Derniers Articles

Mes premières enquêtes: le fantôme du château

Le livre est découpé en cinq tous petits chapitres. Les caractères sont assez grands, c’est parfait pour les petits yeux qui déchiffrent encore assez doucement.

Enzo est avec ses parents, ils font une visite guidée au château de Rochebrune qui serait hanté par le fantôme d’un jeune homme. Enzo rencontre une petite fille qui disparait au cours de la visite, mais Chloé a laissé des indices sous forme de rébus. Il va pouvoir suivre sa trace et mener l’enquête à l’aide de son petit chien Max.

L’enfant va pouvoir acquérir du vocabulaire sur les châteaux, lire à son rythme et s’amuser.
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais à ce niveau de lecture, je trouve qu’il faut prendre le temps d’être à côté de l’enfant pour pouvoir le corriger, l’interroger sur sa compréhension du texte et l’aider avec un éventuel vocabulaire qu’il ne connaitrait pas encore.
Ca prend un peu de temps, et on aurait presque envie de lire à leur place pour que ça aille plus vite, mais c’est une étape importante dans l’acquisition de la lecture.

C’est le premier tome de la collection, mais il en existe beaucoup d’autres. Ainsi que des coffrets si vous voulez offrir un plus gros cadeau.

Il existe aussi sur le même format une collection « Le club des pipelettes », plus girly ainsi qu’une toute nouvelle collection qui date de septembre « Fan de foot », enfin bref, il y en a pour tous les gouts et il y a pas mal de nouveautés sur cette collection « Premiers Pas »

Le seul inconvénient, c’est que ce sont des livres qu’ils ne reliront jamais, ils correspondent vraiment aux toutes premières lectures en solo et sont donc très faciles. En revanche, vous pourrez toujours les offrir au prochain enfant qui fera ses « premiers pas ».

Emmanuel Trédez/ Maud Riemann
Auzou, Auzou romans, Premiers pas, Broché, 40 pages, 2016
5,50€

Kidnapping à la confiture

Cet été, comme nous sommes partis un peu plus longtemps que d’habitude de chez nous, j’avais pris une valise pleine de bouquins, parents et enfants. J’ai laissé cette valise à disposition de tous les enfants de la maison (8 au total) et ils ont pioché au gré de leurs envie dans la valise. Les cinq plus grands ont tout de suite été attirés par la couverture et le titre de cet ouvrage. Et, entrainés les uns par les autres, il l’ont tous lu et…adoré! Une de mes nièces m’a fait une fiche de lecture (avec quelques fautes d’orthographe) dont je vais essayer de m’inspirer pour vous donner l’avis d’un enfant de 11 ans.

Césarine, c’est le narrateur, elle est sourde de naissance, et elle a un super-pouvoir, elle sait lire sur les lèvres; et avec sa bande de copains, comme tous les enfants, ils n’ont pas toujours de très bonnes idées.
Aujourd’hui ils ont décidé d’enquiquiner Mr « Foldingue » qui a une phobie du beurre en en tartinant partout avec leurs doigts dans sa maison pendant son sommeil. Sauf que la blague tourne au fiasco, les gendarmes débarquent et les parents de Césarine proposent une « punition constructive » qui sera d’aller s’occuper de personnes âgées en maison de retraite le samedi pendant 6 semaines.

Les enfants sont moyennement emballés à l’idée d’une expérience en EHPAD. On sent tout de suite le vécu quand l’auteure fait entrer les enfants dans la maison de retraite. Tour à tour, horrifiés, gênés, hilares; les enfants vont rapidement créer des relations avec les personnes âgées.
Lors d’une sortie en ville, Ernest (le pépé amoureux) se fait enlever par les cambrioleurs d’une bijouterie. Les autres jeunes et moins jeunes partent à la poursuite de cet otage.

Ma fille de 6 ans m’a demandé quarante fois pourquoi le livre s’appelle « Kiddnapping à la confiture », il faudra aller un peu plus loin dans le livre pour comprendre le titre du livre, mais je ne vais pas non plus tout vous dévoiler…

Comme d’habitude, chez Pépix, un livre très amusant, très entrainant, une belle aventure qui réunit deux générations. La typo est très ludique, elle nous donne l’impression que Césarine a écrit un journal de cette aventure. Ces enfants et ces personnes âgées n’ont pas froid aux yeux, c’est frais, ça fait du bien en ces temps moroses de s’échapper un peu au quotidien.

Et puis, pas la peine de se cacher, depuis que j’ai découvert Eglantine Ceulemans, avec l’album « Coiffeur pour monstres« , je la suis de près!

Marie Lenne-Fouquet/ Eglantine Ceulemans
Editions Sarbacane, Collection Pépix, 204 pages, 2019
10,90€

Qui Quoi Qui ❤️

Cet album est dans la bibiothèque de mes enfants depuis de nombreuses années et impossible de l’en déloger ! Toutes ces années plus tard, ils ont toujours autant de plaisir à l’ouvrir et à trouver qui peut bien être le coupable ! (Sachant qu’ils doivent les connaitre par coeur depuis le temps…)

Sur chaque double page, une petite dizaine de personnages chers à Olivier Tallec (animaux ou humains) et une question du type « Qui a joué avec le chat ? »
L’enfant devra observer les images dans les moindres détails pour trouver le coupable (des traces de griffe sur le visage de l’un d’entre eux seront l’indice incriminant).

L’album est de très belle qualité. Un carton ultra-fort pour la couverture matte mettant en scène les héros, un beau format à l’italienne qui convient parfaitement aux galeries de personnages et des pages épaisses qui résisteront aux années.

Je ne vais pas m’étendre sur les illustrations de mon illustrateur fétiche… Elles sont à croquer, tendres, pleines d’humour, gaies, drôles… On aimerait bien avoir tous ces personnages chez nous (les bêtises en moins).

Un album tendre qui saura aiguiser le sens de l’observation des plus petits ! 

A partir de 3 ans.

D’autres titres dans le même esprit sont disponibles.

Qui Quoi Qui
Olivier Tallec

Album
Actes Sud
Junior, sept. 2014
12,50 €

Saumone

C’est le dernier livre sur la différence dont nous vous parlerons ce mois-ci, c’est surement un thème que nous aborderons de nouveau, je ne sais pas si il vous a plu, mais nous avons adoré vous le concocter. C’est tellement riche de parler de nos différences.

Pour finir avec un peu de légèreté, car il le faut, il ne faut pas toujours traiter hyper sérieusement les sujets sérieux, il faut aussi de l’humour et de l’absurde dans la vie, nous avons choisi de vous présenter « Saumone ».

J’ai eu du mal à le trouver celui-ci! et pourtant, il me le fallait! Cette sirène avec une tête de morue et des jambes poilues: c’était un livre pour moi. J’adore les sirènes, j’adore « L’élan vert » et l’auteure Emilie Chazerand.

Les sirènes ont toujours été pour moi des créatures fascinantes et je peux vous dire, que cette « Saumone », fait honneur aux légendes.

Le roi Triton a sept filles mais seulement six sont de magnifiques sirènes, la septième avait un tête de thon, de grosses fesses et des jambes poilues. Par ailleurs, elle a une voix de crécelle qui fait fuir les pirates et les requins. Pas facile d’être différente!

Pour que son voeu de devenir comme ses soeurs se réalise, elle part à la recherche du mouton à cinq pattes ou plutôt de l’huître à trois perles…

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé les illustrations de Joëlle Dreidemy, artiste très sympathique que nous avions rencontré au SLPJ 2019 sur le stand de « Tuschuss! »

Emilie Chazerand/ Joëlle Dreidemy
L’élan vert, collection Chamboule-tout, Album, 32 pages, Juin 2020
12,70€

L’enfant de la mer

Ce livre, quand je l’ai vu chez une amie, a fait remonter une grande émotion, car je l’ai tout de suite reconnu mon J’aime Lire de 1985. C’était un de mes préférés alors je ne résiste pas, il rentre dans notre beau thème de la différence et peut être que comme moi vous serez émus de le relire avec vos enfants.

L'enfant de la mer - livre 098 J'aime lire

Il est visiblement étudié par les enfants de CE1, donc vous le trouverez facilement et à un prix incroyable!

Aujourd’hui, pas de poissons mais la mer a déposé un cadeau aux pêcheurs de Cap de Chien, ce cadeau c’est un enfant. Mais les pêcheurs vont vite s’interroger sur cet enfant à la peau argenté avec les mains et pieds palmés, et une nageoire dans le dos. D’où vient-il, qui va s’en occuper? Jugeant que cet enfant pourrait leur porter chance au moment de la pêche ils décident de le garder, mais seulement la vieille Cazel accepte de l’aimer.

Dès le début du livre on comprend bien l’amour inconditionnel que la vieille femme va offrir à cet enfant, alors que les autres voient uniquement le profit, le bénéfice qu’ils vont pouvoir tirer de cet enfant, ils sont suspicieux, il n’est pas comme les autres…

Je me souviens, quand j’avais lu ce livre (et pourtant les illustrations n’étaient pas les mêmes), je pensais que ce bébé devait être très beau, qu’il avait une chance incroyable de pouvoir aller nager avec toutes les créatures de la mer.

Les adultes qui profitent des cadeaux de la mer, les autres enfants qui se moquent et l’appellent « Grenouille », la difficulté à se faire des amis, la solitude souvent. Heureusement, il y a une petite fille, pas comme les autres visiblement puisqu’elle est attirée par Fado et devient amie avec cet enfant tout à fait différent.

Il y a aussi une reflexion sur l’adoption, les origines de cet enfant qui finit par repartir à la mer car rejeté par les hommes.

J’aime beaucoup ces « nouvelles » illustrations bicolores, elles fonctionnent à merveille dans cet univers marin.
La mer est un personnage en elle-même dans ce livre, puisqu’elle est la mère biologique de l’enfant, la mère nourricière des hommes; elle a des sentiments forts et les expriment. La nature donne et reprend aux hommes.
Il y a aussi une symbolique écologique dans ce récit: si les hommes prennent soin de leur planète (de son enfant), elle nous nourrit, et si on la maltraite (rejet de l’enfant), elle est en colère, tempête et ne nous donne plus rien.
A l’exception de Ludie qui a respecté et aimé cet enfant, elle lui apportera un cadeau chaque jour en souvenir de son amitié avec Fado.

Je préfère vous le dire, si vous ne l’avez pas déjà senti; ce n’est pas une histoire très joyeuse en dehors de cette vieille femme qui revit grâce à son petit Fado; on se rend compte de la solitude dans laquelle peuvent se trouver certains enfants qui ne trouvent pas leur place dans un groupe. Le regard des autres pèse lourd, l’apparence est très (trop) importante dans nos sociétés modernes: qu’est-ce que la beauté? la normalité?
Mais pour moi, c’est un livre de toute beauté, qui évoque beaucoup de sujets très importants, des valeurs fondamentales à expliquer à nos enfants, donc c’est une petite perle!

Michel Grimaud/ Bruno Pilorget
Editions Hatier, Collection Ribambelle, Série Rouge, Broché, 64 pages, Edition 2016
3,75€

Les Inséparables – Juliette se fait harceler

Le harcèlement est un sujet tristement d’actualité. Et il peut commencer à tous les âges. Il peut prendre différentes formes et il peut être difficile de s’en rendre compte si l’enfant concerné décide de n’en parler à personne pour quelque raison que ce soit (peur, honte…)

Ayant beaucoup apprécié la collection des Inséparables auparavant grâce à Parfait est amoureux et Léa veut voter, je me suis tournée naturellement vers cette collection pour aborder le sujet du harcèlement avec mes enfants de 6 et 9 ans. A noter que contrairement aux deux albums que nous avions partagé précédemment ici, Juliette se fait harceler est une BD à part entière (elle est d’ailleurs éditée chez BD Kids), dans un format un peu plus grand.

Les Inséparables est la collection idéale pour aborder les petits tracas, les problèmes et les questions que peuvent se poser les enfants, à partir de 6 ans. Il s’agit d’une bande de 6 amis, d’origines et de milieux différents qui vivent dans le même quartier. Ils peuvent chacun compter sur la complicité qui les unit, car même si on se sent grand à 6 ans, la vie peut paraitre compliquée. Pile dans la cible pour ma fille de 6 ans donc, et mon fils ne rechigne jamais à lire une BD !

Quand Juliette reçoit les félicitations de sa maitresse pour son bon travail, Armande la prend en grippe. Les amis de sa grande soeur vont se joindre à elle pour la harceler : insultes, moqueries (« T’es moche », « Tu pues »), pressions physiques, racket de goûter et de cartable, le calvaire commence pour la pauvre Juliette, qui n’ose en parler à personne.

Elle a honte de ne pas savoir se défendre et elle a peur d’en parler à ses amis : ce serait encore pire si les personnes qui la harcèlent l’apprenait ! Heureusement, ses amis finissent par comprendre ce qui se passe et décident de demander de l’aide aux adultes, qui sauront agir et mettre fin aux épreuves quotidiennes de la petite fille.

Cette BD permet d’aborder la problématique du harcèlement, les questions que peuvent se poser les enfants (victimes ou témoins) et les solutions dont ils disposent.

Et comme dans les autres titres de la collection, il y a un petit quizz à la fin, à la Cosmopolitan, qui donne des conseils et des remarques pratiques.

Un livre parfait pour que les enfants sachent reconnaître le harcèlement et insister sur le fait qu’il faut en parler pour aider la victime à se sortir de cette spirale infernale.

A partir de 6 ans.

Pour consulter les autres thèmes abordés dans les BD des Inséparables, cliquez ici.

Les Inséparables : Juliette se fait harceler
Nathalie Dargent / Yannick Thomé
BD, 48 pages
BD Kids aux éditions Milan, Janvier 2020
7,95€

Princesse Kevin

Une chose est sûre, on ne peut pas ne pas remarquer cet album rose pêtant ! Tant mieux d’ailleurs car il traite d’un sujet important : les stéréotypes du genre.

Aujourd’hui, les enfants doivent se déguiser pour aller à l’école. Kevin a choisi de se déguiser en princesse. Sa soeur lui a prêté une robe, des chaussures à talons et il a même mis le maquillage de sa maman.

Et pourquoi pas ? Oui, pourquoi un petit garçon ne pourrait-il pas se déguiser en princesse ? Les filles peuvent bien se déguiser en cowboys ou en chevaliers elles, et on ne leur dit rien. Et puis le but d’un déguisement, c’est qu’on ne vous reconnaisse pas, non ?

Bref, Kevin arrive à l’école. Pour parfaire son déguisement, il part à la recherche d’un(e) camarade chevalier. Mais voilà. Toutes les personnes déguisées en chevalier sont des garçons et pas un ne veut lui tenir la main. On ne sait jamais. Ils pourraient devenir princesse à leur tour.

Heureusement sa copine Chloé arrive, déguisée en chaussette dragon. C’est son papa qui le lui a fabriqué. Il n’est pas parfait mais il fait l’affaire. Kevin va donc vivre sa journée, dans la peau d’une princesse. Mais il a pourtant hâte que cette journée se finisse. Mais pas pour les raisons qu’on imagine. Non. C’est juste que les chaussures à talons, ça fait mal au pied, qu’une robe bouffante, ce n’est pas pratique et que le maquillage, ça pique les yeux.

C’est juré la prochaine fois il ne se déguisera pas en princesse. On ne l’y reprendra plus. Il a une bien meilleure idée (que je ne vous dévoilerai pas, mouhaha) !

J’ai bien aimé ce personnage, son aplomb et sa journée (finalement pas si agréable que ça) dans la peau d’une princesse. La fin est parfaite, sans bons sentiments.

Un seul petit reproche : l’insistance sur le père de Chloé qui non seulement a fabriqué le costume de chaussette dragon de sa fille, mais en plus est le roi du couscous… Le livre veut certes dénoncer les stéréotypes du genre, mais j’ai trouvé ça un poil lourd.

Mais là n’est pas vraiment le débat. Aujourd’hui, on dit souvent aux petites filles qu’elles peuvent faire et devenir ce qu’elles veulent (du moins, on y travaille). Ca ne nous choque pas le moins du monde quand elles veulent se déguiser en pilote ou en cowboy, quand elles ont un fort caractère, quand elles sont fortes. Nous en sommes même souvent fiers au contraire !

Mais je ne crois pas que beaucoup d’entre nous en soient là lorsqu’un petit garçon décide de porter une robe de princesse par exemple. On se demande pourquoi il fait ça. Il n’a cependant pas plus de raisons qu’une petite fille qui veut se déguiser en astronaute.

J’ai trouvé que cet album abordait le genre avec fraîcheur et humour ; chacun devrait être qui il veut et suivre ses envies (dans les limites du respect d’autrui bien évidemment) sans se soucier du regard des autres, que ce soit dans la cour de l’école ou ailleurs.

A partir de 5 ans.

Princesse Kevin
Michaël Escoffier / Roland Guarrigue
Album, 32 pages, P’tit Glénat, août 2018
11,00€

Seul(s) au monde?

J’avais découvert Clémentine du Pontavice avec « Petit coeur » et ça avait été un gros coup de coeur. C’est une artiste aux multiples talents, si vous avez le temps d’aller jeter un oeil sur son site, c’est passionnant.

Cette fois-ci, ce n’est pas un album que je vous présente mais une toute première lecture de la collection « Moucheron » de l’école des loisirs qui s’adresse aux enfants qui savent tout juste lire.

Comme ce livre est bien pensé! Les personnages sont tout simplement des petits points de couleurs, dotés de bras et de jambes, ils sont tous pareils, ils sont tous jaunes, mais Emilie, elle est bleue, elle n’est pas comme les autres. Puis arrive Elzéar, lui est rouge, il est différent…

En fait, Emilie a été adoptée, sa peau est plus foncée que celle des autres. Elzéar est hyper-sensible. Freya a deux Papas. Hercule a un problème de peau.

Certains des enfants sont exclus ou moqués par les autres. Jusqu’à ce que chaque « différent » demande aux autres ce qui les dérange dans leurs différences. Les langues se délient, les enfants échanges entre eux, font part de leurs craintes; les « jaunes » font remarquer qu’eux aussi ont de petites différences.

Et finalement, la richesse, c’est de se mélanger, de se respecter!
A la fin du livre, la discussion reste ouverte puisque l’auteur nous demande si parfois on se sent seul ou différent?

La petite phrase dans l’image, qui revient tout le temps « elle/il ne fait pourtant de mal à personne » et les personnages accrochés à la ligne m’ont fait pensé au travail d’Osvaldo Cavandoli que nous regardions enfants qui s’appelait « La Linéa » pendant l’émission « L’ile aux enfants ». Souvenirs, souvenirs!

Dans la continuité, n’hésitez pas à vous offrir « Truc de fille ou de garçon? » ou encore le petit dernier « Dans quel monde vit-on?« .

Clémentine du Pontavice
Moucheron, Ecole des Loisirs, Broché, 44 pages, Aout 2019
6€

Tous différents

Des gros plans, pour découvrir des élèves, comme sur un Polaroïd mal centré.

Des phrases simples avec des rimes pour les décrire.

Découvrez Barbara, Herbert, Ava, Gégé, Aglaé, Mathieu, Cunégonde, Célestin, Fauve, Marilou, Alban, Gildas, Noëlle. Ils ont peut être les mêmes prénoms que les copains de vos enfants, ils sont tous différents, enfin, ils ont chacun leurs spécificités, comme tous les enfants non???

Certains sont grands, d’autres timides; des différences physiques ou de personnalité. Ça me fait penser à ce livre que nous vous avons déjà présenté: « Les gens normaux« , qu’est-ce que c’est la normalité?

Quand on les voit tous à la fin du livre sur la double page, ils ont tous l’air normaux, ils sont pourtant tous différents!

Un album pour les tous petits qui pourront s’amuser à reconnaitre chaque animal à la fin du livre et lui rattacher son prénom.

Véronique Cauchy/ Adeline Ruel
Millepages, Album Tout-carton, 32 pages, Aout 2019
12€

Comme tout le monde

Pour continuer sur le thème de la différence, je vous propose aujourd’hui un véritable coup de coeur. Comme tout le monde est un livre qui dénonce l’intimidation et qui incite à la tolérance, à l’affirmation de soi, au respect de l’autre et qui montre l’intérêt de la différence et de l’individualité. Et tout ça sans jamais parler de différence !

Une petite roulotte bariolée et un peu boulotte sillonne le monde.

Ses pneus usés, elle décide de s’arrêter à l’orée d’un joli petit bourg fleuri. Mais les maisons du coin se mettent à jaser et à la juger : on est une voiture ou une maison, pas les deux ! La petite roulotte décide donc de se passer de ses roues. Mais les commentaires continuent. Les maisons, c’est uni, avec une cheminée. Certainement pas bariolé. La petite roulotte abandonne donc ses couleurs et se dote d’une cheminée. Ca y est, elle est comme tout le monde.

Mais la petite roulotte finit par se rendre compte qu’elle a mieux à faire que d’écouter ces vipères. Elle se réjouit donc lorsqu’elle voit passer ses amies roulottes. Mais celles-ci ne veulent rien avoir à faire avec elle et passent leur chemin : ce n’est plus une roulotte !

La petite roulotte est bien décidée à ne plus jamais se laisser influencer. Elle va enfin oser être elle-même. Et lorsque l’orage survient, inondant le joli bourg fleuri, elle est bien contente de redevenir une petite roulotte bariolée !

Comme tout le monde est le premier album de Charlotte Erlih. Et quel livre ! C’est sans aucun doute l’un des albums qui m’a le plus marquée en littérature jeunesse ces dernières années. C’est pour moi un véritable petit bijou.

Des textes simples, mais qui sonnent comme une chanson à nos oreilles avec ces adorables rimes. Charlotte Erlih utilise les mots avec une adresse folle. Quel plaisir de les lire à haute voix ! Les enfants adoreront eux aussi tous ces mots aux sonorités amusantes, si bien agencés. On en arriverait à croire que cette petite roulotte est bien vivante et pourrait devenir notre amie.

Les illustrations au pastel de Marjolaine Leray (illustratrice d’Avril le poisson rouge et Un Petit Chaperon rouge) complètent les textes à la perfection. Avec leur aspect enfantin, la petite roulotte prend vie. Que d’expression dans ces dessins ! ils dépeignent les caractères avec un réalisme incroyable, parfois presque violent. On a l’impression de pouvoir toucher la méchanceté des maisons grisâtres du bourg, qui crachent leur venin sur ce nouvel arrivant, si différent d’eux. Au fur et à mesure que les pages deviennent plus grises, la petite roulotte bariolée devient terne et la tristesse grandit.

Derrière cette petite histoire attachante se cache une histoire forte qui a toute son importance dans le monde d’aujourd’hui, dominé par le conformisme, l’apparence et le jugement, avec un social media omniprésent. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour être comme tout le monde ? Pour être accepté ? Pour appartenir à un groupe ?

Grâce à ce livre époustouflant de simplicité et de vérité, j’espère que les enfants comprendront qu’il vaut mieux rester fidèles à nous-mêmes, avec nos particularités, nos différences, nos pensées, nos couleurs.

On aimerait que ce livre (soutenu d’ailleurs par Amnesty International) soit dans toutes les bibliothèques.

Il parlera autant aux petits qu’aux grands, et même à leurs parents !

Si vous n’étiez pas encore convaincus, Comme tout le monde a été :

  • Finaliste du Prix Jeunesse des Libraires du Québec (catégorie 0-5 ans)
  • Sélectionné pour le Prix Mots et Merveilles 2018.
  • Sélectionné pour le Prix des P’tits Bouquineurs de Rochefort 2017-2018, catégorie Capitaine.

A partir de 4 ans.

Comme tout le monde
Charlotte Erlih / Marjolaine Leray
Album, 40 pages (23,5 x 16cm)
Talents Hauts, 2009
13,00 €