoup de courage pour cette étape dans votre vie.

Le petit loup rouge


⁣Petit Loup Rouge, si mignon avec sa petite cape rouge, vivait avec sa famille, dans la forêt profonde et mystérieuse. Sa mère le charge un jour d’amener un beau lapin à sa grand-mère qui ne peut plus chasser. Mais attention, il ne doit pas s’aventurer dans la forêt de bois morts où vivent le chasseur et sa fille, vils et cruels.

Le Petit Loup se lance donc sur les sentiers et s’amuse distraitement. Evidemment, il s’écarte du chemin en chemin et finit par se perdre. Affamé, il mange le lapin destiné à sa grand mère. Que va-t-il faire ? Que va-t-il amener à sa grand-mère ? Il pleure à chaudes larmes lorsqu’une charmante petite fille l’approche. Celle-ci lui propose de l’aider et de lui donner un lapin pour remplacer celui qu’il a mangé. Elle a l’air tellement gentille que Petit Loup décide de la suivre.

La petit fille ne sera évidemment pas bien intentionnée, vous vous en doutez bien ! Mais je ne vous en dit pas plus pour ne pas gâcher la surprise. Et quelle surprise ! Je ne me serais jamais doutée de la chute de cette histoire.

J’ai énormément aimé cette histoire du petit Chaperon rouge complètement revisitée.

Les dessins d’Amélie Fléchais sont tout simplement somptueux. Ils ne ressemblent pas du tout aux dessins des Bergères Guerrières, dont je vous parlerais sûrement très prochainement avec la sortie imminente du dernier tome de cette super BD.

La narration est très agréable, et la typo utilisée nous fait voyager.
⁣
⁣Malgré la recommandation de l’éditeur (tout public), je trouve que cet album n’est absolument pas destiné aux jeunes enfants, car il peut faire très peur ! Les images douces des premieres pages deviennent de plus en plus sombres et menaçantes au fur et a mesure de la lecture ; les couleurs verdoyantes et apaisantes de la forêt, font place aux teintes noires et rouges sombre. Je vous conseille donc de le lire avant de l’offrir ou de le lire à un enfant.

A partir de 8 ans.

Le petit loup rouge
Amélie Fléchais
Album, 40 pages, Editions Ankama, 2014
15,90 €


Le grand méchant loup dans ma maison

Il ne s’agit pas tout à fait du petite chaperon rouge, mais il y a bien, une histoire de loup et d’enfant en difficulté, alors j’ai fait une légère digression pour pouvoir vous parler de cet album qui aborde un sujet délicat mais important. L’auteure s’est inspiré des contes pour parler de la violence familiale.

Nous ne choisissons pas uniquement de présenter des albums drôles ou gentillets, on choisit des albums qui nous parlent, des sujets forts et importants, qu’il ne faut pas laisser de côté.
Je dois dire que les canadiens sont de vrais précurseurs dans ce domaine, prenons-en de la graine. Il y a encore trop de tabous dans la littérature jeunesse! Ce titre fait partie de la collection Carré blanc, une collection des Éditions Les 400 coups, qui par des textes dérangeants et des illustrations fortes veut sensibiliser les enfants à ce qui constitue l’humanité.

Cet album, je pense, doit être une lecture accompagnée. Il y a beaucoup d’implicite, de notions dont votre enfant n’a peut être jamais entendu parlé ou au contraire a vécu certaines de ces situations. En tous les cas, aidez-le à comprendre ou a parler sur ce sujet grave qu’est la violence à la maison.

On commence l’histoire: il était une fois, un loup, qui n’a pas eu besoin de souffler pour rentrer dans la maison puisque Maman l’a invité à entrer. La robe de la Maman est rouge sur cette première page, nous sommes dans l’univers du conte.

La maison, c’est celle du narrateur, une petite fille et ce loup, c’est le compagnon de sa Maman. Il est illustré, comme une bête, un animal car il va se comporter comme tel.


L’enfant sent immédiatement que ce loup n’est pas celui qu’il laisse croire. Assez rapidement la violence verbale va s’installer et l’enfant va se faire toute petite (dans l’illustration elles est petite et dans l’ombre de ce loup) pour ne pas qu’on la remarque, la Maman laisse le loup avoir de l’emprise sur sa fille et sur elle-même. Elle est abattue.


Dans un deuxième temps, c’est la violence physique qui s’installe et plus le temps passe plus s’enfant se referme sur elle-même, le soleil n’entre plus dans cette maison, le loup y a laissé son ombre partout.

Jusqu’au jour où, sa mère lui dit qu’elles partent, et vite !
C’est enfin le soulagement, l’accueil, le refuge: elles sont en sécurité. Elle a trouvé une place dans une maison d’hébergement pour les femmes et leurs enfants qui sont victimes de violences conjugales.

Valérie Fontaine/ Nathalie Dion
Les 400 coups, Album, 32 pages, 2020
14€

Et pourquoi?

Je ne sais plus combien de fois j’ai lu ce livre à mes enfants, il est incontournable, un grand classique qui m’avait été recommandé à la Librairie des Petits, rue de Levis, dans le 17° arrondissement à Paris. Une petite pépite qui restera à jamais dans notre bibliothèque qui bien qu’elle soit très grande, commence à être trop petite pour accueillir tous nos livres jeunesse.

Michel Van Zeveren, on peut dire de lui qu’il est belge mais surtout que tous les livres que j’ai de lui ont été de grands succès à la maison et personnellement, je dois dire que j’ai beaucoup les illustrations: le chaperon espiègle à souhait et le loup qui n’a pas pas l’air d’avoir inventé l’eau chaude (une fois de plus).

Ce petit chaperon rouge se promène gentiment dans la forêt lorsque le loup lui tombe dessus en hurlant. Et comme tous les petits enfants, le chaperon commence à questionner le loup. A chaque réponse du loup, il pose la même question: Et pourquoi?

Jusqu’à ce que le loup, n’en pouvant plus, avale cette petite bavarde toute crue, mais même au fond du ventre, elle n’a pas perdu la parole, et le questionnement repart de plus belle. Cette petite rusée a trouvé un moyen de ne pas rester dans la panse du loup… comment va-t’elle s’en sortir?

L’album existe aussi dans la collection « Lutins » de l’école des loisirs, ces petits albums souples un peu moins chers.

Michel Van Zeveren
Pastel, L’école des loisirs, Album, 36 pages, 2007
12€

Le petit chaperon rouge

Dans ce gros livre cartonné aux pages épaisses, Xavier Deneux nous présente cette fois-ci les tribulations du célèbre Chaperon rouge.

Les dessins sont simples, colorés et épurés et sont parfaits pour les jeunes enfants. Les reliefs (formes et contre-formes) sur chaque page leur permettent de développer leur sens du toucher tout en mettant en avant les temps forts de l’histoire.

Dans cette version pour les plus jeunes, le dénouement est heureux ! La fillette et la grand-mère seront sauvées par le chasseur, et le loup se retrouve avec des cailloux dams l’estomac.

L’ouvrage est hyper solide et restera sans aucun problèmes aux petites mains curieuses.

A partir de 2 ans.

Le petit chaperon rouge
Xavier Deneux
Album tout carton
Milan, collection contes gigognes, 2015
13,90€

   

Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge est un conte de tradition orale, ce conte est connu grace aux versions retranscrites par Charles Perrault (en France) et les frères Grimm (en Allemagne), mais il existait autant de variantes que de conteurs qui, au gré de leur inspiration ou en fonction du public modifiaient leurs récits.

Il faut aussi se souvenir que les contes n’étaient pas des histoires qui étaient réservées aux plus jeunes, c’était des histoires qui étaient racontées dans les villages lors de veillées. On pouvait donc apparenter le loup à une mauvaise rencontre masculine qu’un enfant pouvait faire et dont il faudrait bien évidemment se méfier avec ses mots mensongers.

Ces versions peuvent être assez variées, le chaperon serait un garçon travesti, une ruse pour tuer le loup ou celle des Grimm qui fait intervenir un chasseur, ou encore celle de Perrault dans laquelle le loup mange le chaperon un peu naif. Le chaperon porte-t-‘il une capuche, ou une cape, ou même une couronne de fleurs rouge? Quelle est la signification de cette couleur rouge?

C’est un album certes, mais pas un album pour les plus petits: un travail d’artiste pensé pour les plus de 8 ans car il est assez cru, tant dans le langage que dans les gravures.

Pour créer sa propre version, Julia s’est donc inspirée de différentes versions de transmission orale de ce conte. Son chaperon est vêtue d’une robe de fer, destinée à la protéger, mais cette petite fille ne rêve que d’une chose, pouvoir enfin se débarrasser de cet habit. Elle lime sa robe sur les pierres tous les jours, lorsque la robe est trochée, elle apparait enfin dans un resplendissant costume rouge. J’aime beaucoup la métamorphose dans le livre avec la gravure, lorsque le costume noir, devient rouge.

Elle transporte une époigne (un gâteau traditionnel du Nivernais) et un petit beurre à sa grand-mère et rencontre le loup qui s’empresse de filer vers la maison de la grand-mère, par le chemin des épingles pour la dévorer et prendre sa place. Ces chemins aiguilles ou épingles ont une vraie symbolique dans la tradition paysanne de l’époque. L’épingle pour l’enfant qui devient femme et l’aiguille pour la vieille femme.

©DR

Il garde une partie de sa chair et met son sang dans une carafe, plus tard, l’enfant demandera à manger et à boire et les animaux de la forêt tenteront de la prévenir. La chair et le sang, une autre symbolique?

©DR

Le petit chaperon rouge, un conte assez cruel finalement où une enfant apprend vite à grandir et échappe au pire (dans cette version) grâce à la ruse: une jeune fille libre et audacieuse comme la décrit l’auteure.

Si vous voulez en savoir plus sur le travail de Julia Chausson, n’hésitez pas à lire l’article que nous lui avons consacré dans la rubrique « Zoom sur ».

Julia Chausson
A pas de loups, Album, 40 pages, 2019
15€

Le petit chaperon qui n’était pas rouge

Il était une fois une réécriture originale du conte qui nous emmène en Russie, à la rencontre d’un petit chaperon bleu. Un jour elle du traverser la forêt pour retrouver sa grand-mère très malade.

Le petit chaperon bleu sait que la forêt est pleine d’animaux dangereux et qu’elle ne devait pas trainer, elle part aussi tôt avec son panier et sa balalaïka qui ne la quittait jamais.

Comme vous pouvez imaginer, Anouchka ne va pas suivre les conseils de sa Maman et s’arrêter dans cette forêt de Sibérie; mais ce n’est pas le loup qu’elle va y rencontrer. Ce sera un ours, un tigre et un lapin. Elle se sortira de toutes les situations à première vue dangereuses.

L’enfant peu choisir sa fin préférée: la grand mère va-t’elle manger le lapin, ou le lapin les choux du jardin avec la grand-mère, ou encore la lapin va-t’il manger une soupe d’Anouchka toute bleue avec une potée de choux ou vont’ils tous ensemble se régaler de choux et de crêpes. C’est à l’enfant de choisir sa fin préférée parmi toutes celles proposées avec beaucoup d’humour et quand bien même aucune ne conviendrait, il pourra dessiner la sienne sur la dernière page du livre.

C’est tendre et drôle à la fois, nous avons beaucoup aimé cette version « première lecture », les enfants seront probablement surpris de voir cette grand-mère préparer un bon ragoût de lapin.

Cet album a reçu le prix des Incorruptibles 2015-2016 pour la catégorie CE1

Sandrine Beau/ Marie Desbons
Milan Editions, Le coffre à histoires, 2014
4,99€

Le Petit Chaperon rouge

Après la version à découpe laser, je vous présente la version accordéon de Warja Lavater éditée il y a 60 ans par Adrien Maeght.

J’ai passé mon enfance à Nice. Et mes grands-parents, grands amateurs d’arts, se rendaient à chacune de leur visite à la Fondation Maeght, à Saint Paul de Vence, dans l’arrière pays niçois.

Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : La fondation Maeght rouvre ses  jardins (avec une centaine de sculptures) au public

C’est de là qu’ils m’ont rapporté cette merveilleuse version du célèbre conte… en 1980… Ca ne me rajeunit pas tout ça !

Dans cette version, pas de texte, uniquement des formes simples, comme dans la version de Roule galette que nous vous avions présentée il y a quelques temps.

Les symboles, au début de livre, sont traduits en français, anglais et allemand.

Ceux-ci nous plongent dans le parcours du Petit chaperon rouge à travers la foret et sa rencontre avec le loup. Dans cette version, le loup mange la grand-mère puis la fillette, qui seront délivrés par le chasseur.

L’ouvrage, protégé par un étui en plexiglass, a été réalisé en lithographie originale. Cette imagerie de 42 pages se déplie sur plusieurs mètres ! Comme avec n’importe quel livre accordéon, on plie, on déplie, on replie, on fabrique des formes, on feuillette…

Ce livre n’est toutefois pas à mettre entre les mains des plus jeunes, sous peine de mise à mort d’objet d’art par petites menottes d’enfants sans scrupules !

A partir de 4 ans.

Le petit Chaperon Rouge
Dessiné par Warja Lavater
Adrien Maeght, livre accordéon, 1965

45,00 €